Un épisode nuageux de l’immigration : le dernier au revoir d’un proche. - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
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Un épisode nuageux de l’immigration : le dernier au revoir d’un proche.

Au début, j’avais prévu d’écrire une chronique sur la pêche à la truite au Nord du Lac Saint-Jean, un sujet léger, plutôt dépaysant. Hélas un évènement familial a bouleversé l’objet de ma chronique.
L’immigration apporte son lot de moments agréables, mais aussi son lot de désagréments. Le fameux revers de la médaille ! C’est la règle du jeu, il faut l’accepter, mais surtout la digérer. L’immigration apporte certains inconvénients logistiques, que l’on évacue lorsque que l’on quitte son pays, mais qui nous rattrapent lors d’un tel évènement.

Vendredi, j’ai appris le décès de mon grand-père. Il était malade depuis juin 2007, je l’avais d’ailleurs relaté dans une de mes chroniques. Depuis trois semaines, nouvelle dégradation de sa santé. Le diagnostique était : il ne s’en remettra pas, mais nous prenons les mesures nécessaires pour qu’il ne souffre le moins possible ! Je m’attendais donc à recevoir une mauvaise nouvelle.
Je ne peux pas dire que je suis effondré, car la douleur lancinante était déjà passée par là lorsque j’avais appris les premières évolutions irréversibles de son état de santé. Lorsqu’un proche perd l’usage de la communication avec son entourage c’est déjà un drame en soit, alors si en plus nous savons qu’il souffre… Au moins là où il est il ne souffre plus !
Cette nouvelle a surtout déclenché une vaste réflexion et un sacré bordel dans ma tête ! Un sentiment d’impuissance, la crainte de regretter un jour mon absence avec la famille qui vivent ensemble cet évènement, l’appréhension que mon deuil soit incomplet du fait de la distance… Je ne sais pas comment je vais vivre cela durant les prochain mois, je ne mesure pas les contrecoups. Par contre je sais que lors de mon prochain retour en France en juin 2011, ce ne sera plus pareil. Une chaise restera inoccupée.
Vous savez : ne plus être confronté régulièrement à tout un pan de son histoire vécue au sein de ceux qui vous a vu grandir en France, vous éloigne d’eux dans votre quotidien. À tel point que parfois j’ai l’impression que ceux-ci sortent de mon imaginaire. Une chance que le téléphone me raccroche à la réalité.
C’est triste à dire mais ma routine restera inchangée puisque je ne voyais déjà plus, mon grand-père. Comment réaliser la perte d’un être cher lorsqu’il est absent de mon quotidien ? Par contre à mon retour en France….
Pour le moment, je mesure surtout l’éloignement. J’aimerais tant être auprès des miens. Un de mes collègues de travail m’a lancé : va les rejoindre ! Je ne vais pas effectuer la traversée à deux jours de délais, pour rester 3 jours sur place pour un retour dans ces conditions. Ce serait un peu comme une amie qui a appris qu’elle était enceinte alors qu’elle et sa famille était endeuillé de son frère… C’est délicat de mélanger joie et tristesse. Je suis quasiment soulagé que je ne rentrerai pas à Noël en France. De plus, si je commence à assister à chaque enterrement d’un être cher, cela risque de finir par devenir excessif.

Afin de moindrement compenser mon absence, j’ai écrit un texte relatant mes souvenirs avec mon grand-père. Malgré nos personnalités respectives différentes, j’ai toujours été en admiration face à cet homme représentant la mémoire de l’histoire. Lui aussi à participé au façonnage de mon âme.
Le texte en question a été lu lors de la cérémonie. Ceci a été fort apprécié, surtout de mes parents qui ont l’air d’être plus peinés que les autres du fait de mon absence. Est-ce le fait qu’ils réalisent que ce ne sera pas la dernière fois que cela va se produire.
Comme je l’ai déjà écrit, immigrer c’est être un peu égoïste, aujourd’hui j’ai en plus l’impression d’être un déserteur !
La situation présente me rappelle qu’il faut profiter du temps qu’il nous est offert avec notre famille car ces moments là ne sont pas éternelles. Contrairement à une famille traditionnelle qui se voit mettons une fois aux quinze jours, nous nous voyons quinze jours par ans ! Mais nos rencontres sont d’autant plus intances où chaque instants sont savourés tel un élixir de jouvence ! Finalement, notre situation est simplement différente des autres familles.
Bref, tout cela pour dire qu’un deuil à distance brasse les pensées dans ma tête.

Jusqu’à maintenant, j’estime que j’ai été épargné par la mortalité autour de moi. Or cette fin d’année sera plutôt marquante. En effet, ajouté à mon grand-père, le 21 septembre, une de mes amies, 29 ans, s’est enlevé la vie. Dur coup sur le moral, encore maintenant j’ai de la misère à y croire.

Tout au long de notre vie, nous croisons des milliers de personnes. Quelques centaines feront un bout de chemin avec nous, parfois en pointillés. Peut-être une centaine seront particulièrement actrices de notre vie. Mais combien bouleverseront à jamais notre vie, dont leur impact sera indéniable pour quiconque qui lit l’histoire de notre vie ? Mise à part la famille proche, si je prends mon cas, aucune ne me vient à l’esprit, mais il est certain, qu’il en existe moins de 10 et je suis conservateur….

Julie en faisait partie !
Première Québécoise qui m’a fait découvrir les grands espaces Québécois en 2003.
Elle m’a fait connaître toute une gang de gens formidables.
Elle m’a permis de m’installer au Lac Saint-Jean, en me transmettant une offre d’emplois.
Elle m’a trouvé mon premier logement.
Elle et son chum m’ont encouragé dans les moments difficiles.
Il est donc certain que sans elle, je ne serais pas ici actuellement !

Et pour faire un lien avec l’immigration, on ne vous le dit jamais assez. Élargissez vos horizons. Soyez ouverts aux rencontres vous ne saurez jamais où cela vous mènera.

Ma chronique me parait aussi décousue que me pensées qui s’entrechoquent et ressortent toutes croches.

Maxime Dudit et Julie Lavoie, cette chronique vous est dédiée.

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