À moins d’un mois de la date fatiditique du 1er juillet, date traditionnelle des déménagements au Québec, la crise du logement demeure bien présente. Mais en région, le problème ne se résume plus seulement à la rareté des appartements disponibles. De plus en plus, c’est le prix des loyers qui empêche les ménages de se loger convenablement.
Trouver un toit est déjà difficile. Trouver un logement abordable l’est encore davantage.
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À moins d’un mois du 1er juillet, l’inquiétude monte
Dans quelques semaines, des milliers de Québécois changeront d’adresse. Plusieurs ont déjà signé un bail, mais d’autres cherchent encore activement un logement afin d’éviter de se retrouver sans solution au moment du grand jour.
Cette période est toujours stressante pour les locataires, mais elle l’est encore plus dans un contexte où les loyers ont fortement augmenté, y compris dans des villes longtemps considérées comme plus accessibles que Montréal ou Québec.
En région, la crise du logement prend donc une nouvelle forme : il y a parfois des logements disponibles, mais ils ne sont tout simplement pas à la portée de nombreux ménages. Nous avons abordé la question du logement la semaine dernière lors d’un webinaire consacré à ce sujet.
Trois-Rivières : des ménages menacés de se retrouver sans toit
En Mauricie, la situation demeure préoccupante. À Trois-Rivières, 26 ménages risquent actuellement de se retrouver sans logement.
« Nous avons des appels de gens qui ne savent pas où aller le 1er juillet », s’inquiète Geneviève Paré, coordonnatrice d’Infologis Mauricie.
Selon elle, la pression du marché force certains locataires à envisager des choix difficiles : accepter un logement trop cher, se tourner vers une colocation non désirée, ou encore faire face à un risque réel d’itinérance.
À Trois-Rivières, le taux d’inoccupation atteint 2,7 %. Ce chiffre montre que la crise ne se limite pas à l’absence de logements disponibles. Le problème est désormais aussi, et surtout, celui de la capacité de payer.
« La crise du logement est devenue davantage une crise d’abordabilité. Le défi pour nos équipes, c’est de trouver le logement qui répond à la capacité de payer des gens », explique Marie-Ève Croteau, de l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières.
Geneviève Paré fait le même constat : « La plupart des logements sont de 1000 $ et plus. Les gens n’ont pas les moyens pour ça, c’est stressant. »
Sherbrooke : plus de logements disponibles, mais à quel prix?
En Estrie, le taux d’inoccupation a atteint 2,7 % en 2025, son niveau le plus élevé en cinq ans. À première vue, cette hausse pourrait laisser croire à une amélioration de la situation.
Mais sur le terrain, les organismes de défense des locataires restent prudents.
Pour Mario Mercier, de l’Association des locataires de Sherbrooke, il serait dangereux de parler trop vite d’accalmie. Les logements disponibles ne correspondent pas toujours aux revenus des ménages qui cherchent à se loger.
Il souligne notamment que la disponibilité se concentre souvent dans les nouvelles constructions. Or, ces logements sont généralement plus chers et contribuent à tirer les prix vers le haut dans l’ensemble du marché immobilier.
Résultat : même lorsque l’offre augmente, elle ne répond pas nécessairement aux besoins des personnes seules, des familles à revenu modeste, des étudiants, des nouveaux arrivants ou des travailleurs précaires.
Saguenay–Lac-Saint-Jean : la pression demeure forte
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le portrait reste lui aussi préoccupant. La situation ressemble à celle observée l’an dernier, mais les ménages continuent de faire face à des loyers de plus en plus difficiles à assumer.
« C’est difficile de dire si c’est pire ou mieux, parce que d’année en année, les situations sont différentes », nuance Arianne Villeneuve, directrice des services à la clientèle de l’Office municipal d’habitation de Saguenay.
Elle constate toutefois que la hausse des prix se poursuit et rend la recherche d’un logement plus ardue, en particulier pour les ménages à faible ou moyen revenu.
Cette réalité touche aussi les nouveaux arrivants, qui doivent souvent trouver rapidement un logement sans connaître parfaitement le marché local, les quartiers, les recours possibles ou les normes habituelles de location.
Une crise d’abordabilité qui touche tout le Québec
Pendant longtemps, la crise du logement a surtout été associée aux grands centres urbains. Aujourd’hui, les régions sont elles aussi touchées par une hausse importante des loyers.
Le défi n’est donc plus seulement de construire davantage ou de libérer des logements. Il faut aussi s’assurer que les logements disponibles correspondent réellement aux revenus des ménages.
Car un appartement libre, mais trop cher, ne règle pas la crise pour une famille qui n’a pas les moyens de le payer.
À l’approche du 1er juillet, les organismes communautaires, les offices municipaux d’habitation et les associations de locataires demeurent des ressources essentielles pour accompagner les personnes qui cherchent un logement ou qui craignent de se retrouver sans toit.
Pour les locataires, il est important de ne pas rester seuls face à la situation. Des organismes existent dans plusieurs régions du Québec pour informer, orienter et soutenir les ménages dans leurs démarches.
Nouveaux arrivants : un enjeu à surveiller de près
Pour les personnes qui s’installent au Québec, la question du logement demeure l’un des premiers grands défis d’intégration.
Le choix d’une région peut parfois sembler plus accessible qu’une installation à Montréal, mais la situation actuelle montre qu’il faut bien se renseigner avant d’arriver. Les loyers peuvent être élevés même en région, et les logements abordables sont parfois rares.
Avant de signer un bail, il est recommandé de comparer les prix, de vérifier l’état du logement, de comprendre les obligations du locataire et du propriétaire, et de demander conseil en cas de doute.
La crise actuelle rappelle une réalité simple : se loger au Québec ne dépend plus seulement de la disponibilité des appartements. De plus en plus, la vraie question est celle-ci : qui peut encore se les permettre?
Source : Noovo
Crédit photo : Immigrer.com, Maisons du boulevard Georges-Vanier, Petite-Bourgogne, Montréal, Québec

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