Pourquoi le Québec me manque tant après mon retour en France

Après avoir passé plusieurs années au Québec, certains Français décident de rentrer en France. Beaucoup vont s’ennuyer de certains aspects de leur vie passée au Québec. En regardant de près, j’ai remarqué qu’il y a certains points précis du Québec qui vont cruellement manquer à ces Français qui sont retournés en France qui ont vécu des années dans la Belle Province. Alors j’ai compilé différents récits de ceux qui se sont installés au Québec puis qui sont repartis en France reprendre leur ancienne vie, ou qui ont tenté de retrouver ce qu’ils avaient laissé en quittant leur mère patrie. Mais vous allez le constater, ce n’est pas aussi simple que ça…

Si l’arrivée au Québec engendre un choc culturel, le retour dans son pays d’origine après plusieurs années occasionne un autre choc culturel, celui de devoir s’adapter à une société dont on avait oublié les différents codes et modes de fonctionnement, au même titre que tout nouvel arrivant. Sachez également que plus vous allez passer du temps au Québec, ou dans tout autre pays étranger loin de la France (si vous êtes Français!) ou de votre pays d’origine, plus l’adaptation au retour sera difficile.

Dans certains cas, le retour s’avère tellement pénible que certains retournent au Québec pour y rester, cette fois-ci pour de bon, et croyez-moi c’est une situation qui a été souvent observée.

Ce chroniqueur d’Urbania décrit plusieurs choses qui lui manquent du Québec dans son billet du mois de décembre, dont voici quelques unes :

Tant de choses viennent à manquer quand on rentre en France après avoir vécu au Québec… Comme par exemple:

La politesse

Dans les transports en commun, dans la rue, au restaurant. Partout en fait. Vous avez surement déjà vu une photo de Québécois faisant la queue pour attendre le bus. Vous avez tous vu cette vidéo du métro lors de la grève à la Gare du Nord, à Paris. Les images parlent d’elles-même finalement. Depuis mon retour, je me suis armé d’une patience extrême, digne des moines Shaolin.

La bienveillance

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà retrouvés dans un pogo, en France ou au Québec, mais ça n’a rien à voir d’un côté de l’océan ou de l’autre. J’ai expérimenté ça lors d’un live d’Hubert Lenoir: j’ai été tellement surpris de voir les gens s’écarter pour me relever (car oui, j’ai fini à terre). C’était limite « Stooooop arrêtez tout, écartez vous, quelqu’un est tombé ». Les pogos français c’est plutôt fight for your life et lace bien tes chaussures. De manière générale, tu te sens quand même plus safe au Québec. Seul.e dans la rue, devant une audience, en boîte, etc…

L’ouverture d’esprit

Essayez 2 secondes de sortir en drag dans la rue par exemple, vous vous rendrez vite compte de la violence que cela implique en France. Le concept du my body my choice n’est pas encore ultra intégré ici. Il y a encore des progrès à faire en matière d’ouverture d’esprit sur certains sujets (majeurs) de société. L’homophobie et le racisme défraient encore régulièrement la chronique, par exemple… C’est con. Espérons que ça bouge dans le bon sens en 2020. Comme quoi, le savoir-vivre n’est pas forcément inné. 

Le prix de l’immobilier

On vous en a déjà parlé mais le ratio est assez incroyable et pas uniquement lié à la conversion des devises. 

Le tutoiement

Déjà, c’est plus simple, on ne se prend plus la tête à hésiter et on risque moins sa vie quand on tente un « tu » improvisé. Et puis ça apporte un certain climat tout de suite plus convivial, plus friendly, comme si on était tous copains. Ce sont des petits détails qui ont l’air de rien, mais ce sont des vrais petits plaisirs de la vie. Je donnerais tout pour y avoir droit, là tout de suite…

Les balades sur le Mont Royal

Au lever ou au coucher du soleil, le soir après le travail ou en journée. Se perdre hors des sentiers, croiser une horde de ratons laveurs, respirer, admirer le Lac aux castors, respirer encore. Quel bonheur, Montréal. Je suis un homme de la nature habituellement, mais là, une ville pareille, si verte, si fraîche, je signe direct.

Les week-ends au chalet

Car même si la ville est verte, on peut ressentir le besoin de s’évader un peu. 2 heures de voiture et on y est. Trouver refuge dans les Laurentides, pour un week-end entre amoureux, en famille ou entre amis. C’est un classique du lifestyle québécois, et qu’est ce que c’est agréable.

Les terrasses non fumeur

Je suis sûr que même les fumeurs sont d’accord avec moi. Passer une soirée où respirer est possible, une soirée où tes fringues ne sentiront pas le tabac froid le lendemain matin: c’est jouissif. 

À lire tout ça, on pourrait croire que je hais France. Mais point du tout. J’adore la France! Et puis les Français ont leur charme aussi: toujours à râler ou chercher la faille pour l’embrouille, les serveu.rs.ses des terrasses de cafés parisiens, les débats révoltés, l’odeur d’une boulangerie, nos châteaux, notre histoire et notre art, la french touch, le fromage de chèvre, le bon vin, l’air pur des Alpes ou l’iode de la côte Atlantique… Non. J’aime la France, je l’aime. C’est chez moi la France, elle est belle la France.

Et cette Française qui a passé 5 ans de sa vie au Québec avant de repartir :

Je voulais vous faire part de mon expérience et avoir également vos témoignages. J’ai vécu au Québec pendant 5 ans et je suis revenue en France il y a environ 1 an pour des raisons familiales.
Je pensais que mon retour au pays serait beaucoup moins compliqué oui compliqué est le mot en France que l’on vous balance au quotidien.
Mon mari et moi avions une très bonne situation au Québec, nous gagnions très bien notre vie avions une belle petite maison dans la banlieue de Montréal…
Le retour a été très dur et nous pensons très sérieusement à revenir au Québec et oui nous n’arrivons pas à vivre dans notre propre pays c’est malheureux.
De grosses difficultés à trouver un emploi des problèmes administratifs qui ne ce sont pas encore réglés et oui ! Enfin j’en passe car je ne souhaite pas rentrer dans les détails car je ne veux pas brosser un tableau noir de la France car c’est mon pays. La seule chose c’est que le Québec nous manque énormément et que mon mari et moi pensons très sérieusement à revenir.
On dit que beaucoup de français qui décident de rentrer en France reviennent en courant au canada. Aujourd’hui ce qui est sûr c’est que je me sens plus québécoise que française. Je me demandais si des français étaient dans le même cas que moi.

Un autre témoignage d’une famille Française qui déprime après son retour en France :

Ou encore ce questionnement sur un éventuel retour en France :

Enfin, voici quelques récits de ceux qui ont décidé de rentrer en France :

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Laurent Gigon
Cofondateur du site Immigrer.com
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Commentaires sur “Pourquoi le Québec me manque tant après mon retour en France

  1. Bonjour, témoignage très intéressant.
    Moi je vis quelque chose d’un peu différent: j’habite Toronto depuis 6 mois et la vie est un peu différente de Montréal ici. Le monde du travail est très froid, et j’ai beaucoup de mal à m’y faire, on ne parle que de productivité et on ne soucie pas du bien-être des gens (à l’image des USA je pense). La recherche d’emplois est une bataille de tous les jours, il est très difficile de trouver un emploi dans son domaine et quand on le trouve on est payé une misère car nous sommes de simples nouveaux immigrants aux yeux des employeurs. J’imagine que c’est la même chose pour les nouveaux immigrants qui arrivent en France d’ailleurs…
    A contrario, la communauté francophone est soudée et il est agréable de rencontrer d’autres français/belges qui vivent la même expérience que nous, ça réconforte et ça ouvre l’esprit. En d’autres termes, j’avais, comme beaucoup d’entre nous, sous-estimé la difficulté de m’intégrer dans une ville comme Toronto, car le choc culturel est très important, a fortiori lorsqu’on l’anglais n’est pas notre langue maternelle (et pourtant je me débrouille plutôt bien en anglais). La France me manque beaucoup, même s’il y a énormément de choses qui ne vont pas non plus là bas. Dans tous les cas, essayer d’immigrer dans un nouveau pays est extrêmement enrichissant et bénéfique et on apprend beaucoup sur nous-mêmes: cela permet de tenter un nouveau challenge qui peut déboucher potentiellement sur une meilleure vie, ou alors à se rendre compte que notre pays d’origine n’est pas si horrible que ce qu’on en pensait avant de partir. Bref, je ne jette la pierre ni à la France ni au Canada, ce sont deux pays très différents qui ont leurs « pour » et leurs « contre », mais il faut posséder un capacité d’adaptation exceptionnelle à mes yeux pour s’épanouir dans les deux pays.

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