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8 ans au Québec – Mes joies et frustrations du quotidien

Dans quelques jours, je vais fêter mes 8 années de présence au Québec. Non pas que c’est particulièrement une grosse étape ou que ça mérite d’entrer dans des comparaisons sans fin entre ma vie d’avant et maintenant, ou des généralisations bancales. Surtout que le Québec n’est pas ma première expatriation, alors si je devais entrer dans le jeu des comparaisons, je ne saurais même pas avec quel pays le faire.

Disons que je suis très heureux de la vie que je me suis créée ici et c’est pas mal tout ce qui importe. Je suis propriétaire de mon chez moi, j’ai un bon cercle d’amis, plein d’activités et j’estime avoir atteint le haut de l’échelle dans ma job. Par haut de l’échelle, j’entends par là que je n’ai pas l’intention d’aller plus haut, je préfère de loin pouvoir décrocher à 17h (des fois même avant) et d’avoir mes fins de semaine complètes, plutôt que devenir manager (qui n’est pas le but ultime en soit pour prouver qu’on a réussi sa vie ou son immigration comme je l’ai lu des fois ici), avec un plus gros salaire, certes, mais plus de problèmes à gérer aussi, des horaires pas mal plus décourageants et une disponibilité au téléphone “au cas où” même en fin de semaine. C’est un choix de vie et c’est mon haut de l’échelle à moi.

Au fait, depuis le temps, le principal thème des discussions avec la famille et les amis restés au pays est passé de :

– “tu devrais revenir, tu t’es amusé à l’étranger, il est temps de te poser chez toi”

à

“c’est quoi qui te plaît tant là bas qui fait que tu restes?”

C’est vrai ça, pourquoi est-ce que je reste? Je me suis un peu creusé la tête et en dehors des points évidents que j’ai évoqués plus haut, il y en a aussi quelques-uns un peu moins évidents à première vue, mais tout aussi vrais, qui me font aimer de rester là. Puis en même temps que je pensais aux petites joies quotidiennes, il y avait aussi bien entendu, les irritants quotidiens qui pointaient leur nez. Certains que je revis depuis très récemment même.

Pour être original, je vais commencer par partager mon petit florilège de frustrations quotidiennes. Ce qui se veut relativement léger, volontairement et uniquement personnel. Ça représente des choses ou des attitudes que moi, je ne supporte pas et que j’ai constatés (ou expérimentés). Bien entendu, je ne prétends absolument pas qu’elles sont uniquement le fait des locaux, ou des immigrants, ou qu’elles sont complètement généralisées, ou même inexistantes ailleurs. Mais dans ma vie de tous les jours au Québec, elles me font ch$%?& et elles me donneraient tout autant de l’urticaire si je les vivais ailleurs.

  • Le bordel du 1er juillet: à chaque année, ça déménage le 1er juillet. Et à chaque année, les trottoirs se transforment en véritable dépotoir en plein air. Autant je trouve ça cool de déménager entre chums, partager bières et pizzas, mais laisser un immonde tas de marde sur les trottoirs, ça non, suis pas capable. Pis là, j’essaye de comprendre comment tu peux en être rendu le jour de ton déménagement et pas avoir été capable de trier progressivement en anticipation. Tellement en dernière minute que tu te retrouves le jour J à vider absolument toutes tes choses sur le trottoir. En 8 ans ici, c’est toujours autant un mystère pour moi. À la limite, quand ce sont 2/3 meubles, ça passe encore, mais dans certains cas, c’est absolument TOUT, sans parler des déchets que les cols bleus de la Ville ne ramasseront de toute façon pas – mais qui resteront à trainer là jusqu’à ce qu’un bon samaritain les ramasse: la peinture, les déchets de construction, entre autres. Pis là je pourrais parler de mon ancien voisin qui en déménageant avait même fait en sorte de poser ses vieux pots de peinture devant chez moi, histoire de prétendre que c’est moi le responsable qui a laissé cette marde-là sur le trottoir. Je suis tellement généreux que je lui ai rapporté devant sa nouvelle adresse :timide:
  • Récemment, j’ai décidé de me magasiner une nouvelle auto. Ma 3ème ici. Le processus est pas mal partout le même et j’avais oublié à quel point je l’ai en horreur: on te donne un prix à la semaine, ou aux deux semaines ou au mois, mais à aucun moment, on te donne le prix total FINAL de la voiture. Nulle part on me dit: elle coûte tant, je te donne tant de rabais, tu vas payer tant par mois (mettons). C’est tellement frustrant, alors oui, le prix final on l’obtient, mais il faut le demander! Puis dans bon nombre de cas, j’ai dû insister très très lourdement pour que ça me soit montré.
  • Les gens pressés dans le métro: en heure de pointe le matin, on a en gros un métro aux 5 minutes (maxi). Mais y’a toujours des gens tellement en retard qu’ils doivent courir absolument partout dans les stations, bousculant au passage les autres, des fois même allant jusqu’à bloquer les portes pour que leur chum qui court moins vite puisse se glisser dans le train. Bon là, que tu veuilles courir, tu peux, mais emm$%?& le reste du monde dans le processus, ben non pas d’accord. Le syndrome du moi d’abord les autres après m’exaspère, j’y peux rien.
  • L’association de condos: là j’avoue, j’ai découvert y’a 2 ans et demi cette merveilleuse invention. Avant ça, j’étais propriétaire, mais pas en condo. Alors depuis 2 ans et demi, je découvre les joies et les déconvenues de la vie en copropriété. Dans mon cas en fait, c’est surtout le choc des générations qui crée toutes nos problématiques et fait qu’on se met jamais d’accord sur rien: les baby boomers à le retraite ont payé leur condo cash en revendant leur maison et considèrent que c’est là leur nouvelle maison et la priorité absolue de leur vie, les plus jeunes voient ça comme un pied à terre temporaire et sont bien contents d’avoir un toit sur la tête à eux en attendant autre chose. Mais quand vous avez vos baby boomers qui observent à la journée longue (véridique) par la fenêtre qui rentre ou sort, qui contrôlent au millimètre près la coupe du gazon par l’entrepreneur, qui regardent à quel point la poussière a été bien enlevée du dessus des plinthes … disons que vous obtenez des réunions de copropriété explosives. Et des tentatives d’imposer des règles qui conviennent à une résidence pour personnes âgées, mais sûrement pas à une copropriété “normale” – par exemple: interdiction de louer son condo sous aucun prétexte, donc même si on doit déménager pour la job, on est pogné avec son condo inlouable / pas de visiteur après 22h / pas de barbecue / et j’en passe. D’un autre côté, pour avoir été membre du conseil d’administration pendant 1 an, j’avoue que faire du baby-sitting permanent pour rappeler aux gens qu’ils doivent fermer les portes du bâtiment pour pas que n’importe qui puisse entrer / qu’ils doivent faire attention quand ils transportent des choses de pas défoncer les murs / qu’ils doivent pas laisser tourner l’auto dans le garage fermé sinon ça déclenche les alarmes à CO2 … c’est tannant pareil.
  • M’enfin tout ceci ne vaut sûrement pas l’irritation ultime qu’est l’acceptation de la médiocrité ambiante dans les travaux routiers. On est donc pris entre une désorganisation lamentable des travaux routiers, avec notamment une route en travaux déviée sur une autre qui est en travaux et qui est là aussi déviée sur une autre elle aussi en travaux (ne riez pas, ça arrive) / ou une route refaite une année, puis re-percée l’année suivante pour changer les tuyaux d’eau / ou tiens, véridique, une route fermée pour travaux avec une déviation dans une rue en cul de sac ET une gestion calamiteuse du qualitatif des travaux. La recette parfaite pour une ville sans arrêt en travaux et sans arrêt remplie de trafic. On se complaît à avoir une route réparée n’importe comment qui devra être refaite dans 2 ans, on ose rien dire à personne, on embauche le même entrepreneur pour d’autres travaux, on contrôle rien – tiens avant hier, ils ont même mis de l’asphalte dans ma rue alors qu’on voyait encore les flaques d’eux des pluies de la veille sur la couche en dessous de l’asphalte. Maintenant je suis pas ingénieur en génie, mais il me semble qu’une route faite dans ces conditions, va sûrement pas tenir bien longtemps, non? En fait, on est victime du système qui veut que celui qui soumet le plus bas prix gagne, comment ce sera fait, de quelle qualité, pour quelle garantie, on s’en câlisse. Tant qu’à moi imposer des contrôles, des amendes et du qualitatif dans un appel d’offres, ça me parait pas compliqué. On excuse la médiocrité. Je suis persuadé qu’ils ont les capacités de faire du travail de qualité, mais personne les pousse à le faire, alors on se satisfait de faire ça médiocrement puis tant pis.
  • En vrac: les gros cave en auto tunée qui se croient les rois de la route et font n’importe quoi pour montrer à leurs amis à quel point leur auto est cool / les pas gros caves qui restent sur la file du milieu, jamais à droite, jamais à gauche, juste au milieu, on sait pas pourquoi, ça doit être un fun spécial / le tout inclus qu’on qualifie d’absolument extraordinaire et dépaysant, pas que j’aime pas les vacances, mais des vacances où on reste à la plage entre les murs de son hôtel, ce sont pas vraiment des vacances que je qualifie de dépaysantes. Où est l’exploration là dedans? Même si je peux comprendre qu’une semaine de vacances au soleil à 500$ ça fait rêver.

Quand j’aurai le temps, je vous partagerai mes joies quotidiennes, y’a pas de raisons.

D’après le texte original de crazy_marty posté sur le forum de discussions

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