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Immigration, mon divorce a été le revers de la médaille

Vous devinerez en lisant ce billet une partie des raisons de ma brillante absence sur le blogue (…) je suis de retour et vous aurez beaucoup à lire sur les hauts et les bas de mon cheminement d’intégration comme femme issue de l’immigration en région.

Immigrer, c’est aussi venir à la rencontre de la face sombre de la Force

Intégration et divorce voilà deux mots qui s’imbriqueraient difficilement dans un même puzzle (…) Trêve de philosophie. Ces deux mots raconteront dorénavant une grande page de l’histoire de mon processus d’intégration dans ma vie de femme issue de l’immigration. Moi qui en entendant simplement le mot Divorce avait les poils qui me dressaient sur la peau et commençais résolument à exhorter la personne qui m’avait sorti ce mot d’avoir recours à toutes les solutions sauf ce déchirement. Oui ça peut nous surprendre quand on s’y attend le moins…je vous partage un petit bout.

S’intégrer c’est comme entreprendre sa propre vie, deux processus qui requièrent de l’endurance, de la discipline et de l’audace

Soucieuse d’une intégration réussie et épanouie comme femme ici au Québec, je me suis donnée des moyens humains, sociaux, psychologiques et professionnels pour réussir ce processus que j’appelle : “Prendre ma place” Prendre ma place dans notre société d’accueil est une tâche ardue mais combien passionnante lorsqu’on lui donne finalement le titre d’entreprendre son intégration. Oui entreprendre son intégration tout comme le démarrage, le lancement et la gestion d’une entreprise. Comme femme et entrepreneure en région à Trois-Rivières, c’est le modèle d’affaires que j’ai librement choisi. J’avais décidé de prendre mon intégration en région tout comme le processus de lancement d’une entreprise au niveau de l’endurance, de la discipline et de l’audace que cela requiert. Lorsque trouver un emploi s’avère difficile, et qu’au niveau de sa ville on constate un besoin qui pourrait se monnayer et nous faire vivre, et mieux vous épanouir dans l’essence de la personne que nous sommes, il peut être brillant de l’essayer. Comme dit une citation de croissance personnelle : “Vous n’avez rien à craindre car l’échec est impossible. Vous ne pouvez qu’apprendre, évoluer et devenir meilleure que vous ne l’avez jamais été.”

Les deux pièces maîtresse du puzzle

Je me suis alors lancée en affaires avec mon entreprise Casafriq, une entreprise qui offre des services d’inspiration afro-exotiques sous trois volets : Une école de danse, Une manufacture de vêtements et un salon de beauté. En tant qu’artiste avec la créativité en ébullition, mon entreprise me permet d’exprimer qui je suis et surtout de partager avec ma terre d’accueil des talents et ce que j’aime le plus faire. Voilà cet échange riche et généreux duquel j’ai su tirer partie pour faire ma place dans ma région. Un processus ardu mais combien passionnant, l’entrepreneuriat m’a aidé et m’aide encore comme femme immigrante à me developper personnellement et socio-professionnellement. Intégration et Entrepreneuriat sont deux mots qui eux, s’imbriquent aisément et solidement dans le même puzzle; J’y trouve un certain équilibre, dans la gestion de ma vie de famille, mes horaires, mes enfants, mes relations avec le peuple Québécois…tout y trouve sa part. Trois-Rivières avec son bassin important d’immigrants dû à l’université, et comme ville très culturelle me procure une bonne base d’expression pour une entreprise comme Casafriq.

Une intégration réunifie, Un divorce déchire

Dans cet élan de réalisation personnelle comme entrepreneure, femme immigrée et mère de famille, je vais connaître une terrible crise au sein de mon couple. Crise qui va malheureusement avoir raison de ce jeune mariage à l’orée de son dixième anniversaire. Dixième anniversaire que j’avais visualisé et imaginé tellement de fois festif, heureux et symbolique(…) Bref, pour vous dire que le mot divorce ne faisait aucunement partie de mes projets. À la question “Tu ne l’as pas vu venir?” que plusieurs m’ont posée, je répondais “NON, un gros NON”. Allez dire ce mot à une femme d’origine africaine pour qui le mariage est un accomplissement, voir, un symbole honorifique (je pèse mes mots)oui un honneur d’avoir trouver l’Amour pour la vie…elle vous chassera tel le démon venu en personne lui lancer un mauvais sort. Dans ma culture on ne divorce pas…même pas lorsque cette union est toxique et dangereuse pour la vie de la femme. La divorce est un moyen ultime de dernier recours(…)

Vous comprenez un temps soit peu pourquoi j’affirme que intégration et divorce ne peuvent malheureusement pas s’agencer dans un même puzzle dans ma tête et mon esprit à moi. J’ai vu toutes les pièces de mon puzzle tomber comme un château de cartes. Un divorce c’est le pire processus à vivre en parallèle avec un processus d’intégration. Il te draine ton énergie, il t’atteint dans le tréfonds de toutes les sphères de ton être. Tu perds le focus d’une intégration en croissance; tu régresses plutôt et pire tu peux t’y perdre et ne jamais revenir. Tu peux en mourir! Je pèse encore une fois mes mots. Non pour faire peur ou dramatiser ne situation déjà empreinte d’une grande tristesse, non, c’est la vérité. À un moment donné j’ai eu besoin d’une grande aide pour ne pas sombrer plus que ça l’était déjà. Bref, je ne vous ferez pas le récit de mon divorce mais je nommerai juste un point important. C’est cruel! Et je le dis sans amertume, ni regret ou rancoeur, j’assume mes mots. Le divorce dévore votre idéal familial contrairement à l’intégration qui vous fait embrasser l’unité constructive avec l’autre, l’inclusion avec la terre d’accueil.

Tout comme mon mariage m’a donné le goût de faire un avec le Québec et l’aimer pour toujours, mon divorce a été le revers de la médaille; la dure rencontre avec la face sombre de la force. J’ai même eu le désir de retourner dans mon pays d’origine. Je l’ai fait pendant 14 jours, j’avais besoin des miens, de ma famille, comme un retour nécessaire à mes sources. Un retour pour éviter le fond du baril car à chaque jour les questionnements et autres sentiments de culpabilité, d’incompréhensions et de dégoûts m’accompagnaient fidèlement vers le fond. Dans un autre billet je parlerai de dépression car c’est de cela qu’il s’agit (une chose dont j’ignorais carrément la définition et même l’existence). Je vous parlerai aussi de suicide (Quels ont été mes ressources, comment j’ai surmonté ces nuits noires.) Oui un bien dur mot, comment la mort a rodé. Comment être loin de sa terre natale, l’isolement durant une telle épreuve peut gruger en vous le goût de vivre (…) Ça n’arrive pas qu’aux autres, et même quand on se considère comme une dure à cuire comme moi, on peut aussi à un moment donné fléchir les genoux et les redresser difficilement ou même vouloir choisir de rester au sol et se coucher définitivement. Au cours de cette déchéance de mon mariage et tous les dommages, frustrations et blessures qu’elle a engendré, j’ai fait la rencontre de tout ce que je ne voulais jamais avoir à vivre en terre d’immigration : la cours, le tribunal, la police… Divorcer, dans ma culture c’est comme faire un pacte avec le diable, c’est un gros péché, c’est un déshonneur, c’est un gros échec (…) et j’en passe. Le dénie me l’a fait comprendre…ne pas l’accepter est un refus destructif, un refus catégorique de voir la vérité. Et il n’y a rien de plus souffrant que ça.

J’ai toujours eu en horreur le tribunal, le poste de police, les avocats bref toute cette partie de l’administration me répugne. Je ne sais pas pourquoi mais ce sont des places que je ne voulais au grand jamais fréquenter à moins d’en être obligée. Raison pour laquelle malgré ma bonne forme physique et ma grande gueule à défendre tout le monde, ni une carrière d’avocate, ni une carrière de policière ne m’ont effleurée une seconde l’esprit du haut de mes quarante ans.

J’aurais dont dû m’informer sur ces corps de métier et surtout leur utilité dans la société. Du jour au lendemain j’étais face à un juge, un policier, un avocat…bref, un dépaysement énorme et une frustration que pour l’instant je n’ai pas de mots pour qualifier ou décrire.

Certaines personnes divorcées arrivent à affirmer que ça été la meilleure décision de leur vie…peut-être que c’est encore trop tôt pour moi, mais je ne me réjouirai jamais de cette décision qui s’est imposée à nous. Mon couple avait des problèmes comme tous les autres, mais on s’est carrément soustrait à une aide extérieure, après dix années ensemble la prise pour acquis nous a peut-être joué un tour ou simplement de mauvaises décisions ou choix ont été faits(…). Je ne nous ferai pas un procès supplémentaire, je conclurai ce paragraphe par un seul mot; croyez-le, une passion, ça peut nuire terriblement à ce que vous avez de plus essentiel, la famille, les enfants…

J’écrirai à ce sujet, “Quand la passion tue l’Amour; en d’autres termes, une voiture m’a volée sans bruit ma place dans le cœur de mon époux.” Certaines femmes se plaignent de maîtresses dans la vie de leur époux, moi c’est une passion pour une cause, la cause de la voiture électrique qui a été le coup fatal pour mon couple. Bref, je ne tarirai pas de récits pour vous raconter ces épisodes à la fois tristes, douloureux mais combien formateurs, oui de l’expérience j’en tire énormément. C’est MON chemin de croix, je me permets d’emprunter cette expression des saintes écritures; et pour ceux qui le savent lors d’un chemin de croix, il y’a des railleries, des chutes, des moqueries, des blessures, de l’agonie et même le sentiment de mort, de perte …non à une mort physique… oh que non, la vie est la vie et elle mérite d’être vécue pleinement! Il est peut-être juste temps de quitter certaines choses ou personnes qu’il est peut-être temps de laisser partir et sortir de ma vie et ce pour le mieux (…)

Chemin d’immigration du bonheur et aussi des embûches

Que ne rencontrerons-nous pas sur ce chemin d’immigration? La fébrilité de tout début peut facilement devenir nostalgie de l’isolement; l’euphorie de l’arrivée sur la terre des promesses peut prendre le visage du deuil et offrir des larmes de peur et d’insécurité; la foi peut perdre son regard lumineux et faire place au doute et sa robe sombre de la perte de l’estime de soi; l’espérance le moteur qui nous fait avancer sur la terre d’accueil contre vents et marrés peut perdre du souffle et éteindre ses lanternes du focus; enfin même l’amour la plus grande vertus théologale peut prendre le visage de la méchanceté, de la trahison et de l’abandon et nous livrer aux mains insatiable du vautour mangeur de chair et de vie(…) Mais ne perdons jamais de vue que notre vie comme immigrant est un navire et nous sommes l’unique marin, ne remettons pas les clés de notre navire à personne, elles nous appartiennent. Et chaque action que nous posons, doit être faite parce qu’elle nous permet d’avancer un pas à la fois vers notre but; CRÉER une meilleure version de la merveilleuse personne que nous sommes déjà! Cette personne venue d’ailleurs et qui a choisi le Québec pour lui offrir son plein potentiel. Et personne ne doit nous en faire douter de notre capacité à le faire.

Comme dit cette citation que j’écris de nouveau : “Vous n’avez rien à craindre car l’échec est impossible.Vous ne pouvez qu’apprendre, évoluer et devenir meilleure que vous ne l’avez jamais”

Elvire
Originaire d'Abidjan en Côte d'Ivoire, Elvire a débarqué au Québec il y a 10 ans par les voies de l'amour et du parrainage (regroupement familial). Cette immigrante d'Afrique de l'ouest s'est mariée à un Québécois de souche et habite maintenant avec lui et leurs enfants dans la ville de Trois-Rivières. Femme d'action, elle nous parle de parrainage, de l'Afrique au Québec et aussi d'entreprenariat.
http://www.immigrer.com

Commentaires sur “Immigration, mon divorce a été le revers de la médaille

  1. Je suis vraiment touché par ton histoire personnelle. J’ai eu un grand intérêt à te lire car je suis présentement dans le pain Goyo comme on le dis dans le nouchi à Abidjan. Autrement dit, je m’apprête bientôt à divorcer et j’accepte tout ce qui arrive dans la vie. Il faut qu’une porte se ferme avant qu,une autre s’ouvre. Donc, ne te laisse pas affaibli par cette situation; in fait la vie avec car tu n’est pas seule dans dans une telle situation. Il faut restée positive malgré tout. Je partage ton chagrin.

  2. Courage dans cette situation difficile, mais tu peux être fière de ton parcours et ne pas baisser les bras.Qui sait les problèmes finissent parfois par se resoudrent.10 ans de mariage ce n est pas rien.Si tu es croyante confie tes soucis à Dieu.

  3. Vraiment triste de lire ton message.
    Immigrant aussi, je me rend compte des dommages que subit mon couple, dans ma volonté de bien s’intégrer je me suis investit totalement écoles, travail tellement que quelque part dans ce processus j’ai perdu partiellement mon épouse… Je me bat actuellement pour mon couple et cela demande donc de lacher la bride de l’autres côté.. Immigration, intégration et famille mal géré ca peut briser une famille !!!

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