Trop de divorces chez les maghrébins immigrants | S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Trop de divorces chez les maghrébins immigrants

Trop de divorces chez les maghrébins

Friendyyy
26-06-2007 à 22:02
À létranger, le malheur narrive jamais seul, le divorce coïncide souvent avec la période difficile, pour la plupart dentre eux durant les premières années de lémigration, au moment même où ils souffrent de léloignement familial, de lisolement et des affres de lexclusion.

Les couples se mettent dans une situation financière difficile, propice aux conflits conjugaux. Une fois sur le sol américain, le rêve croise la réalité du vécu quotidien. La nouvelle comptabilité échappe aux instruments danalyse sur lesquels, limmigrant a fondé son projet démigration. Parmi les surprises qui les attendent sont la non reconnaissance des diplômes, de lexpérience de travail à létranger et le retrait du nom de lépoux de lidentité de sa femme.
Yasmina, 32 ans, avait vendu tous ses bijoux et remit ses économies à son conjoint avant de quitter son pays natal. « Une fois au Canada, lors dune querelle, confie-t-elle, il ma dit : ferme ta gueule, cest grâce à moi que tu es ici et si tu nes pas contente, la porte ! Ses propos ont mis le feu dans ma tête, cétait impossible déteindre lincendie ensemble, il fallait que je parte. Je ne pouvais plus le supporter ». Le cas de Yasmina nest malheureusement pas une exception. En fait, 60 % des couples étrangers explosent dans les cinq premières années suivant leur arrivée au Canada. En terme de pourcentage, les Maghrébins sont bien placés. Ce nest pas vraiment une surprise. Il suffit de regarder autour de soi pour sen rendre compte. Les agents de limmigration ne cachent plus la vérité aux nouveaux arrivants qui assistent aux séances dinformations du ministère de limmigration du Québec.

L’intervention de l’Imam, de la mosquée Abou Bakr Essedik, n’a pas surpris les fidèles le dimanche 4 mai 2003 lorsqu’il a déclaré qu’il y a un grand problème lié au divorce. Entre midi et 17h00, dit-il, quinze personnes sont venues me voir pour le divorce, c’est trop ! ». Bénévole, Farid Mékideche a été témoin de plusieurs cas et son expérience est riche d’enseignements. Depuis 17 ans, plusieurs couples se sont séparés dans son entourage. Au début, confie-t-il, « je ne comprenais pas ce qui se passait, mais il fallait intervenir rapidement auprès des familles. La médiation était difficile, mais nécessaire.
Sur les 12 cas où j’ai eu à intervenir, un seul s’est soldé par un échec ». L’homme d’affaires montréalais, avait pensé former un comité de sages pour intervenir dans les affaires délicates touchant la communauté, mais il a été confronté à plusieurs obstacles. Il reconnaît lui-même que c’est difficile de convaincre les gens du bien fondé de son projet, cependant il ne désespère pas, en compagnie d’un Imam, il a rendu visite à une femme séparée, le but étant d’offrir des services de médiation pour elle et son époux. Mais l’accueil a été mouvementé : « Après les présentations, dit-t-il, la femme a menacé d’appeler la police si on ne repartait pas tout de suite ». Alors l’Imam m’a dit : « Je n’ai rien à faire ici, j’ai fait ce que je devais faire, nous partons maintenant ».

De leur côté, les associations communautaires se battent seules pour apporter un peu de réconfort aux personnes en difficulté. La plupart de ces associations, comme le Centre Culturel Algérien, le Regroupement des Marocains au Canada (RMC), le Regroupement des Algériens au Canada (RAC) ou encore les Services Sociaux à la Famille Musulmane du Québec (SSFMQ) sont privées de financement, elles vivent de dons.

Tout à refaire
Ce n’est pas facile pour les nouveaux immigrants de percer rapidement dans une société qui remet en cause tous les acquis obtenus au pays d’origine (formations, diplômes et expériences de travail). De plus, les immigrants ne sont pas habitués à la rigueur administrative, ni aux lois qu’ils ne connaissent pas bien. Une fois en Amérique du Nord, on les traite comme s’ils avaient grandi dans la culture occidentale. On reconnaît leurs torts, mais pas leurs acquis. Autant d’obstacles à l’intégration immédiate. C’est la période la plus critique estimée entre un et cinq ans où tout peut basculer dans la vie d’un couple. Dans un premier temps, ils doivent se contenter de la portion congrue de l’aide sociale et des allocations familiales en attendant d’intégrer le marché du travail. Pour faciliter leur adaptation, la majorité des nouveaux arrivants s’établissent parmi les leurs, dans un quartier à leur image. C’est dans les lieux publics, (parcs de jeux, magasins et marchés) qu’ils font connaissance avec des personnes issues de leur communauté. Et souvent, grâce aux enfants qui provoquent les rencontres. Au Canada, l’épouse prend conscience du rôle qu’elle peut jouer au sein de la société, du pouvoir et des privilèges de la femme dans la famille. Bien informée, elle pèse le pour et le contre avant de réagir, mais chose certaine, elle ne veut plus subir. L’image de réussite que lui renvoient les femmes célibataires issues de toutes les communautés renforce ses pensées et au risque de tout bouleverser, elle veut changer les rapports de force au foyer. Surpris, le mari ne voit pas les choses de la même façon. À partir de ce moment, le couple s’engage dans une aventure périlleuse.

Le cauchemar s’empare du rêve
Dans ces moments difficiles, tout sépare le couple, le coupable c’est toujours l’autre. La femme craque souvent en premier, coupée de ses racines après avoir tout abandonné derrière elle. Confrontée au choc culturel, un phénomène qui touche les nouveaux immigrants, elle a du mal à supporter l’éloignement. Les parents, les frères et soeurs manquent, entendre leur voix chaque semaine ne suffit pas à combler le vide ni à stopper les larmes. Enfermée dans un quartier nouveau où il faut tout réinventer et tout apprendre, rien ne la rattache à ce qu’elle a vu et connu dans son pays d’origine. Les moments de détente et de divertissement sont gâchés par les médias. La télévision n’apporte pas grand-chose, les faits divers dominent. L’actualité locale et internationale sont déprimantes et ne parlent que de violence. C’est la solitude totale. La plupart des femmes pleurent les premiers mois. Elles se sentent ignorées et parfois humiliées. Le manque d’affection et d’amour devant l’incompréhension du conjoint fait naître les premiers signes de désaccord. Les mauvais souvenirs du couple remontent à la surface. Chacun accuse l’autre de l’avoir entraîné dans une aventure insensée. Tout éclate devant les enfants qui ne savent plus vers qui se tourner. C’est le début du processus infernal qui mène à la séparation, il est insupportable.

La séparation du couple
La situation s’envenime entre les époux, l’homme tremble lorsque la femme menace de composer le 911, l’un des deux va poursuivre l’autre devant la justice. C’est souvent la femme. La panique dans le couple, la détresse et l’affolement conduisent aux erreurs immenses, dont celle de dire n’importe quoi à n’importe qui et n’importe où. Qui doit partir ? La plupart du temps, le coeur brisé à cause des enfants, le père quitte le foyer ou se retrouve en prison après l’intervention des policiers. Dans d’autres cas, l’épouse battue et abattue est placée dans un centre d’accueil pour femmes. Des principes bidon sont parfois à l’origine du conflit. On s’accroche à n’importe quoi pour briser un foyer fragile. . La plupart des femmes ont fait des sacrifices énormes pour participer, aux côtés de leur mari, à l’effort d’émigration. Comme Yasmina, elles ont donné leurs yeux pour venir au Canada. Par ailleurs, durant les premières semaines et les premiers mois qui suivent la séparation, le père paie cher l’échec conjugal. Il ne peut pas voir ses enfants comme il le souhaite et même lorsqu’ils sont avec lui, il a du mal à les voir repartir. Cette épreuve difficile est vécue péniblement par les hommes qui doivent graduellement composer avec le sort en attendant la décision d’un juge. Les ex-époux ne peuvent plus se voir et si l’occasion se présente, c’est la haine qui guide leurs conversations.

Pousser le drame à l’extrême
Dans la plupart des cas de divorce, les enfants se retrouvent du côté de la mère, une situation normale, mais injuste, car certaines femmes exploitent la naïveté des enfants pour les dresser contre le père dans un pays où les gens croient dur comme fer que les enfants ne mentent pas. Certaines épouses poussent le drame à l’extrême : elles ne cherchent plus à obtenir le divorce, mais elles veulent se débarrasser complètement de leur époux. C’est la pire chose qui puisse arriver un jour à un père. Affronter publiquement ses propres enfants et que ces derniers, les yeux dans les yeux, l’accusent devant un juge de choses invraisemblables, tels l’inceste et l’harcèlement sexuel. À ce drame, en succède un autre au moment où le père est désorienté par la séparation et inquiet du sort de sa progéniture.

Source: Algeroweb

Capnace
27-06-2007 à 3:48
Salut Friendlyy
belle analyse de la problématique du divorce. Je conviens avec toi (au début de ton analyse) sur le caractère fragile des couples migrants. Mais à mon avis dans la continuité de celle-ci, ta vision des rapports entre parents et enfants une fois le couple disloqué, s’applique également et aux couples locaux et à ceux des immigrants.
Les initiatives des mediateurs sont louables, mais il y’aurait une entrave à leurs actions. C’est la prise de conscience chez les femmes de droits qu’elles estiment, n’avoir pas eu dans leur passé. Du coup toute tentative de médiation apparaitrait comme une violation de leur parcelle de liberté ou de leur « vie privée » .

Steph
27-06-2007 à 8:06
Le dernier paragraphe est grandement exagéré. Bien qu’il existe des cas de fausses accusations, c’est loin d’être la norme.
Est-ce qu’ils ont des statistiques sur la durée des couples arabes-québécoises?

Friendyyy
27-06-2007 à 8:38
Autour de moi jen ai souvent entendu parler de couples maghrébins pris dans un tourbillon de déprime et de lassitude. En effet, je ne suis trop surpris à voir le mode de vie de la majorité. Je vous donne un exemple assez simple : Faire du vélo avec sa femme et ses enfants dans un parc verdoyant autour dun petit lac, cest tellement beau..nest ce pas ? Malheureusement, les pères de famille préférèrent rejoindre leurs amis de gars dans un café devant un écran télé ou une partie de carte ! Tabernak on est au Québec !!! On a la chance davoir des parcs, fleuves, lacs avec toutes les commodités faites profiter vos femmes et vos enfants !!
Je ne comprends pas pourquoi on immigre à lautre bout du monde pour avoir le même mode de vie, routinier et vide, quon voulait fuir dans nos pays dorigine.
Chassez le naturel, il revient au galop

bencoudonc
27-06-2007 à 8:43
Friendyy, le taux de divorce est probablement élevé au sein de toutes les communautés immigrantes parce que s’adapter à un nouvel environnement peut être très difficile pour un couple quel qu’il soit et d’où qu’il provienne. S’il y avait des problèmes latents au sein du couple, ils vont éclater au grand jour sous l’effet du stress (au contraire si le couple était solide il va en ressortir encore plus uni).
Cela étant dit, il est aussi possible que ce soit plus aigu comme problème si les conjoints immigrants persistent à se prendre pour des « chefs de famille » alors que cette notion est complètement dépassée dans notre société…

Steph15
27-06-2007 à 9:06
Friendyyy, Très très bon commentaire. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de discussions ici sur le thème de l’intégration, un thème central en immigration. Si on quitte son pays pour le Québec, si on choisit de vivre au Québec plutot que dans son pays ou ailleurs dans le monde, on doit accepter de faire, dans la mesure du possible, comme les Québécois. A Rome…
Or, comme tu le soulignes à juste titre, beaucoup de communautés vivent ici comment ils vivaient chez eux. Nourris par le multiculturalisme canadien, on a recréé une mini-Algérie, une mini-Chine, un mini-Liban, coupé des autochtones. On a nos mosquées (ou nos temples), nos restos, notre journal, nos écoles, nos potes du bled. Le ghetto en plein coeur de Montréal.
Je n’ai pas encore vu un seul débat sur ce thème ici?

fatya
27-06-2007 à 14:29
j’aimerai intervenir dans le debat ,nous sommes en processus d’immigration mon epoux mes enfants et moi , et justement ce que je n’aime pas (dont j’ai meme horreur ,n’ayons pas peur des mots) c’est l’ organisation en communauté ,j’ai l’impression que s’est encouragé par le gouvernement Canadien, ne parle t’on pas pas de  » construire son reseau  » mame Laurence l’a conseillé dans sa derniere chronique. je suis desolée ,le desir d’immigrer est tres tres personnel , pour moi decider de s’expatrier ce n’est pas chercher coute que coute compagnie de mes compatriotes ,c’est trop triste ces pleurnicheries sur notre pays quitté ,son soleil ,sa cuisine traditionelle ,trop lourd pour moi, à moins 35° c’est la depression grave assurée !! Resumons :nous ne venons pas au Canada pour bosser et mettre de l’argent de coté pour construire sa maison au bled , nous ne sommes pas refugiés politiques, nous demandons à venir au Canada parceque nous voulons assurer un avenir à nos enfants, nos voulons vivre dans un etat de droit, (si d’autres immigrants ont d’autres raisons, je ne demande qu’à lire) pour que l’on me taxe pas d’individualiste (ce qui n’est pas un gros mot en Amerique!) je n’ai rien contre l’entraide, la solidarité envers tous les immigrants (et pas que) qu’ils soient indiens, latinos, tunisiens etc que s’ai je! c’est comme ça que je vois les choses …

saidrox
27-06-2007 à 15:42
Salut jai lu tres attentivement tout ce que tu as mis dans ton sujet …Voila les étapes et tout je donne raison le divorce humm depend des cas …Je suis en 2ieme année en éducation spécialisée au Cegep de l’Outaouais a Gatineau, Dans ma premiere année nous avons un cours intitulé clientele 10 Les nouveaux arrivants nous avons passer et compris toutes les étapes que les couples ,enfants et adulte dans tout les catégories d’immigration peuvent subir les complications difficultés et tout ce que tu peu imaginer les reactions biologique …tout les étape ,du départ du Pays a une intégration complete.Ce programme EST NOUVEAU..de cette année 2007!Voila ici en outaouais ils on compris j’espere que ailleurs dans le Canada aussi comprendra qu’il faut des intervenants pour les aidés du départ jusqu’a l’integration totale….C’est plus facile de s’intégrer si on comprend les sentiments recentis a chaque étape…sinon l’isolement et les deceptions mene a des chicanes et tout les résultats possible….Si il peu exister de l’aide je suis d’Accord avec cela…maintenant j’ai les yeux ouvert et je comprend les difficultés rencontrés faudrait bien que ses personnes le savent aussi…

hdelmondo
27-06-2007 à 16:53
Je ne crois pas que le taux de divorce touche plus les maghrébins que les autres immigrants. Immigrer une un acte violent en soi, il demande énormément aux nouveaux arrivants, les émotions, les frutrations, les déceptions sont quintuplés. Immigrer seul est bien plus simple, en couple cela est plus compliqué, si le projet d’immigrantion n’est pas partagé également par les deux, les risques de conflits sont extrements élevés. Immigrer en famille (avec enfants) cela aussi est difficile, l’immigrant quitte un pays, une culture, des habitudes, une mentalités, des normes sociales, il arrive dans un pays totalment différent ou les rapports homme femme parents enfants sont totalements différents là aussi les risques de conflits sont importants. J’ai travaillé quelques années à la Commission scolaire de Montréal j’ai connu des intervenants auprès de familles immigrantes, parfois lorsque les enfants arrivent a l’âge de l’adolescence cela se morpionne grave.
Qu’en conclure ?
En couple être sur que c’est un projet partagé par les deux
En famille accepté que les enfants ne vivront pas comme dans le pays d’origine
Seul est certain de son propre projet d’immigration
Cela reste difficile pour tous
Michel

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