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Chibougamau Le temps est venu…

Chibougamau

Le temps est venu de clôturer le chapitre Chibougamau. Un an a passé, nous ne sommes plus à proprement parler de nouveaux immigrants : nous avons intégré notre nouveau pays et nos repères sont désormais ici. Dans ce vase clos du Nord québécois, où nous vivons à l’abri grâce à des petits boulots douillets et bien payés, un sentiment d’angoisse et de vide se fait sentir,
sans doute exacerbé par l’éloignement et la solitude de la région. Pas un instant, nous n’avons pensé à faire demi-tour et rentrer en Europe. Plus que jamais, nous sommes habités par l’envie de bouger, la volonté de surmonter les obstacles, l’attrait de l’inconnu, des difficultés, un besoin de s’arracher au conditionnement, la faim de tout voir, tout comprendre, tout connaître. Tout. Le plus beau comme le plus laid.

Puisque nous allons partir, aujourd’hui, je m’interroge. qu’est ce qui va me manquer ?

– Vivre au quotidien dans un décor de carte postale
– Quitter la maison à 7H57 pour arriver au boulot à 8H02 et n’avoir que 2 minutes de retard
– N’avoir aucun concurrent sur le marché du travail et être le seul à
appliquer sur un poste
– Quelques amis attachants qui ne peuvent parler que de chasse et de pêche et de truites grises et de bois.
– Des rencontres inopportunes avec mère ourse noire quand je m’éloigne un peu trop de la maison avec mon bicycle.
– L’eau délicieuse des lacs en été quand on a très soif, que seuls quelques indiens cris ont goûté avant moi.
– Le petit journal local qui parle des derniers chiens qui se sont fait
dévorés par les loups et du trophée de pêche qui a été remporté par la mère de mon voisin.

Et maintenant, voici ce qui ne me manquera pas. du tout :

– 2 imbéciles de policiers pourris, qui pourtant mangent du poisson frais et respirent le grand air, mais dont la taille du cerveau ne dépasse pas celle d’un bleuet.
– Les étalages vides des épiceries, réduisant notre alimentation quotidienne à des pâtes la plupart du temps.
– Les restos, ou plutôt le manque de restos puisque le mets le plus fin que
proposent les quelques troquets est la poutine.
– L’absence totale d’ethnies qui contribueraient indubitablement à une
certaine richesse.
– Le fait d’être perçu comme un alien venu d’une autre planète dès qu’on ouvre la bouche pour la première fois.
– Répondre sans cesse aux mêmes questions : « non, notre langue maternelle est le français, même si on le parle mal, cette langue existe aussi ailleurs qu’au Québec » et « non on est pas venus en voiture depuis notre pays. »
– Les mêmes visages tous les jours des gens qui connaissent déjà tout de vous alors que vous ne leur avez jamais adressé la parole, les cancans et mémérages.
– Le racisme très marqué envers les Indiens dont les blancs sont très jaloux et l’absence totale de communication et de compréhension entre les 2 communautés qui cohabitent.
– Les tempêtes de neige le 15 mai.

C’est excitant de penser que dans un mois, on remet ça. Et cette fois le voyage sera encore plus long puisqu’il faudra une semaine pour rejoindre l’ouest.

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