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Quand le doute nous tient…

Quand le doute nous tient !

Ben oui, je passe finalement par toutes ces phases que tant d’immigrants décrivent sur notre site préféré …. Le doute plane ! Est-ce la bonne décision ? Est-ce qu’on n’aurait pas dû s’y prendre différemment ? Est-ce que l’enjeu en vaut la chandelle ? Pourquoi n’avoir pas attendu deux autres années, le temps que mon boss parte à la retraite, avoir mis plus de sous de côté, tant pis pour la vie à l’ombre des condos flambants neufs à côté de chez nous en Estrie ? Et si je n’ai pas de boulot dans deux mois ? Si je ne peux plus payer le loyer ? Et si c’est vrai cette histoire que les écoles ici sont remplies d’enfants avec le Syndrôme d’Alcool Fétal ? Et si on se fait bouffer par les mouches noires tous les étés et qu’on n’aime pas ça ? Et si on ne peut pas se refaire des amis comme au Québec ? Et si on ne trouve pas LE terrain qu’on veut pour construire LA maison de nos rêves ? Et si je ne suis pas capable de faire _ h de route matin et soir quand il fait nuit ? ET si…. Et si …. Et si …. Et je ne peux même pas dire que je refais le voyage à l’envers en décembre parce que je ne pourrai plus passer les Rocheuses à certains endroits. Prisonniers du Yukon. Yeaaaah …. aie aie aie ….

Wouwouwouw ! Là là, faut arrêter là, ma tite Momo là ! OK OK ….

J’essaie de me raisonner comme quoi que ça ne fait que 4 semaines que je suis arrivée ici. J’ai déjà un logement très décent. J’ai des entrevues, et suite aux entrevues il y a des choses qui bougent, doucement mais sûrement. Il n’y a aucune raison de penser que je n’aurai pas de boulot dans deux mois, aucune. Donc mon loyer sera payé. J’ai déjà des Amis ici, des Amis et des nouvelles connaissances, même des anglophones. J’ai déjà eu une petite job = on m’a fait confiance sans me connaître. L’on me sourit dans la rue et l’on me dit bonjour même sans savoir qui je suis, tant dans mon quartier qu’ailleurs à Whitehorse. Le paysage est magique, les aurores boréales presque toutes les nuits aussi. Il y a des terrains à vendre et il y en aura encore. Puis peut-être que le Monsieur qui nous fait mijoter à petit feu dans Grizzly Valley va finalement se décider à accepter notre offre, qui sait. Puis peut-être qu’on aimera encore plus fort un autre bout de terre, on ne l’a juste pas encore trouvé. Faut que je me donne du temps. Faut un temps pour chaque chose. Oui mais …. NON ! pas de oui mais …. C’est vrai, vous le savez tous, je suis plutôt du genre à foncer tête baissée. Et quand j’ai l’impression que des choses n’avancent pas, je suis perdue, désorientée. Comment ça, je ne peux plus courir à MA vitesse là, hein ? Pourtant je sais qu’il faut laisser aller …. ne pas se battre ou se débattre lorsque c’est hors de mon contrôle. Tous ceux d’entre vous qui attendent leur visa ou un AR ou une rendez-vous ou une réponse pour une job comprennent certainement ce que je ressens. Quand on est arrivés au Québec en 2000, on avait nettement plus d’argent et donc moins de stress, mais on avait vendu notre maison en France aussi …. celle de Waterloo n’est pas encore vendue même si nous sommes toujours confiants que les choses VONT se faire. En temps et en heure. Pas forcément quand Momo veut.

Alors je retombe sur l’apprentissage de tous les immigrants : apprendre ou plutôt RÉ-apprendre la PATIENCE …. Travailler à plein temps à trouver LA job, prendre une job temporaire en attendant, respireeeeer …. Cette situation m’aide beaucoup à me mettre à la place de tous ceux d’entre vous qui attendent, et qui vont pour beaucoup attendre bien plus longtemps que moi parce qu’une job vient généralement plus vite qu’un visa, tout simplement. Faut que j’apprenne à vivre selon le Yukon time …. pas pressé, le monde ici. Un peu comme le Papa de Michel Sardou chantait …. Aujourd’hui peut-être, ou alors demaing …. Dur dur pour l’Allemande qui sommeille quand même encore en moi ! Je veux planifier, prévoir, organiser, agir ! Taratata …. Yukon time ma belle, wait and see. Prends ton temps. Fais confiance et tout arrivera au moment où il faudra. Mais c’est maintenant le moment où il faut ! C’est que tu penses, ma tite Momo.

Soupir …. OK, je vais faire un effort et me calmer. Peut-être tricoter un foulard (= écharpe) pour une Amie à Waterloo. Puis un chandail pour chacun de mes deux garçons. Peux pas peindre, la moitié de mes affaires de peinture sur soie sont dans des boîtes en attente d’expédition dès que j’ai des sous …. ha ha ha …. maintenant que j’ai le temps, je n’ai pas le matériel, bravo la planification là ! Soupir encore ….

Bon, je vais faire un tour au Gouvernement du Yukon au centre ville pour voir les terrains qu’eux ont à vendre dans l’enceinte de la ville, histoire de voir si on peut trouver quelque chose de pas trop petit et avec la forêt en bordure pour que nos chats puissent s’amuser un peu et que moi, je n’aie pas à conduire trop loin pour aller bosser, au moins la première année. Le jour où on aura trouvé LE terrain (en dehors des limites de la ville….), on construira LA maison dessus, et on vendra celle en ville. Les bus d’école vont à environ 60-70 km de la ville pour ramasser les enfants.

Faut que j’écrive à la RAMQ aussi parce que le Yukon ne veut pas nous prendre en charge tant que mon mari toujours au Québec ne nous aura pas rejoints, et c’est seulement après son arrivée que la carence de 3 mois va commencer …. tu parles d’une galère ! Moi qui pensais que les femmes existaient en tant que telles au Canada …. ben pas pour la RAMQ en tous cas, pas tant qu’on n’est pas divorcé ça a l’air. On m’a dit qu’il suffisait d’écrire à la RAMQ et qu’on serait pris en charge par le Québec même au-delà de 3 mois. Hé bé. On en apprend tous les jours ….

Ce qui est sympa c’est qu’ici au Yukon, les dentistes ont un cabinet dans chaque école et tous les enfants sont vus et soignés gratuitement …. sauf pour les grands chantiers bien évidemment ! Ça c’est cool ça, ouais ouais ….

Je vous laisse, chers tous, en espérant ne pas avoir provoqué de descente de moral chez personne …. Le mien n’est pas bas, mais c’est le doute qui se glisse discrètement, c’est tout. Pas pour longtemps, ça j’en suis certaine et c’est qui me fait poursuivre dans notre projet !

Monika

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