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Ce que j’aime du Québec, 8 ans après mon installation

Alors voilà, je vous ai parlé il y a quelques jours de mes quelques frustrations quotidiennes, la plupart pas vraiment aussi désagréables que ça, simplement des faits que ma vie des 8 dernières années pouvait constater des fois. Rien en tout cas de suffisamment profond et horrible pour me pousser à quitter le Québec. Même si ce petit bilan des 8 ans sonne aussi comme un bilan final de ma vie montréalaise, en considérant que je suis en partance fort probable (à 99% disons) pour la région de Gatineau / Ottawa pour un nouveau défi professionnel, il me restait quand-même à relater les joies de mon quotidien. En fait, certaines choses dont je vais parler sont “entre deux”, à savoir qu’il s’agit de “bêtes” que je n’arrive pas forcément à apprivoiser correctement depuis tout ce temps et que je peux donc difficilement catégoriser entre joie ou frustration.

Bien évidemment, il ne s’agit toujours pas ni de comparer avec mon avant, ni de parler des évidences qui sont souvent attachés au bonheur et que pourraient être la job, l’argent, le logement, les amis, la vie amoureuse (quoique sur ce point là, je vous invite à lire plus loin :P).

Le plein air

Je n’habite pas sur l’Île de Montréal. Je ne suis pas pour autant éloigné du centre-ville que ça, mais la joie principale rattaché à mon choix de lieu de vie, réside surtout dans les 35 minutes de route qui me séparent de belles randonnées ou, le plus important, des pistes de ski d’un niveau acceptable (je ne parle donc pas du Mont Saint-Bruno qui est beaucoup plus proche, mais vraiment pas fait pour un skieur expérimenté)! Pour un mordu comme moi, je suis absolument ravi de pouvoir chausser mes skis dans la semaine, en soirée jusque 22h. Il m’arrive souvent en saison de finir à 17h, prendre le bus qui me ramène chez moi et être sur les pistes à 18h30 gros maximum, et encore c’est quand je traîne pour charger les skis dans l’auto. 2/3h de ski, une couple de fois par semaine, me permet de me vider la tête et de recharger mes batteries pour le lendemain. En y allant en soirée, il y a aussi beaucoup moins de monde, ce qui est royal, parce que les foules et moi, disons qu’on est pas très amis.

Les bières

Bon là je vais passer pour un alcoolique, mais je suis absolument en amour avec le choix de bières disponibles, chaque jour, ou presque, il est possible de trouver une nouvelle petite merveille venue d’une micro-brasserie à quelque part en région. Je ne bois plus que ces bières-là, terminé les bières industrielles au goût d’eau. En fait, il m’arrive aussi de partir en expédition jusqu’à la brasserie en tant que tel, pour une fin de semaine d’escapades dans les régions québécoises, c’est une activité “motivante”. Un bon moyen de découvrir les régions de la province et de savourer quelques spécialités. Pour ceux que ça intéresse, il existe des centaines de micro-brasseries à parcourir à travers tout l’Est: entre celles du Québec, des Etats de la Nouvelle-Angleterre, de l’Ontario et de l’Atlantique, vous avez de quoi occuper de nombreuses fins de semaine. C’est peut-être moins le fun que d’aller sur les plages de Miami, ou à NYC, mais ça en vaut la peine quand-même. Ma préférée: les bières de chez Archibald, à Québec, et maintenant aussi à l’aéroport de Montréal, une bonne raison de se présenter en avance pour prendre son vol tant qu’à moi.

Le bénévolat

Pour moi, c’est remarquable à quel point il existe une forte culture du bénévolat. Il est plus facile de compter ceux qui ne participent à aucune activité bénévole que ceux qui y participent, à tous les niveaux. Entre les dons de temps aux associations, les participations spontanées (par exemple, pour les inondations de printemps, un collègue, un soir, est venu faire le tour du bureau pour trouver des volontaires et partir avec lui, presque immédiatement, porter assistance aux sinistrés), les différentes collectes alimentaires, beaucoup de gens participent. C’est même encouragé durant le processus de citoyenneté, il y a une section sur le bénévolat dans le guide. Dans mon cas, même ma compagnie nous pousse à faire du bénévolat: on peut facilement s’absenter pour aller participer à un événement bénévole, on nous incite à déclarer nos heures durant l’année pour que la compagnie puisse nous donner un équivalent en cash de chaque heure que l’on peut ensuite reverser à l’association de son choix. Moi qui étais vraiment loin de toutes ces considérations bénévoles, je m’y suis mis, un peu. Je fais du Nez Rouge notamment, depuis ma première année ici. Comme en tant que Français je n’ai pas le droit de donner mon sang, je m’implique quand-même bénévolement auprès de Héma-Québec. Si j’étais plus sportif, je m’inscrirais aussi au challenge SRC notamment.

Le style vestimentaire sans jugement

On va et on vient comme on veut, sans pression de devoir sans arrêt être à la dernière mode du moment, ou habillé de la tête aux pieds en marques dernier cri. On fait ce qu’on veut, je vais au bureau en jeans, même si à mon étage c’est très exécutif, avec beaucoup de costumes/cravates, on s’en fout de comment je suis habillé. Des collègues ont des tatouages, ou piercings, ça n’impacte pas qui ils sont professionnellement, ils portent ce qu’ils veulent et voila. Il m’arrive aussi de voir des gens en pantalons de jogging, t-shirt, sneakers, dans les restaurants, pas grave, tout le monde s’en fout. Si vous n’avez pas l’habitude de voir des tatouages, accrochez vous par contre, parce que ça pullule et ce n’est pas forcément une “marque” sociale particulière, n’importe qui peut avoir un ou plusieurs tatouages. C’est en tout cas pour moi apaisant de voir que chacun porte ce qu’il veut, sans s’appuyer sur la pression des autres, ou leur regard.

La sécurité

Veut/veut pas, je me sens pas en danger nulle part à Montréal, autour de chez moi, ou ailleurs au Canada. Je ne sens pas de regard de travers, d’agressivité chez les gens qui m’entourent. Bon sauf à quelques reprises, mais je l’avais cherché en provoquant volontairement le débile pour, enfin je l’espérais, lui faire comprendre que c’est pas correct ce qu’il faisait (se stationner sur une place pour handicapés par exemple). Je ne dis surtout pas qu’il ne faut pas être prudent, à partir du moment où on vit en société, il faut toujours se méfier, il existe malheureusement des gens mal intentionnés de partout. Mais le sentiment sécuritaire est bien présent et c’est relaxant au final.

La société solidaire et collective

Bon là je vais parler de choses que les gens détestent: les impôts et les taxes. Et oui c’est bien dans la catégorie de mes joies quotidiennes. Ben moi, je suis content de les payer. J’en paye beaucoup, mais ça ne me dérange absolument pas. Déjà parce que si j’en paye beaucoup c’est que je peux me le permettre. Ensuite, parce que je vis dans une province qui a choisi de se donner une conscience sociale et une force collective plus développées que n’importe où ailleurs en Amérique du Nord.

Loin de moi l’idée de débattre sur les gaspillages publics de notre argent (y’en a, ne soyons pas naïfs), mais je cherche avant tout à féliciter la société dans laquelle je vis pour vouloir protéger les plus faibles et offrir un coussin social à l’ensemble de ses résidents. Ce qui a un coût et payer des impôts / taxes pour financer cette volonté de social, ben ça me fait plaisir. Je n’ai pas d’enfants, mais chaque fois que je fais mon paiement de taxes scolaires, je suis content de me dire que mon argent va servir aux enfants des autres. Chaque fois que je paye des taxes sur ce que je consomme, ou que je vois mes impôts pris à la source, d’un certain côté, je ne suis pas mécontent de me dire que les grands enfants des autres vont pouvoir étudier pour bien moins cher qu’ailleurs, que si demain mon voisin qui touche pas beaucoup d’argent à sa retraite est malade, il va pouvoir aller à l’hôpital sans qu’il y laisse sa maison en gage, que mon autre voisin qui a eu beaucoup de coups dur puissent ramasser son BS le temps de se remettre sur les bons rails.

Encore une fois, les gaspillages, ce n’est pas le sens du débat ici. J’en ai déjà en partie parlé avec mes problématiques autour des routes. Ni débattre de ce que je vois comme de la fraude fiscale que absolument tout le monde sans exception (fraude de taxes ou d’impôts) pratique, à plus ou moins grande échelle bien-sûr. Ni les frustrations autour des gens qui réclament toujours plus sans jamais accepter de faire le moindre effort pour et demandent aux autres de toujours payer pour. Je tenais seulement à souligner cette volonté de collectivité qui se soutient mutuellement, ce qui pour moi est une fondation sociétale extrêmement importante au Québec. Et qui me rend heureux, même si au final, je suis beaucoup plus payeur que receveur de cette “manne” publique.

Hydro-Québec

Quelle bonne idée d’avoir créé cette chose là. Non seulement notre électricité est pas chère, surtout quand en Amérique du Nord, ça peut varier du simple au décuple selon où l’on habite, mais en plus, ils trouvent le moyen de générer de gros profits qui vont directement dans les caisses de la collectivité et aident à financer l’effort social de la province. C’est une belle performance, vendre pas cher, gagner plein d’argent. Puis quand on a un petit côté pro-environnement comme moi, on ne peut aussi que se féliciter que cette électricité qu’on consomme est 100% renouvelable.C’est une sacrée machine et une fierté pour la province. J’espère en tout cas de tout coeur que leur expansion souhaitée à l’international ne pas se transformer en bérézina financière comme EDF par exemple, mais j’ai confiance en l’intelligence de leur modèle d’affaires, malgré leur gestion très mafieuse.

Petit bémol ceci dit: elles sont où les autos électriques? Quand on a une machine telle qu’Hydro-Québec, on se doit, en tant que société, de pousser au remplacement du parc d’autos vers des autos hybrides ou électriques, ça devrait même être une cause nationale, bien plus importante qu’elle ne l’est actuellement. Que mes impôts servent à offrir de gros incitatifs pour acheter une auto hybride ou électrique, j’en serais encore plus ravi d’en payer. En fait je le vois aussi comme un bien social: les autos qui consomment le plus sont les plus anciennes, qui le plus souvent, sont dans des familles qui ont peu de moyens de s’en acheter une nouvelle, mais qui doivent continuer à payer plus d’essence pour leur grosse auto qui consomme. En arriver à presque leur “offrir” une auto hybride ou électrique redonnerait un gros pouvoir d’achat aux familles les moins fortunées, tout en protégeant mieux notre environnement. La société n’en ressortirait que plus gagnante, en tout cas, je pense.

Pour terminer ce (très) long sujet, je vais vous partager deux mystères, qui ne sont ni dans les joies, ni dans les frustrations. Simplement, des expériences vécues qui ne me suffisent pas à les classifier.

Les syndicats

Dans certains cas, ils sont ouverts, comprennent les réalités économiques, sont utiles aux négociations de super contrats de travail. Dans d’autres, ils sont réfractaires à tout changement. Une bête bizarre que les syndicats. Même si ultra puissants dans bon nombre de compagnies, du fait du syndicalisme obligatoire, ils sont capables de compromis et de marche en avant. Dans d’autres organismes, plus liés au secteur public, on a l’impression qu’ils s’opposent, quoi qu’il arrive.

Le dating et les relations de couples

Là je pourrais en écrire des pages et des pages. C’est pour moi le plus grand mystère de ma vie ici. Incompréhensible dans bien des aspects. On voit plusieurs personnes en même temps au “début” un peu comme si on était à l’épicerie. Imaginez que vous soyez comme moi, un gros timide, du fait d’un passé assez tumultueux sur ce front-là. Quand vous savez pertinemment que vous êtes qu’un numéro dans une liste de dizaines de candidats, vous perdez encore plus vos moyens qu’en temps normal. Non pas que j’étais expert en cruise dans le passé, loin de là même, mais ce concept du multiple dating, accepté des deux bords, est horrible à assimiler et donne très peu de chances aux timides ou à ceux qui veulent juste, ben, je sais pas, voir une seule personne à la fois, c’est bien aussi non?

Puis après le dating, si vous avez l’expertise suffisante pour passer entre les mailles du filet et être “choisi”, arrive le temps des relations. Puis là, un bon nombre de fois dans mes conversations avec collègues, connaissances, ou amis, j’ai plus eu l’impression qu’on me parlait d’amis qui habitent en coloc pour économiser de l’argent et des fois font un bébé parce que c’est cool, font rien ensemble, partent en vacances chacun dans leur coin, plutôt que de vrais “couples” dans le sens de gens qui font des activités ensemble, habitent ensemble pas pour économiser, mais parce qu’ils peuvent plus se passer l’un de l’autre, sans pour autant être fusionnels, mais qui ont des intérêts en commun, des sujets de discussions à partager, tout ça quoi.

En tout cas, un mystère pour moi. Peut-être que c’est juste moi aussi, l’éternel incapable de “conclure” (à la J.C Dusse). Allez savoir.

D’après le texte original de crazy_marty posté sur le forum de discussions

Message du jour

Les messages du jour sont les meilleurs messages du forum concernant les bilans et témoignages d’immigrants, nouveaux travailleurs et étudiants publiés récemment sur le forum de discussion de la communauté d’immigrer.com.

https://www.immigrer.com/categorie/message-du-jour/

Commentaires sur “Ce que j’aime du Québec, 8 ans après mon installation

  1. J’adore ton texte, il m’a bien fait rire et correspond bien à ma vision de la vie ici. Si ça peut vous rassurer, je suis en couple avec un québécois, on a une maison ensemble, un bébé ensemble, on part en vacances ensemble, on fait rarement des choses séparés (j’avoue que de temps en temps je l abandonne pour un brunch entre filles), on s’aime très fort et on a beaucoup de choses à se raconter 😁. Pas facile de trouver la bonne personne effectivement, mais je pense que c’est partout pareil ça !

  2. Je me pose la même question par rapport aux couples au Québec. J’ai une amie qui a gardé son enfant après avoir couché avec une fréquentation, alors qu’ils étaient même pas en couple. Puis le père bien sûr ça le tentait pas de garder l’enfant mais la mère l’a quand même gardé et puis maintenant ils ne sont toujours pas en couple. Ils ont vécu un bout en colocation puis ils ont maintenant chacun leur appart. Ya eu des chicanes et ils ne sont pas amoureux (ils ne l’ont jamais été) mais ils sont restés amis. WTF pourquoi faire des enfants dans des situations pareilles? Être dans une “presque relation” avec un enfant ça se fait bien ici, pourquoi? :/

  3. Merci pour ce très juste retour.
    Plusieurs points communs en passant, nous sommes Lorrains et sommes établis à Gatineau… C’est aussi une belle région plein air! Enjoy

  4. Merci pour ton article, intéressant et drôle
    Je suis moi-même dans le domaine de l’audiovisuel et du reportage (journaliste) et me demandais s’il était facile de trouver du travail dans cette branche. Merci beaucoup

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