L'éducation monoparentale de mes enfants au cœur de mes valeurs africaines et d'immigrée québécoise - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

L’éducation monoparentale de mes enfants au cœur de mes valeurs africaines et d’immigrée québécoise

»Ça prend tout le village pour qu’un enfant grandisse » (Proverbe africain)

Ce que j’ai de plus grand à offrir à mes enfants ce sont des valeurs au cœur de mes racines africaines et de mes valeurs humaines de femme Noire, citoyenne du Monde et immigrée au Québec.

C’est important pour moi que mes enfants soient éduqués et encadrés dans cet esprit-là. Cet esprit-là d’une cohésion pacifique et amoureuse des deux cultures.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement?

Je suis avec mes dix frères et sœurs les fruits d’un couple mixte interculturel du Bénin et de la Côte d’Ivoire. Je suis donc moi-même métisse et je puis vous affirmer que mes parents ont réussi ce mandat de notre éducation en focusant uniquement sur leurs valeurs à tous les deux et je peux sans prétention affirmer que je suis une personne bien éduquée, ouverte et respectueuse de l’autre dans sa différence que je considère davantage comme une richesse que tout autre chose négative.

De moi comme mère agissant et parlant à ses enfants vous entendrez des paroles du genre : » La famille c’est important; grand-papa, grand-maman, mon oncle, ma tante, cousin etc… ici au Québec ou bien ceux en Afrique, nous sommes chanceux d’avoir une grande famille. Allons vers tout le monde si le cœur nous en dit, accueillons-les et formons une famille; Aimons tout le monde. »

Les fruits de cette pratique avec mes enfants est palpable : mes trois enfants aiment les membres de la famille sans exception et ont toujours du plaisir à faire des visites dans la famille. Ils prennent des nouvelles de la famille africaine autant que de celle du Québec. Ma fille de seulement 4 ans fait des projets de visite à son »Pépé » en Afrique qui l’a marquée si positivement avec ses histoires et sa douceur de grand-papa lors de son séjour au Québec. Mon fils de 10 ans a du plaisir à faire des activités avec son grand-père québécois. Et mon cadet de 7 ans adore son cousin québécois du même âge qu’il visite assez régulièrement.

J’ai été tellement récemment impressionnée par mon cadet de 7 ans qui se questionnait déjà si ça lui prenait une petite amie blanche, métis comme lui ou noire et lui-même de répondre : » N’importe laquelle, il faut juste qu’elle soit souriante et forte comme maman. » Incroyable, non comment nous déteignons sur nos enfants! Mon cœur de maman a fondu de fierté.

Je suis toujours humblement séduite par les réflexions positives de mes enfants sur l’essence de la famille et leur respect profond pour l’humain en général.

Les enfants au sein d’un couple mixte interculturel

L’éducation des enfants au sein d’un couple mixte interculturel regorge de l’apport des deux cultures d’une façon respectueuse et en symbiose; une approche dite respectueuse, interculturelle et ouverte.

Etre parents ça veut dire qu’un jour on a été nous-mêmes des enfants et ce que nous donnons à nos enfants c’est ce que nous avons reçu de nos parents et de toutes les personnes en situation d’autorités qui ont eu à interagir dans notre vie.

Au cours de notre cheminement avec nos trois enfants, le père de mes enfants malgré toute sa bonne volonté, démissionne de leur éducation car trop occupé par le travail. Sa grande absence physique de la vie quotidienne de notre famille nous a malheureusement contraint à la séparation, puis au divorce.

Le divorce, voilà un pend que mes parents à moi n’ont pas inculqué à mon éducation. Chez nous en effet, face à des problèmes de couple, il faut aller chercher de l’aide quelque soit la crise, il faut appeler un oncle, une tante, bref, un autre membre de la famille influent, raisonnable et d’expérience pour vous aider. Et aussi travailler sur soi pour renouer comme couple, comme parents car l’enjeux demeure les enfants et leur équilibre affectif. Je l’ai fait ce travail sur moi, je l’ai fait appeler de l’aide, je l’ai fait appeler et consulter des professionnels comme le veut aussi la tradition Québécoise.

Du côté de l’éducation du père de mes enfants, l’éducation l’a exhorté plutôt à sécuriser ses biens matériels car un divorce ça peut être fatal pour l’équilibre socio-économique d’une personne. Et c’est vrai dailleurs. L’Éducation familiale l’a emmené plus loin, préserver ses bien certes mais surtout mettre en œuvre tout ce qu’il pouvait pour empêcher l’ex femme de le ruiner avec un divorce. Tout faire même si l’équilibre des enfants devait en pâtir. Pour ne survoler que ceci : la prison (pour une accusation de menace de mort contre lui), l’hôpital psychiatrique (voir si j’étais folle comme il voulait le faire croire)… ma capacité à pouvoir éduquer convenablement mes enfants a été mise à dure épreuve avec la DPJ. Pensez-vous que le seul responsable de ces actes ignobles soient le père de mes enfants, non! Ceux qui lui ont donné une éducation sont encore dans sa vie et mieux il s’est réfugié chez eux durant la crise du couple.  Se battre pour récupérer sa famille n’a pas été dans ses plans immédiats, se lever et essayer de prouver à son ex-femme qu’il était capable de physiquement être présent dans leur famille n’a pas été sa priorité. Pourquoi… son éducation et les acteurs parentaux responsables de son éducation ne lui ont pas offert cette option.(…)

L’éducation paternelle de mes enfants est donc devenue à la charge physique de mes beaux-parents, les parents du père de mes enfants. Ils se sont substitués à lui…comme s’ils avouaient qu’il en était incapable réellement. Cela m’a attristé profondément car je comprenais alors que le père de mes enfants avait plutôt besoin d’une aide de professionnels que de moi ou de ses parents.

Non à la technologie pour mes enfants avant 12 ans

Dans ma vision de l’éducation de mes enfants, la technologie est vraiment dosée sinon inexistante avant leur 12 ans. Et ce n’est pas moi qui l’ai inventé, ce sont les chercheurs expérimentés de »Sciences et enfants. »

Me voilà donc à essayer de le faire comprendre à mon beau-père puisqu’il s’est carrément insurgé comme autorité paternelle de mes enfants. Je ne suis aucunement contre sa présence dans la vie de mes enfants, mais ses actions vont en contradiction permanente avec les miennes. Pour lui, l’ordinateur, la tablette, et toute la clique d’appareils électroniques sont importants pour ses petits enfants. Il a relié mon interdiction au fait que je n’avais pas les moyens financiers adéquats pour leur en offrir. La voilà cette perpétuelle attaque à ma situation économique reliée à mes origines africaines; Elle vient d’Afrique donc elle est pauvre et incapable d’éduquer mes petits-enfants (…) pour ne citer que cela dans les nombreuses diffamations de ma belle-famille en lien avec mes origines. C’est ce que j’appelle »le racisme naïf », les »préjugés bancales ».

Ça fait que mes enfants de 10, 7 et 4 ans jouent à la tablette depuis les 4 dernières années (moment d’arrivée de la belle-famille dans notre vie quand ils ont déménagés dans la même ville que nous) sans discipline adéquate et précise, sans limite ou choix de jeux. Depuis cela mes petits que j’avais exhorté à la dangerosité et la destruction des armes à feu, en sont de friands utilisateurs par le jeu video. Des jeux de guerre, de course d’auto à vive allure avec la vitesse au volant inculquée sournoisement…

L’éducation de trois enfants

L’éducation de trois enfants est très exigeante.
L’éducation de trois enfants par une mère monoparentale est très difficile.
L’éducation de trois enfants faite à contre courant de son ex belle-famille c’est épouvantable.
L’éducation de trois enfants faite avec une épée de Damoclès sur la tête avec des constantes accusations des plus futiles au plus graves et tours reliés à mes origines, c’est inhumain.

Sont-ils à moi encore ces petits-là? Sont-ce mes entrailles qui ont porté ces trois petits êtres-là? Sont-ce mes seins qui les ont allaité à volonté jusqu’à 22 mois en moyenne pour chacun, sans me soucier des résultats sur mon corps physique? (…)

Les enfants nous sont confiés et notre devoir est d’en faire des personnes saines et bien préparés à la vie d’adultes mais surtout des personnes guidées par des valeurs profondes et non du matériel uniquement, des personnes responsables qui savent discerner le bien et le mal pour eux-mêmes et dans la société.

Si mon ex-mari n’a pas pu se battre et sauver sa famille et mieux, faire des choix éclairés et mesurés en toute sérénité, bêh, l’heure n’est pas à refaire son éducation non, nous avons tous des carences puisqu’aucun parent n’est parfait. C’est à lui d’aller chercher de l’aide appropriée et demeurer un papa pour ses petits.

La seule chose qui demeurera une éternelle question est :

Pourquoi ma belle sœur québécoise a le droit d’Éduquer son enfant avec son conjoint le frère de mon ex sans être terrorisée et agacée comme moi? Il faut que je lui demande.(…)

J’ai le sentiment du contraire et ce, depuis la venue de mon premier enfant; depuis ma façon d’allaiter, de faire du co-dodo avec mon bébé, ma façon d’acheter du linge, ma façon d’éduquer mes enfants…la gestion de notre vie de couple…mes beaux-parents ne sont jamais très loin. Au point qu’ils ont été absents quand leur fils a eu le plus et vraiment besoin d’eux et ce, réellement.

L’événement qui tue :

Ça fait la seconde fois que mes beaux-parents décident de COUPER les cheveux de mes trois enfants sans ma permission. Ce n’est que lorsque c’est fait que je suis mise sur les faits à essayer de me convaincre que c’est ce qui était bon pour mes enfants. Et pire, me faire croire que mes enfants étaient d’accord et heureux.

Vous me direz, c’est juste des cheveux… Et je vous répondrai NON, dans ma culture, le cheveux est la seule courroie exotérique de transmission du bonheur ou du malheur à quelqu’un.

Prendre les cheveux de quelqu’un sans sa permission c’est lui dire : J’ai droit de vie ou de mort sur toi. Et voilà, à deux reprises, le message de mes beaux-parents.

À vous les spécialistes de la protection de la jeunesse, quel message un tel geste réfuté par la mère renvoie aux enfants par l’intermédiaire des grand-parents?

Je suis disposée à faire une équipe avec le père de mes enfants, mariés ou divorcés ça la prend cette équipe pour le bien de nos enfants, seulement pour le bien de mes trésors d’enfants.

Equipe avec les grands-parents…NON, leur rôle ne va pas jusque là. J’ai essayé d’être une famille avec eux et le résultat est là, pour le couple et pour les enfants, le triste résultat est là devant nos yeux, le résultat est dans le paragraphe précédent.

Des enfants à éduquer, ils en ont eu deux garçons, qu’est-ce qu’ils en ont fait et continuent de faire, ce n’est pas de mes affaires. Moi je veux veiller à l’éducation de mes enfants. Mes enfants ne sont pas des objets pour m’atteindre, ils sont des petits liens d’amour incommensurables entre nos différentes familles d’Afrique et celle du Québec. S’ils n’ont pas eu le discernement de le voir ainsi et agir en conséquence, c’est bien dommage. Laissez-moi maintenant veiller sur mes enfants, je sais où aller chercher de l’aide lorsque j’en aurai besoin.

»Ça prend tout le village pour qu’un enfant grandisse », comme dit le proverbe de ma terre d’origine Afrique…avec une petite précision, lorsque justement tout ce beau monde est capable d’avoir le même but : Le BIEN des enfants.

Elvire  B. Toffa

 

Vos recherches:

  • mère monoparentale afrique
Elvire
Originaire d'Abidjan en Côte d'Ivoire, Elvire a débarqué au Québec il y a 10 ans par les voies de l'amour et du parrainage (regroupement familial). Cette immigrante d'Afrique de l'ouest s'est mariée à un Québécois de souche et habite maintenant avec lui et leurs enfants dans la ville de Trois-Rivières. Femme d'action, elle nous parle de parrainage, de l'Afrique au Québec et aussi d'entreprenariat.
http://www.immigrer.com

Commentaires sur “L’éducation monoparentale de mes enfants au cœur de mes valeurs africaines et d’immigrée québécoise

  1. Coucou, merci pour ton témoignage. Sans parler de culture, de croyances et autres, je te dirais tout simplement qu’il y a abus de la part des grands-parents. Il y a besoin de placer de franches limites, comment peut-on couper les cheveux à ses petits enfants sans demander au préalable la permission des parents? Cela dénote un manque de respect.

    Je n’ai pas tout l’envers du décor, mais quelles que soient le motif de vos désaccords et différends avec les ex beaux-parents, des limites ont été clairement dépassées.

    Un médiateur serait pertinent dans votre cas, et si ça marche pas, alors un déménagement loin? ^^

  2. Bonjour,
    Que je te comprends ma soeur!
    Ton amour les aidera à grandir malgré tout. Tu as fait le sacrifice de les élever dignement malgré les obstacles de ta belle famille.
    Malheureusement tu es tombé sur un mari pas très courageux et une belle -famille égoïste elles sont légions ici et tout découle de l éducation individualiste qui règne en occident…l adulte y est infantilise,son existence nié . Courage ma soeur, j ai une amie ivoirienne qui vit cela aussi.

  3. Bonjour.
    J’ai lu sans pouvoir m’ arreter. C’ est poignant ton histoire. J’ ai pas de conseil à te donner sinon te dire que je te comprends parfaitement. Suis camerounaise d’ origine et je vis à Montreal.
    A propos des cheveux, suis parfaitement daccord avec toi.
    Bonne chance.

  4. Bonsoir
    Jai lue votre témoignage il est tres touchant et triste a la fois mais je trouve que vous etes quelqu’un de courageux et j’apprécie ça.Tenez bon et ne lachez pas prise.
    En passant j’ai remarque un bemol sur le site immigrer.com .Ils ont decrit votre mari comme étant québécois de souche. Ça n’existe pas car le sang quebeçois est un europeen pre ( si on regarde bien les ancetre qui viennent de France ou Irlande ou d’ailleur), c’est comme ci les quebeçois reniait leurs origines ou la honte de posseder cette richesse culturel.Mais bref c’etait juste un petit constat que j’ai remarqué.Bonne soireé je prie que Dieu vienne a votre aide.

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