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Sois poli avec la dame.

Quelques mois en arrière, le sujet du respect et de la tolérance avait été soulevé par un chroniqueur s’intéressant au rugby (!). Cette chronique avait amené de nombreux messages sur le forum. Tout le monde s’accordait sur cette grande qualité humaine qu’ont les canadiens : le respect des autres.

Certains feraient passer celà pour une forme d’indifférence qui évite finalement de rentrer réellement en contact avec son prochain. Peut-être dans une grande cité, mais dans une ville de région, franchement c’est difficilement croyable. On a parlé aussi de tolérance et chacun avait amené des arguments dans le sens du respect comme dans celui de la tolérance.

C’est vrai aussi que le Canada bénéficie d’un capital sympathie important dans de nombreux pays. Certes c’est une image, mais tout ceci prend ses racines dans des faits réels, dans la rencontre des gens et des peuples.

Il y a quelques semaines, je me suis trouvé bien surpris de découvrir l’ouvrage de Carolle Simard, « Cette impolitesse qui nous distingue ». Cette professeure de l’UQAM soulève de nombreux problèmes de langages et de comportements apparus chez les nouvelles générations (ah ! ces nouvelles générations !!). Elle se penche notamment sur des symptômes « inquiétants » comme le port de la casquette (de baseball ?) à tout-va (même en cours ou lors d’un entretien d’embauche)…. les manières à table ou dans le metro (ceux qui ont vu des gens déjeuner le matin dans les rames du métro savent peut-être de quoi elle veut parler en matière de sans-gène)….. parfois les bousculades dans certains lieux (sans s’excuser), ce qui correspond plus à une attitude du « c’est mon trottoir, c’est moi, ma personne, c’est mon passage et ma ligne droite ».,, la goujaterie sous prétexte de l’égalité des sexes…. sans oublier le tutoiement.

Moi qui pensais que le tutoiement provenait essentiellement d’un parallele avec le « you » anglais qui ne distingue pas vraiment le « tu » et le « vous », il semblerait plutôt que ce soit un héritage de la révolution tranquille. Le vouvoiement était la règle il n’y a pas si longtemps mais le « tu » s’est généralisé au Québec. De plus les structures sociales et les modèles de relations d’autorités ont bien sauté à ce moment là. Les codes d’usages transmis ont alors été remplacé par quoi ?? mystère ?

A grand coup d’exemples frappant, elle démontre les problèmes relationnels que celà peut engendrer. Pourtant, nous en avons parlé de temps à autres sur le forum. Le « tu » permet de lever aussi bien des barrières et facilite par exemple les relations entre employés…. et avec le boss. Mais est-il normal d’envoyer balader son patron ou un inconnu en le tutoyant ? ce n’est pas si facile d’injurier quelqu’un en le vouvoyant !!

S’agit-il d’un relâchement des comportements ? Le problème n’est pas tant dans l’emploi du « tu ». Il semblerait que les générations précédentes aient appris à distinguer les situations ou elles pouvaient utiliser le « tu » et le moment ou elles devaient employer le « vous ». L’auteure s’alerte -à raison- de ce que les nouvelles générations n’aient même pas appris à faire cette distinction. Elles ne sauront donc même pas agir autrement, puisqu’on ne leur aura pas transmis ce savoir-faire. Ils ont de plus en plus tendance à ne pas pouvoir se réfréner, deviennent arrogant face à tout obstacle qui se dresse devant eux.

Carolle Simard arrive à la conclusion que les générations les plus récentes ont pris très bien conscience du fait que les générations précédentes et le système ont baissé les bras en masse. Cette gérération a vite appris à franchir des limites qu’on ne leur a pas montré. L’idée du bon exemple est-elle démodée ? On dit que la politesse n’est presque rien, mais peut-on se passer de presque rien ?

Fondamentalement, les québécois sont des nord-américains. Le mauvais point est que la nouvelle génération semble se comporter comme le grand voisin du sud qui n’est pas spécialement réputé pour la finesse de sa population et son savoir-vivre. Sans forcer la généralité, on peut distinguer statistiquement des types de comportements, et c’est la molesse et la familiarité qui ressort dans cette étude.

Je mettrais un bémol tout de même à l’opinion de l’auteure du livre. Nous trouvons tous que la société ici est d’une douceur bien plus grande que dans certains de nos pays d’origine. Les gens y sont plus amicaux et on s’y sent plus à l’aise, plus en sécurité. Alors le cri d’alarme de Madame Simard peut nous parraître démesuré. D’un autre côté, je me dis que si elle a constaté une telle érosion de la politesse, le Québec devait être plus qu’un paradis relationnel il y a 30 ans !! Vu le climat social de l’autre côté de l’océan, ses exemples me font sourire. Le changement est-il superficiel ou profond ? Il est tout de même bon que des gens se lèvent suffisamment tôt pour dire « eh, nous prenons un chemin glissant, il est encore temps de corriger le tir ».

Je ne fais que relater une partie des idées contenues dans cette étude. N’allez pas en déduire que c’est ma propre opinion et que je crache dans la soupe. Ma vision personnelle se construit depuis mon arrivée, au fil du temps et de mon vécu. Mais ces recherches sur le sujet m’ont suffisamment étonné pour que je vous en fasse part. Après tout, mon rôle de chroniqueur m’impose aussi d’apporter de l’eau au moulin de votre propre réflexion en mouvement.

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