Bilan de mes 10 ans au Québec - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Bilan de mes 10 ans au Québec

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De Vista

Le 31 mars 2014, j’ai fêté 10 ans de Québec.

10 ans qui se résument grossièrement comme suit : 3 ans de galère totale, 4 ans où les choses se replacent tranquillement, et 2 ans où tout va bien dans le meilleur des mondes.

3 ans et demi de galère : 2004-2005-2006-mi 2007
– diplôme non reconnu (Maîtrise en chimie et DESS en sécurité industrielle)
– accumulation de jobines, dont emballeur, manutentionnaire, commis de dépanneur (2 ans de nuit), commis à l’inventaire, etc…
– difficulté d’adaptation au mode de vie
– choix personnels douteux sur le lieu de vie
– accidents de vie en série (perte des économies, arnaque par un « organisme d’aide« aux immigrants, inondation du logement, décès dans la famille, décès parmi les proches)
– isolement social car incapable d’assumer à la face du monde le merdier dans lequel je m’étais fourré.

4 ans qui se replacent : mi 2007-2008-2009- 2010
– reprise des études pour refaire une maîtrise de chimie sauce Québec
– 1er emploi dans mon domaine (temporaire au gouvernement)
– des finances qui se stabilisent
– une situation personnelle qui se décante avec une séparation à la clé, pour le mieux.

3 ans de bonheur : 2011-2012-2013
– job permanent dans mon domaine
– rencontre avec ma québécoise
– achat de la maison
– naissance du bébé
– etc…

2014 s’enligne sur les 3 précédentes.

Divers constats :
– mes 5 premières années, j’ai gardé en tête l’idée de rentrer en France. Idée renforcée par la tournure des événements. À partir du moment où j’ai senti que je voulais vraiment m’installer ici et y rester pour toujours, les choses sont devenues très très simples et tout a débloqué. Les freins qu’on se met sont souvent plus forts que ceux que le monde nous met.

– le fait que je sois encore là malgré les galères du début témoigne d’un entêtement suicidaire qui aurait pu (j’en suis conscient) me couter très cher. Je ne voulais tout simplement pas rentrer sur un échec et donner raison aux augures qui m’avaient prédit un plantage intégral.

– je suis profondément asocial. Je n’ai aucun besoin d’avoir des amis. Mes connaissances et mes collègues me suffisent. Je ne me suis pas fait de vrais amis depuis 1997. Ce n’est pas pour moi un facteur de stabilité émotionnel. Ici, j’ai des bonnes connaissances, que je vois avec plaisir le temps d’un repas, mais pas d’amis. Je trouve difficile de créer des liens avec des québécois. C’est du autant à ma personnalité réservée qu’au contexte socioculturel.

– heureusement que j’ai rencontré une québécoise. Bien que j’avais déjà décidé de rester vivre au Québec avant, ça n’a fait que solidifier mes racines. En rencontrant ma québécoise, j’ai aussi trouvé une famille sur place.

– je ne regrette pas une seconde d’avoir immigré malgré les difficultés. Il est facile d’oublier les galères une fois l’orage passé, mais je sais d’où je viens et ce que j’ai du faire pour y arriver. J’ai pu tester mes limites dans de très nombreux domaines depuis que je suis ici.

– je me détache de la France. Je suis inscrit sur les listes électorales, et je votais d’ici jusqu’en 2008 (quand je pensais peut-être rentrer). Depuis que je me suis fixé et que je vote au Québec, j’ai décroché. Je regarde ce qui se passe en France de loin et avec un peu de peine tant je trouve que la situation ne va pas en s’améliorant. Pourtant je reste fier d’être français et je ferai tout mon possible pour transmettre à mon fils mon amour de ma patrie d’origine.

– j’ai arrêté depuis longtemps de tout comparer, ce qui est assurément un facteur essentiel de bonheur. Je vis avec les avantages et inconvénients du Québec, je les ai fait mien. Je me bats pour l’amélioration des délais aux urgences, mais je les accepte sans chialer que c’était mieux en France, je n’achète pas mes légumes en me disant « ça coutait tant là bas », et je ne compare pas l’état des autoroutes. Bref, pays différents, problèmes différents. J’aime et je vaux améliorer le Québec, mais je n’en ferai jamais une petite France.

– la seule et unique chose qui me chicotte encore par rapport à la France : ma mère, seule famille proche. Pour l’instant elle peut prendre l’avion pour venir régulièrement, mais que se passera-t-il plus tard?

Voilà.

Un bilan somme toute positif pour moi.

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