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La paix des mondes

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À l’instar de la Guerre des Mondes de H.G. Wells, je voudrai vous parler de la rencontre de deux mondes. Mais pas d’une guerre, plutôt d’un dialogue entre les mondes québécois et immigrant. Dans cette chronique, je regarderai cette communication sur un plan psychologique que je porterai sur un plan sociologique dans le prochain billet.

Au-delà du défi qu’est l’immigration pour le Québec – qui, en tant que collectivité, attend de ses élus les moyens de le relever – c’est la gestion au quotidien, entre personnes et ce, partout au Québec que se joue également cet enjeu. En effet, l’infinité des interactions quotidiennes qu’offrent le travail, le bénévolat, l’école, l’épicerie, les 5 à 7 ou encore le bout de chemin assis côte à côte dans l’autobus permettent la rencontre, presqu’intime, de deux mondes intérieurs (celui du québécois et celui de l’immigrant).

L’autre, en me parlant, m’informe immédiatement de sa façon de voir les choses. Mais ce flot d’informations n’est pas objectivement reçu : il est subjectivement traité. C’est-à-dire que je l’interprète, l’analyse et le comprend en fonction de ma propre façon de voir les choses. La manière dont j’accueille l’information envoyée est donc fonction de mon éducation, de mon environnement et de mes expériences personnelles. À l’extrême, il existe donc autant de manières d’accueillir de l’information qu’il existe d’individus pour en recevoir. L’autre est donc en quelque sorte un miroir me renvoyant mon propre reflet. En effet, par ma réaction à ses propos, j’indique la position de mes valeurs et les limites précises de mes principes, bref quelle est mon identité. L’avantage avec ce processus est qu’il est un puissant outil de validation permettant aux gens de se re-unir/connaître sous une identité commune. Son inconvénient est qu’il est subordonné à l’interprétation subjective du reflet qui m’est renvoyé : si ce que l’autre me renvoie ne me plaît pas – pour x raisons – je peux donc décider de cesser la communication alors que, peut-être, ce n’est pas tant ce que dit l’autre qui ne me plaît pas. C’est peut-être qu’il me reflète une partie de moi qui ne me plaît pas.

Un collègue conseiller d’orientation (c.o.), rencontré récemment avec d’autres à Montréal, a bien résumé les enjeux de l’immigration dans notre pratique : « contribuer et continuer à aider sans nier et sans se renier ». Sans nier, c’est-à-dire en respectant l’autre monde qui vient à soi. Et sans se renier, c’est-à-dire sans oublier de respecter son propre monde en soi. À titre de c.o. néo-québécois, il est évident que ce discours m’a interpellé, ayant pied dans deux mondes à la fois.

Cette chronique est donc une sorte de partage de nos expériences et observations d’intervenant. Justement parce que basée sur nos expériences d’humains, ces dernières ne constituent donc pas des vérités. Et parce qu’elles se sont construites en majorité avec ces clientèles, elles ne concernent essentiellement que l’immigration originaire d’Amérique du Sud ou d’Afrique. Par avance, merci donc chers québécois et chers immigrants de tenir compte de ces petits points de détail durant votre lecture.

Commençons par les rites sociaux de premier contact. Au Québec, le rite de contact typique est celui de la température. Un thème à saveur particulière au Québec car la météo définit significativement la vie et activités de chacun. Le secret pour passer haut la main ce rite est donc d’avoir le bon punch qui pourrait se décliner en trois actes.

Premier acte : lors du contact, être la première personne à parler de la température qu’il fait en ce moment. Ex : « c’est fou ce 8°C un lundi matin de janvier hein ! ». Avec l’hiver doux de cette année, ce ne sont pas les occasions qui manquent pour lancer une remarque sur la température qui permettra de casser la glace – facile, le jeu de mots – avec votre interlocuteur québécois. Avec, en plus, plusieurs variations sur le même thème. Exemples :
– il fait frette en ostie (genre -25°C)
– dangereuse toute cette glace sur les routes à matin hein !
– ça n’a pas de bon sang toute neige qui est tombée durant la nuit, etc ….

Deuxième acte : si vous avez le malheur de ne pas être arrivé le premier et que vous tombez dans une conversation matinale déjà entamée sur la météo entre deux québécois, ne vous inquiétez pas, vous conservez encore vos chances de remporter la palme. Sortez votre seconde carte : la fin de semaine. Illustration : « oui, il fait frette en ostie à matin et ils annoncent encore plus frette pour la fin de semaine ! ». Et là encore, les variations ne manquent pas. Exemples : « oui, il fait frette en ostie à matin ….
– …. mais ils annoncent un petit 0°C en fin de semaine, pas si pire
– …. mais au moins on aura droit au soleil durant toute la fin de semaine
– …. mais au moins, on a eu une belle fin de semaine pour compenser hein ».

Troisième acte : si deux personnes ont déjà utilisé les deux premiers arguments pour assurer leur succès dans ce rite de contact, rassurez-vous, il vous reste une cartouche. Mais c’est la dernière. Quand la première aura parlé de la température à l’extérieur et que la seconde aura parlé de la fin de semaine, faites une comparaison avec l’année dernière. Exemple :
Jean : pas chaud à matin hein gang : il fait – 20°C !
Julie : mets-en : au moins, on aura un beau gros soleil en fin de semaine, j’ai ben hâte !
Vous : …. Et encore, on est chanceux : l’an dernier, à la même période, on avait eu droit à du verglas pendant une dizaine de jours !

J’ai pris l’hiver comme saison pour illustrer le rite de contact mais vous pouvez le transposer sans problème aux trois autres saisons. Exemples :
– (printemps) : « me semble que l’hiver s’accroche cette année …. »
– (été) : « maudit chu pu capable cette humidité ! »
– (automne) : « hey, c’est assez beau ces couleurs dans les arbres »

Pas pire hein ? Vous voilà équipés en stock de petites phrases pour préparer le terrain de votre conversation avec ce semi-professionnel de la météo qu’est le québécois.

Du côté de l’immigrant – petit rappel : cela concerne surtout les immigrants en provenance d’Amérique du Sud ou d’Afrique – le rite de contact s’effectue sur un autre plan. Autant le rite de la température se joue sur une note anodine de la simple amicalité, autant le rite de l’immigrant semble se jouer sur une note beaucoup plus affective. Ainsi, j’ai remarqué qu’au lieu de rentrer rapidement dans l’objet de la rencontre de manière formelle avec mon client immigrant, je l’aborde souvent sur le registre personnel. Exemple : « Cela fait combien de temps que vous êtes au Québec ? / Aimez-vous cela ? / L’hiver n’est pas trop dur à supporter ? / Êtes-vous ici seul ou avec votre famille ? / Vous êtes venus avec votre famille : avez-vous des enfants ? Quel âge ont-ils ? Comment s’appellent-ils ? Et l’école ici, ils aiment ça ? Et vous, comment cela se passe ? ». Au début, j’optais souvent des questions ouvertes (celles où l’interlocuteur ne peut me répondre simplement par oui ou par non) pour inviter la personne à échanger. Mais j’ai remarqué que l’immigrant en francisation vit souvent de la gêne à s’exprimer en français car il a honte de son niveau (fort accent, parle lentement, mauvais choix de mots) : d’invitation respectueuse, la question ouverte devient alors une source potentielle d’humiliation. J’alterne alors entre questions ouvertes et questions fermées.

Bien sûr, la nature de mon travail – et la couleur de ma peau dans une certaine mesure – me facilite bien la tâche quand je rentre en communication avec l’immigrant en face de moi. Il est donc plus difficile d’entamer une telle discussion autour de la machine à café dans la salle de repos où se trouvent d’autres collègues de travail. Mais c’est justement ceci qu’il faut saisir : l’établissement de rapports sociaux sur un plan plus affectif ne se soucie guère du contexte. En Occident, les codes sociaux prévoient l’attitude à adopter en fonction du contexte, le tout pouvant cependant s’agrémenter de quelques formules de politesse quand il s’agit de la sphère publique en relation professionnelle.

Par exemple, lorsque je suis allé renouveler mon permis de conduire à la SAAQ, mon entretien avec l’agente qui s’est occupée de moi s’est passé, en gros, comme suit :
Moi : allo, je viens pour renouveler mon permis de conduire
Agente : parfait, pouvez-vous me donner votre permis s’il vous plaît [ ….]
Moi : merci beaucoup, bonne fin de journée !
Agente : bienvenue, vous aussi !

Fin de l’interaction. Rapide, à l’essentiel avec juste la dose de politesse suffisante pour que le contact soit agréable pour tous les deux sans rentrer dans la bulle de l’autre. Techniquement, moi usager, avoir permis à renouveler, elle agente qui a donc procédé. Au suivant !

Pour beaucoup d’immigrants, le contact, même professionnel, s’opère sur un mode plus intime exprimant un souci – certes limité dans le temps mais profondément présent le temps justement qu’il dure – reflétant le désir de considérer l’autre dans sa globalité (individu, famille, membre d’une communauté) plutôt que de l’aborder comme le client/usager dans une catégorie définie (détenteur d’un permis de conduire à renouveler). Voici l’exemple de Denise[1], secrétaire dans un service d’orientation d’un cégep en Montérégie et Bara, immigrant ivoirien, venu prendre rendez-vous avec un c.o. :
Bara : bonjour Madame, est-ce que vous allez bien ?
Denise : oui, je vais très bien merci, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
Bara : c’est une belle journée aujourd’hui, n’est-ce pas madame ? Ça fait du bien !
Denise : heu …. oui, c’est une belle journée, mais ….
Bara : excusez-moi, mais je vois que vous avez une photo de votre famille sur votre bureau. Est-ce que sont vos enfants ? Ils sont tellement beaux : ce qui est normal avec le sourire que vous avez !
Denise : [coudonc, yé tu en train de me cruiser lui là ?] excusez-moi monsieur mais pourrai-je savoir ce que je peux faire pour vous ?

Évidemment, Bara n’avait aucune arrière-pensée concernant Denise : il ne faisait qu’appliquer le code social qu’il a appris dans sa culture alors que Denise s’est sentie déstabilisée car Bara ne respectait pas la procédure habituelle de son code social qu’elle a appris, elle. Et n’oublions pas le contexte : cette discussion a eu lieu au Québec en contexte public. Si nous avions été en Côte d’Ivoire chez Bara, très probablement que Denise se serait rapidement dit que c’est ainsi que ça marche ici ou si tous deux avaient fait connaissance dans un souper en contexte privé, elle ne se serait probablement pas offusquée outre mesure.

Cette approche affective dans le contact peut se répercuter plus loin dans la relation. Jérémie, un ami c.o. à Montréal, me racontait une anecdote vécue l’an passé avec Herón, un immigrant d’origine cubaine avec qui il s’est lié d’amitié. Pour Jérémie, une preuve de l’affection qu’il porte à son entourage est de faire preuve de sincérité avec eux : c’est l’idée d’être accepté tel qu’on est par ceux qu’on aime. Un soir, Herón l’appelle pour lui proposer d’aller prendre un verre pour le simple plaisir : Jérémie s’excuse mais décline l’invitation car « il doit absolument faire un peu de ménage chez lui ». Le ton d’Herón change subitement alors mais il n’en dit rien.
Quelques temps plus tard, c’est Jérémie qui appelle Herón pour lui proposer de prendre un verre : là aussi, Herón doit décliner l’offre car « il attend ce soir un appel très important de sa mère à Cuba qui est très malade ». Devant un tel motif, Jérémie lui répond alors qu’il n’y a aucun problème et qu’ils se reprendront plus tard. Or, le soir même, Jérémie est tout surpris de croiser Herón dans un café sur la rue St-Denis. Une discussion entre les deux amis a mis en relief une différence culturelle : si Jérémie base son affection sur la sincérité et l’authenticité (se dire les vraies affaires), Herón pour ne pas blesser son ami qu’il aime beaucoup aussi, préfère inventer un prétexte plutôt que de lui dire la vérité (ici en l’occurrence : aller lire seule dans un café).

Autrement dit, ce qu’il faut y décoder – car il s’agit réellement de cela – c’est que plus Herón donne une raison majeure (sa maman à Cuba qui est très malade), plus il démontre l’importance de l’amitié de Jérémie dans sa vie. Dans le monde d’Herón, ce n’est techniquement pas un mensonge qu’il a raconté à son ami. Il a plutôt fait preuve d’une grande politesse envers Jérémie car la « grosseur » de la raison invoquée est proportionnelle à la confiance qu’il a en son ami québécois. D’où également le changement de ton d’Herón lorsque Jérémie lui a dit qu’il préférait faire du ménage plutôt que d’aller prendre un verre avec Herón …. qui s’est alors sentie blessé de passer après une tâche ménagère !

Cette anecdote est un très bon exemple de différence culturelle où le tort n’est sur personne car si la valeur en jeu ici – l’amitié – est un concept universel, son contenu, lui, peut varier grandement d’une culture à l’autre. Cette variation de contenu, tant Jérémie qu’Herón l’ont mesuré dans le reflet de soi que l’autre lui a renvoyé. Et c’est en se parlant qu’ils ont alors pu ajuster l’interprétation que chacun a fait dudit reflet. Merci messieurs !

Dans le même registre affectif, j’ai remarqué qu’il était tout simplement inutile de demander à mes clients immigrants d’arriver à l’heure au prochain rendez-vous « parce que la ponctualité est signe de respect au Québec ». En Nouvelle-Calédonie, là d’où je viens, il existe une expression qui dit que « ici, on n’a pas l’heure, mais on a le temps » signifiant que la ponctualité est un concept « de blanc » n’ayant que peu de sens sous les cocotiers. Celles et ceux provenant ou ayant vécu en milieu insulaire (ex : Polynésie, Réunion, Antilles) pourraient certainement confirmer cette mentalité. Mentalité qui a d’ailleurs, toutes proportions gardées, son équivalent québécois avec le fameux « à un moment donné », qualificatif par excellence d’un engagement formalisable uniquement dans une temporalité très approximative (ex : « ouais, je vais sortir les vidanges …. à un moment donné »).

Tout cela pour dire qu’il n’y a que peu de chances d’obtenir un quelconque engagement de la part d’un immigrant en invoquant la raison suprême que (ton solennel) « c’est comme cela que ça marche au Québec ». J’ai longtemps tenté cette approche avec un très très bon taux d’échec. Pour l’immigrant fraîchement débarqué, c’est insignifiant pour lui. Et vous aurez beau le traiter, lui l’immigrant, d’insignifiant, ça ne marchera pas. Il faut donc trouver quelque chose qui a une signification pour lui, qui fait un sens réel dans son monde à lui. À cet effet, au lieu donc de lui dire qu’il doit se présenter à son rendez-vous la semaine prochaine, je lui dis que je compte sur lui. Rappelez-vous que cet immigrant conçoit toute nouvelle relation sur un mode affectif : lui dire que c’est « comme cela que ça marche au Québec » revient à dépersonnaliser la relation en la réduisant à un simple processus administratif. Lui dire que vous comptez sur lui, c’est valoriser la relation entre lui et vous, c’est l’engager sur son sens de l’honneur plutôt que sur le sens de la discipline.

Ainsi, on peut en profiter pour défaire quelques idées reçues. Estelle, directrice d’un organisme communautaire pour immigrants à Drummondville, a eu l’occasion d’en faire l’expérience un jour. Un matin, elle entend un brouhaha inhabituel dans une des salles de l’organisme. Avant même qu’elle ne se lève, Nathalie, une conseillère en emploi, rentre dans son bureau et lui dit que Mr Brahim, immigrant d’origine marocaine, ne veut pas participer à la rencontre du groupe de recherche d’emploi. Nathalie dit alors à Estelle que son refus est certainement dû au fait qu’en tant qu’homme et chef de famille, il trouve difficile de se faire dire quoi et comment faire par une femme. Elle finit en disant que Mr Brahim souhaite d’ailleurs voir immédiatement « le directeur de l’organisme ».

Estelle, une québécoise à la cinquantaine bien trempée et qui a vu neigé, rassure la conseillère et se rend d’un pas rapide mais serein vers la salle en question. En la voyant, Mr Brahim l’accueille en lui disant : « excusez-moi madame mais je veux voir le directeur immédiatement ». Estelle lui répond qu’il l’a justement devant lui. Surpris, Mr Brahim se calme cependant très rapidement en entendant cela et demande à la voir dans son bureau, ce qu’Estelle accepte.

Dans le monde d’où vient Mr Brahim, une personne âgée et aux cheveux blancs est souvent associée à la sagesse et à l’expérience. Par ailleurs, ce type de personne occupe souvent un emploi de direction ou à responsabilité. Ainsi, sagesse et pouvoir sont généralement associés dans son monde où en outre, pour des raisons à la fois historique et sociologique, ce sont des hommes qui occupent ce type d’emploi. Ainsi, lorsque Mr Brahim a vu Estelle, il fût à la fois rassuré et surpris : rassuré car il voyait une personne sage à ses yeux grâce aux cheveux blancs d’Estelle et surpris car c’était une femme qui dirigeait l’organisme. Mais au final, tout ce qu’il a vu et conclut est que c’était cette femme qui avait le pouvoir ici et c’est tout ce qui lui importait. Là où je veux en venir avec cette merveilleuse anecdote est que Mr Brahim n’était pas du tout macho : il était persuadé que c’était un homme qui dirigeait l’organisme non pas parce que seul un homme pouvait le faire mais parce que dans son expérience, il n’avait vu que des hommes assumer cette responsabilité professionnelle. D’où sa surprise qui ne fût que temporaire d’ailleurs car le meilleur argument d’Estelle fût non pas sa voix ferme, ni son diplôme de second cycle en gestion, ni son expérience de vingt ans auprès des immigrants mais, vous l’aurez compris …. ses cheveux blancs !

Bien sûr, c’est l’immigrant qui vient s’installer au Québec et en plus, personne ne le force à venir ici. « À Rome, on fait comme les romains ». Ce sont donc aux immigrants et non aux québécois de faire des efforts de compréhension, d’observation des rites locaux et d’adaptation de leurs comportements en conséquence. Dans l’esprit je suis d’accord avec cette maxime même si elle ne laisse pas beaucoup de place aux nuances inévitables qu’implique toute relation humaine. On pourra donc toujours trouver des exceptions aux anecdotes que j’ai donné.

Plus encore, on ne peut évidemment pas en déduire que tous les immigrants sud-américains « mentent » pour ne pas blesser ou que ceux africains ne sont pas machos. Mes collègues et moi n’avons fait que partager nos expériences personnelles et n’avons pas la prétention de livrer une étude représentative tant de nos pratiques que des cultures immigrantes. C’est pour cela que je situe cette chronique au niveau, bien concret et immédiatement accessible à chacun d’entre nous au quotidien, de nos relations interpersonnelles où nous pouvons faire une différence et se rapprocher ainsi, un tout petit peu chaque jour, d’une société québécoise vivant en harmonie dans toutes ses composantes culturelles. Le plus souvent, ce ne sont pas de grands gestes qui sont nécessaires : connaître un mot ou deux dans la langue maternelle d’un collègue de travail immigrant peut suffire à éveiller en lui beaucoup d’émotions. Ou simplement de savoir la distinction entre hutus et tutsie quand vous vous promènerez dans un bois avec votre nouvelle amie d’origine rwandaise.

Ainsi, au-delà des discours de nos élus sur l’immigration, les moyens financiers et structurels offerts et les approches idéologiques avancées, il y a la réalité faite d’occasions qui nous tendent la main. Autant d’opportunités d’entendre et de décoder le monde de l’autre pour mieux le faire habiter près de notre monde. Bien sûr, cela prend de la patience, beaucoup de patience que certains québécois refuseront de fournir. Bien sûr aussi, beaucoup d’efforts seront également fournis en vain face à certains immigrants fermés autant à ouvrir leur monde qu’à entendre le monde d’en face. Mais comme l’a dit Gilles Vigneault je crois : « vaut mieux perdre un peu de temps que de perdre un pays ».

[1] J’ai attribué des prénoms fictifs pour préserver l’anonymat des personnes citées

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