La réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) ne règle pas la situation de nombreux travailleurs étrangers temporaires et étudiants internationaux qui avaient bâti leur projet d’immigration au Québec autour de ce programme, dénoncent plusieurs organisations.
La Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’Union étudiante du Québec (UEQ) et le collectif Le Québec c’est nous aussi demandent au gouvernement québécois d’élargir l’accès au PEQ et de mettre en place une véritable clause de droits acquis pour les personnes qui ont été attirées au Québec par cette voie d’immigration.
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Le gouvernement de Christine Fréchette a annoncé plus tôt en juin la réouverture du PEQ pour une période de deux ans. La première fenêtre de dépôt des candidatures doit s’ouvrir le 2 juillet et se terminer le 31 octobre.
Mais selon les règles dévoilées par arrêté ministériel le 17 juin, seuls les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants qui étaient déjà admissibles au PEQ avant sa fermeture en novembre 2025 pourront présenter une demande.
Pour les organismes, cette condition exclut d’emblée de nombreuses personnes qui sont venues au Québec pour étudier ou travailler en pensant pouvoir déposer une demande dans le cadre du PEQ, mais qui n’avaient pas encore eu le temps de remplir toutes les conditions avant l’abolition du programme.
Le collectif Le Québec c’est nous aussi estime ainsi que la relance ne constitue pas une véritable clause de droits acquis. Selon son porte-parole Sergio Da Silva, une « infime minorité » pourra réellement bénéficier de la réouverture annoncée.
L’Union étudiante du Québec donne l’exemple d’une personne qui aurait commencé des études en soins infirmiers en septembre 2023, alors que le PEQ était encore en vigueur, et qui aurait obtenu son diplôme en mai 2026. Malgré son parcours au Québec dans un domaine en demande, cette personne pourrait se retrouver sans accès au PEQ si elle n’était pas admissible avant la fermeture du programme.
Les organisations dénoncent aussi l’obligation d’être présent sur le territoire québécois pour soumettre une demande. Selon elles, cette exigence pénalise les candidats qui ont été forcés de quitter le Québec après l’abolition du PEQ, notamment parce que leur permis arrivait à échéance ou parce qu’ils n’avaient plus de voie claire vers la résidence permanente.
La CSN soutient que la situation demeure préoccupante non seulement pour les travailleurs concernés, mais aussi pour les employeurs. Plusieurs entreprises qui comptaient sur ces travailleurs pour répondre à leurs besoins de main-d’œuvre se retrouvent, elles aussi, dans l’incertitude.
La coalition s’inquiète également du calendrier politique. Avec les élections provinciales prévues le 6 octobre, les groupes craignent que les demandes déposées durant la première fenêtre ne soient pas encore traitées avant le scrutin, ce qui pourrait ajouter une nouvelle couche d’incertitude pour les candidats.
Pour les organismes, le gouvernement doit aller plus loin que la simple réouverture temporaire du programme. Ils réclament que toutes les personnes qui ont entrepris un parcours d’études ou de travail au Québec alors que le PEQ était en vigueur puissent être considérées comme admissibles.
Selon eux, chaque journée d’attente prolonge l’angoisse de personnes qui ont investi du temps, de l’argent et des années de vie au Québec en croyant pouvoir s’y établir durablement.
Source : Le Devoir

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