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Immigration au Canada, quand le rêve tourne au cauchemar

Le Canada va recruter des centaines de milliers de candidats à l’immigration au cours des prochaines années, un besoin énorme de main d’oeuvre et une volonté d’augmenter le poids démographique que cet immense pays peut accueillir. Malgré le marché de l’emploi très en faveur des travailleurs, malgré les nombreux programmes d’aide à l’immigration, à l’installation et à l’entrepreneuriat, certains nouveaux arrivants se retrouvent soit en face de situation d’échec ou incapables de réaliser leurs objectifs initiaux. Radio-Canada a rapporter le cas de plusieurs familles originaires de France qui se sont installées au Nouveau-Brunswick. Cette province maritime fait la promotion de sa géographie et vante le dynamisme de ses programmes d’accueil et de soutien aux nouveaux immigrants.

Comme il est précisé sur le site officiel : “Situé sur la côte Est du Canada, en bordure de l’océan Atlantique, le Nouveau-Brunswick offre aux nouveaux arrivants un mode de vie unique et des possibilités de carrières intéressantes. Nous sommes reconnaissants envers les nouveaux arrivants qui y apportent tout un bagage d’expérience et de compétences. Le Programme des candidats du Nouveau-Brunswick aide les travailleurs qualifiés à immigrer dans la province”.

Le rêve qu’on leur a vendu s’est transformé en cauchemar

C’est en octobre 2016 que Florence et Nicolas Fizellier, venus de France, sont arrivés à Shippagan, où ils vivent avec leurs deux enfants, comme les 149 autres immigrants francophones arrivés la même année. Mais voilà qu’un an après, le rêve qu’on leur a vendu s’est transformé en cauchemar. Le couple voulait reprendre un restaurant à Shippagan, dans la Péninsule acadienne. Durant un voyage exploratoire, tout le monde les encourageait, affirme Florence Fizellier. Les résidents, les banques et les associations : tous n’avaient que de bons mots pour l’Acadie.

« On nous a dévoilé le tapis rouge. On nous a vendu une province avec des opportunités d’emploi, le bilinguisme, des possibilités d’entrepreneuriat. »
– Florence Fizellier

C’est seulement une fois le déménagement achevé qu’on leur a avoué que la restauration n’était pas un bon domaine où il fallait investir et qu’aucune banque ne leur offrir de crédit. « Alors on a fait deux ans et demi de processus basé sur cette perspective d’entrepreneuriat et, 15 jours après notre arrivée, on nous dit que ce n’est pas un bon créneau. »

Florence a ensuite cherché du travail. Une démarche qui s’est aussi révélée difficile. « J’ai envoyé ma candidature chez une entreprise acadienne pour un poste qui me correspondait à la lettre près. On m’a répondu qu’on donnait une préférence aux personnes de l’Acadie. »

Après un an d’efforts et de déceptions, la jeune famille a épuisé ses espoirs et décide de partir vivre au Québec. « Là, nous, on part parce qu’on se sent floués, utilisés. Mon point de vue, c’est que le voyage exploratoire sert à gonfler les chiffres du tourisme. »

Pourquoi, alors, de nombreux immigrants qualifiés cherchant un emploi frappent-ils un mur?

« C’est un problème de réseau », déclare Bruno Lafont, arrivé à Moncton en juin 2017 avec sa femme et leurs trois enfants. Spécialisé dans l’approvisionnement des entreprises, il n’a toujours pas trouvé d’emploi.

« J’étais à mon compte en France, alors je suis habitué d’aller vers les gens. Mais je pense que, parce que c’est un milieu plus petit ici, c’est aussi un milieu plus difficile à entrer. Ce sont des réseaux de gens qui se connaissent depuis des années. »

Pourtant, Bruno Lafont a travaillé plusieurs mois chez Bombardier, à Montréal. Mais les employeurs du Nouveau-Brunswick craignent malgré tout de « prendre le risque » d’embaucher quelqu’un avec une culture professionnelle européenne, explique-t-il.

« On me l’a dit en entretien, cette peur, cette image sur les différences culturelles. La résistance vient du fait qu’ils se demandent si ma culture, ma façon de faire va s’adapter à celle d’ici. »

La tentation de retourner au Québec, où il a trouvé un emploi chez Bombardier en seulement un mois, refait surface chez Bruno Lafont. « On ne peut pas rester indéfiniment sans générer un revenu. On creuse sur des économies qu’on voudrait utiliser pour acheter une maison. »

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est donné comme objectif que les immigrants francophones représentent 33 % de tous les immigrants invités par la province d’ici 2020. Selon Leyla Sall, professeure de sociologie spécialisée en immigration à l’Université de Moncton, cette cible n’est pas réaliste.

« Ici, les niches, c’est les foyers de soins, les centres d’appel. Si on fait venir des travailleurs trop qualifiés, on se piège. On les fait venir avec une résidence permanente et s’ils ne trouvent pas d’emploi rapidement, ils peuvent changer de province s’ils le veulent. »
– Leyla Sall

Les provinces canadiennes sont toute en compétition pour attirer les nouveaux arrivants et le Québec qui est très actif et dont la langue officielle est le français est le plus grand concurrent de toutes les autres provinces du Canada.

Il existe cependant des histoires à succès de Français installés au Nouveau-Brunswick :

 

Source : Radio-Canada

Nouvelle vie: du Québec au Nouveau-Brunswick

 

Laurent Gigon

Originaire de l’est de la France, Laurent a travaillé 10 ans à Paris comme monteur en télévision sur des émissions de divertissement et des documentaires. En 1995, il immigre à Montréal et lance son entreprise de services internet. Il est cofondateur d’Immigrer.com.

http://immigrer.com

1 commentaire sur “Immigration au Canada, quand le rêve tourne au cauchemar

  1. Si pour les Français, qui partagent la langue, c’est difficile, imaginez pour les Espagnols…
    Je partage le sentiment de se cogner contre un mur lorsqu’on essaie d’entre aux réseaux de gens connues à la Ville de Québec.

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