S'établir en région...du rêve à la réalité - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

S’établir en région…du rêve à la réalité

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Bonjour,

Comme certains savent peut-être, je favorise et incite les nouveaux arrivants à s’installer en région. Le gouvernement québécois travaille actuellement à favoriser l’immigration en région. Mais est-ce réaliste de penser ainsi? J’aime y croire.. Je viens de vivre une situation qui explique un peu la complexité de la chose et j’ai envie de la partager avec vous.

Comme j’ai déjà dit je travaille en développement régional pour des zones de chasse, pêche et plein-air au Québec, ce qu’on appelle les ZECS. Je travaille à la fédération à Québec mais j’ai à embaucher des jeunes pour aller travailler en région dans le cadre du « programme de création d’emplois pour les jeunes en région ».

Cette semaine j’ai embauché un deuxième français qui désirait plus que tout au monde travailler sur la Côte-Nord. Ce français terminait ses études au Québec et ne peut obtenir la permission de travailler que s’il a une offre ferme d’un employeur. Le gars désire également s’installer éventuellement au Québec. D’un autre côté, j’ai 130 CV de jeunes québécois qui désirent le même poste. Comme j’ai un préjugé favorable envers les français et qu’il a fait très bonne impression en entrevue, je décide de foncer et de l’embaucher. Je me dis on veut favoriser l’installation d’immigrants en région alors faut être cohérents et poser des actions en ce sens lorsque l’on peut.

J’étais contente de moi. Contente de participer à réaliser le rêve d’un jeune français et contente de participer à améliorer la diversité culturelle en région. Car pour moi c’est une richesse que des gens d’ailleurs viennent s’installer en région.

Or, la région en question, malgré ses paysages époustoufflants est une région assez pauvre économiquement. Le taux de chômage frise les 17% à ce qu’on m’a dit. Oui, je l’ai su assez rapidement car j’ai eu des appels de gens de différents organismes de cette région. Ils ne comprenaient pas qu’on n’ait pas embauché un jeune de la région…ah, pas qu’ils en aient contre les français, ce n’est pas le cas (enfin je crois)…mais comment peuvent-ils garder leurs jeunes en région si des emplois ne sont pas là pour eux. C’est l’exode des jeunes et ces régions se meurent…ils veulent garder leurs gens courent vers les grandes villes.

J’ai dû me « défendre » par tous les arguments possibles de mon choix. On a tout de même embauché 2 jeunes sur 3 qui provenaient de là-bas! D’un côté je les comprends..des emplois universitaires ne pleuvent pas sur la Côte-Nord, région de ressources premières du Québec. Mais d’un autre côté, comment on s’en sort si on ne veut pas que tous les immigrants se retrouvent à Montréal?? J’ai l’impression qu’on est dans un cul-de-sac…

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Patou,

Ton message résume une bonne partie de la problématique de la région. Tu pourrais remplacer le mot « immigrant » par « Montréalais » et ça serait la même chose. Les régions éloignées ont souvent des taux de chômage élevés, dépendent souvent de subventions gouvernementales, les jeunes les délaissent pour venir en ville… et le gouvernement voudrait théoriquement envoyer des immigrants là.

J’ai déjà travaillé dans une autre région du Canada où les bons emplois pour les francophones sont rares. Et j’ai bien senti que je prennais la place de petites et des petits « de la place ». C’est pas toujours un cadeau.

C’est un véritable cercle vicieux, je parle ici des régions où le chômage est fort. Je ne sais pas plus que toi quelle est la solution. Et en plus, nous sommes dans une période où l’économie va encore bien. Qu’est-ce que ça devient le jour où une crise économique frappe fort? Je ne trouve pas que c’est exagéré 1/3 d’embauche venant de l’extérieur de la région. Mais je sais aussi que pour les gens en région éloignée, c’est jamais assez.

Pour moi, c’est clair lorsque je parle de régions et d’immigrants, c’est dans des régions où le taux de chômage est pas si élevé. Mais bon, je ne suis pas autant confrontée à la question que toi. Je peux comprendre les questions qui trottent dans ta tête. Et si c’était à refaire, tu ferais la même chose?

En passant pour les moins initiés, c’est pas toutes les régoins qui ont 17 % de chômage. Il faut se renseigner. Dans la section Travailler, vous trouverez des statistiques sur la question.

A+

Laurence

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Laurence,

Oui si c’était à refaire je ferais exactement la même chose puisque mes convictions sont bien ancrées.

De plus, j’ai des bons arguments. Les Français sont plus « forts » que nous en aménagement du territoire. Je le sais j’ai étudié ce domaine comme tu sais à Lyon durant presqu’un an.J’ai abaissé des barrières au sein de ma fédération l’an passé en embauchant un français..Hey au début on me disait : ah je sais pas comment vont réagir les pêcheurs et chasseurs quand ils sauront qu’un français vient « développer » leur territoire en région. J’avais dit à la directrice faites nous confiance vous ne serez pas déçue. Or, ce français a fait probablement le meilleur travail parmi tous les autres québécois même s’il ne connaissait pas notre système : MRC, Ministère des ressources naturelles etc..Ce qui est drôle c’est qu’il est devenu un ami très proche depuis…

Donc cette année ça été facile d’embaucher un français au sein de notre fédération. C’est de la part des autres organismes que ça s’est gâché…enfin en même temps je comprend les régions qui veulent des emplois pour les gens de la place.

Mais ça me fait pas mal réfléchir quand même. Ça doit être le même phénomène partout comme tu dis..

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Écrit par Fred le 20 Juin 2001

En effet certain vont dans les régions,
comme moi je suis prés de la ville de Québec (à environ 50 km) sur les bord du St Laurent dans une ville du beau nom de Cap-Santé. Si je suis venu içi c’est surtout car mom chum vit là. Mais bien que je sois un ancien Parisien (j’ai quitté Paris il y a maintenant 3 semaines) je suis vraiement bien ici et j’ai découvert que la ville de Québec n’est pas seulement une « belle » ville, mais aussi ou il est agréable de vivre…Montréal est certe joli aussi mais l’avantage de Québec c’est qu’il s’agit du ville à taille humaine. Et ne croyez pas que le marché de l’emploi y soit limité…bien au contraire..il y a de nombreux organismes d’état qui aide les immigrants à insérer le marché et à les former en fonctions des demandes de cette région.
Vola, alors si vous ne s’avez pas vraiment ou vous désirez vivre, pensez à Québec et si vous êtes marié avec des enfants…Foncez!!!!!!!!!! c’est trés agréable.

bon courage a tous

fred

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Ecrit par Laurence le 20 Juin 2001

Bonjour,

Il est vrai que plus de 75 % des immigrants du Québec vont choisir Montréal plutôt que les autres villes ou régions du Québec. Ailleurs aussi, les immigrants s’installent en premier lieu dans les plus grandes villes. Mais Immigration Québec espère attirer des immigrants en région, surtout qu’en tant que francophone, vous n’avez pas la barrière de la langue alors ça vaut la peine d’essayer.

Dans la section FAQ, rubrique Régions du Québec, vous trouverez des témoignages sur d’autres régions du Québec. Oui, il y a des immigrants sur ce site qui sont installés ailleurs qu’à Montréal. Il y a quelques jours, nous avons suivi l’odysée de deux p’tits belges qui s’installent dans le nord québécois, Chibougamau. D’autres sont plus des spécialistes de la ville de Québec, Sherbrooke….posez vos questions et vous verrez. Si vous cherchez des infos sur les différentes régions, sachez que la majorité des infos sur ce site s’applique aussi aux autres régions du Québec, pas seulement Montréal, que cela soit les sections S’installer (les démarches à l’arrivée ou encores les petites annonces de travail en ligne, les agences immobilières), la section Visiter avec les liens vers les sites touristiques, la section Culture qui parle des différents aspects de la culture québécoise.

Pour chercher sur le marché du travail, voir la section Travailler, vous avez des liens, section Info sur le marché du travail, qui vous permettront de comprendre l’ensemble de la situation dans certaines régions. Vous avez des liens vers des villes du Québec et du Canada dans la section S’installer, rubrique Divers.

Il y a aussi des organismes d’aide en région et ailleurs au Canada, répertoriés sur ce site, voir la section Travailler, rubrique Organismes d’aide au Canada.

Voir aussi les articles sur l’immigration en région dans la section Actualités.

Aussi, en tapant le mot « region » dans le moteur de recherche du forum (en bas de la page du forum), vous verrez que vous n’êtes pas seul à vous préoccuper de l’installation en région.

Et si après tout ceci, vous n’arrivez pas à vous y retrouver sur le site, voir le « plan du site » dans la barre de menu du site, en haut.

A+

Laurence

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Sujet: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: Patou28
01 août 2001

Bonjour,

La vérité est que même une majorité de Québécois ne veulent pas aller s’installer en région. Certaines régions se saignent de leurs jeunes : Abitibi, Côte-Nord, Gaspésie. Ils partent étudier dans les villes et ne reviennent pas! Imaginer si les jeunes qui ont grandit dans un milieu et y ont leurs racines ne veulent même pas y retourner, ce que ça doit être pour un immigrant! Les raisons majeures évoquées par les jeunes sont majoritairement reliées aux possibilités d’emploi. C’est tellement ancré dans les idées que maintenant il y a pénurie de main d’oeuvre spécialisée en région.

Bien sûr, des gens ultra-spécialisés comme en aéronautique, fibre optique etc, leur destin est à Montréal. Pour les autres, tout dépend des priorités de votre vie. Peut-être aurez-vous un salaire moins aguichant en région, mais vous aurez la possibilité d’avoir une maison dans un coin tranquille, ne pas être dans les embouteillages, d’aller dans la nature en arrière de chez-vous etc. Par contre, oubliez les festivals qui n’en finissent pas comme à Montréal, la dernière exposition de Picasso etc.

Il y a des pour et contre. Faut savoir ce qu’on veut car les régions ne sont pas faites pour tout le monde. Quand je parle de région, je n’inclus pas Québec! Pour moi les régions sont : Abitibi, Côte-Nord, Saguenay Lac St-Jean, Outaouais (sauf vers Hull), Estrie, Hautes-Laurentides, Bas St-Laurent, Beauce…

Le Québec est très différent de la France au niveau de son développement régional. Le problème est qu’au Québec, il y a Montréal et le désert québécois. Montréal a une attraction beaucoup trop forte par rapport au reste de la province. Il manque cruellement de pôles économiques forts. Nous en sommes presque à un point de non-retour. Si on ne fait rien, nous sommes bons pour fermer des régions! Bizzare non…Il ne faut pas s’étonner que le gouvernement tente de dérouler le tapis vert aux immigrants en région. Mais il va falloir pas mal plus que quelques centaines de dollars : une dynamique forte sans complexe! Et retenir ses jeunes!

Ces anecdotes sont exemplaires. Elles disent tout sur notre rapport à l’espace et sur le traitement de notre propre identité. Dans mon auto encore, dans mon auto toujours, j’ai entendu pendant des mois cette pub radio de Loto-Québec: 10 millions… De quoi laisser l’hiver derrière! Personne n’a relevé le vice caché dans cette devise publicitaire qui en dit long sur la culture des concepteurs. Si nous vivons en région, dans la périphérie générale du monde connu, c’est que nous n’avons pas dix millions de dollars pour nous rapatrier vers les véritables centres du monde. Tous ceux qui vivent hors de la grande ville seraient des proscrits en attente de s’évader vers des cieux plus cléments. S’ils en avaient l’occasion, ils iraient illico s’installer à Paris, en Provence ou à New York, là où se trouvent les vraies affaires. Le Québec en son entier serait une région éloignée du monde. Il faut que l’on soit comme en Sibérie, pour y travailler la grosse machinerie, pour y donner la claque, comme on dit, ou bien pour faire la passe avant de quitter pour de bon et pour Pompano.

Dans son acceptation appauvrie, le mot région est carrément empoisonné. Le terme même de région coince tout le monde entre la sémantique bureaucratique de la gestion du développement des objets éloignés (et non identifiés) et le délire des snobs métropolitains qui sont trop contents de ne pas s’y retrouver. L’affaire est mal partie. Car, au fond, cela reste une question de culture. Nos ténors des affaires, de la communication et de la politique traduisent ensemble un sentiment culturel malsain: la honte de nos origines, sur une terre mal appréciée. Nous ne voulons pas être des sauvages, nous ne voulons pas être des colons. La majorité de nos élites, il faut le dire, n’en est jamais revenue.

Nous sommes en grande partie l’image que nous avons de nous-mêmes. Or, avant d’agir et d’innover, il est nécessaire de s’apprécier. La Nature a besoin de Culture pour se faire valoir autrement qu’en se sacrifiant totalement aux ordres de son simple financement. Il est des investissements à très long terme que nous ne saurions mesurer sur quelques années. La province n’est pas peuplée de provinciaux et de campagnards. Elle est remplie d’idées, de gens attachés à la beauté des Territoires, à ses héritages humains et naturels, à ses diversités et à ses possibles avenirs. Mais il semble que chez nous, la Terre n’appartient pas à ceux qui l’aiment.

Si je gagnais dix millions, j’irais m’établir au lac Albanel, à 150 kilomètres au nord de Chibougamau. J’y tiendrais un beau domaine dans les épinettes noires, sur les rives des plus beaux lacs de la taïga.

Je relirais l’histoire de Caïn, un sourire en coin.

Patou28

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Sujet: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: mdee
01 août 2001

salut a tous je viens tous juste de connaitre ce site particulierement sympas.
au quebec depuis 2ans 1/2 je suis enfin parti en region dans « beauce » comme on dis chez nous..
dans notre cas c est un choix formidable meme si cela n as pas ete facile a y rentrer…..maintenant j y suis et si je peut aider des gens
dans le domaine de l industrie, batiment et genie civil je me ferais un plaisir de vous passez quelques ficelles.
la seule chose a dire c est que du travaille il y en as ici parcontre il ne faut pas etre trop gourmant au niveau du salaire au debut
c est la difference avec les grosses villes .
mais les maisons se loue a 400$ a 30 minutes de quebec et la vie est plus respirable qu a montreal ces temps ci.
et pourtant je viens de paris ……

allez bye a tous

mehdi

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Sujet: Re: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: mariecricri
01 août 2001

Je suis entièrement d’accord avec toi Patou28, à l’effet que les régions sont maintenant dépourvues de main-d’oeuvre qualifiée, que la situation ne s’améliore pas, les jeunes diplômés ne revenant pas dans leur région natale, et surtout que nous-même Québécois venants des grands centres, ne valorisons pas du tout les régions éloignées, moi la première…

Je me suis moi-même expatriée vers le Saguenay, (habitant anciennement la Rive-sud de Montréal!), Chicoutimi, étant parmis les villes du Canada ayant le plus haut taux de chômage, et c’est là, pourtant, que j’ai décroché mon premier emploi à temps plein dans mon domaine… Je dirais même que j’ai été avantagée par le fait qu’il y ait certains programmes de formation universitaire qui ne sont pas dispensés dans les établissements en région mais uniquement dans les grands centres; mon diplôme étant donc valorisé au moment de faire les entrevues d’embauche…

Par ailleurs, je pense qu’il faut apprendre à se tailler graduellement une place et entrer dans le moule régional, ce que j’ai vite saisi, même en étant une québécoise pûre laine, et non immigrante!, car c’est un peu une mentalité de survie, avec raison, et fortement encouragée par les employeurs et la main-d’oeuvre locale qui « se tiennent » beaucoup entres eux, et « se serrent les coudes » pour survivre et donner un emploi à tous et chacuns, alors je pense à un immigrant qui arrive en région, (je lui souhaite bonne chance), mais par contre, faut pas mettre toute la population dans le même panier, beaucoup ont l’esprit ouvert au changement et à la richesse d’ailleurs… Je souhaite pas ici faire le procet de personne, je raconte seulement mon expérience comme Sherbrookoise vivant au Saguenay depuis quelques années…

Moi personellement, j’encourage fortement les régions à accueillir nos nouveaux immigrants, surtout avec leur baguage d’expérience tellement enrichissant pour nous, qui ne peut que déboucher sur des projets nouveaux et nous ouvrir sur le monde… Sauvons nos régions et sachez qu’elles ont besoin de grands esprits comme vous pour poursuivre le développement déjà en place, apporter un nouveau au visage et redonner un souffle à l’économie locale…

Depuis, j’ai changé ma vision face aux régions éloignées… J’ai souvent critiqué le fameux Parc des Laurentides étant suicidaire à traverver en voiture l’hiver… Comme tu dis, ce sont les petits points négatifs de demeurer en région éloignée et peut-être le prix à payer pour vivre à l’air pûre parmis la nature à proximité et à perte de vue…

En passant, habitant dans la région et au paradis des bleuets, je vente ces petits fruits qui sont « terriblement » bons au goût et qui ont des propriétés particulièrement favorables sur la santé… « À cause? » (pourquoi?), me direz-vous?, et bien faudrait demander aux Saguenéens de souche, ils connaissent sûrement le secret…

Amitiés,
Mariecricri

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Sujet: Re: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: Patou28
02 août 2001

Bonjour,

Je te donne quelques liens à consulter pour en connaître un peu plus sur les régions.

www.mreg.gouv.qc.ca/regions.htm
Tu y trouveras les 17 régions administratives (à ne pas confondre avec les régions touristiques) du Québec et des infos plutôt économiques et des statistiques etc.

Le ministère de l’Immigration du Québec a également préparé pour les immigrants des fiches sur toutes les régions du Québec. Un lien incontournable pour quelqu’un qui cherche une région où s’installer :
www.immq.gouv.qc.ca/francais/choisi…

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Sujet: Re: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: k2
02 août 2001

Salut.
Ce que Montréal possède de plus qu’une région? C’est certain que les grandes compagnies vont placer leurs bureaux chefs dans la métropole. Ainsi, si tu cherches à travailler au siège d’une grosse boîte, il y aura plus d’opportunités. De la même manière certains secteurs de pointe ne sont pas représentés en région car les principaux investissements privés se font à Montréal. Pour ce qui est de Québec, le tableau est différent car la moitié des gens travaillent pour le gouvernement et une bonne partie du reste dans le tourisme. Il y a essentiellement du boulot dans le tertiaire. Par ailleurs, il est très facile de trouver dans le commerce. Autre avantage de Montréal : avec les transports en commun, il n’est pas nécessaire d’acheter une auto dès les premières semaines. En région, il est plus difficile de se passer d’une voiture bien longtemps. De plus , si vous comptez avoir souvent de la visite, presque tous les vols internationaux arrivent à Montréal. L’aéroport de Québec (bien qu’il soit en théorie international) ne reçoit que peu de vols. C’est également évident qu’au niveau des événements culturels ou sportifs, ça bouge plus en ville.
Ce que les régions ont comme avantage? Pour commencer, pas d’embouteillages monstres matin et soir. Une qualité de vie plus relax (il y a déjà une bonne différence entre Québec et Montréal). Ensuite, les régions ne présentent pas toutes les mêmes possibilités d’emploi : l’Estrie, le Bas du fleuve, le Centre du Québec ou la région de Gatinau ont par exemple un tissu d’entreprises plus dense. Il est peut être utile de se renseigner sur le type d’industrie présent dans chacune des régions afin de définir à quel endroit tes possibilités d’embauche seraient les meilleures (auprès des chambres de commerce par exemple). De plus, le marché de l’emploi est moins concurrentiel en région, surtout pour les profils spécialisés ou les gens diplômés. La situation est même parfois paradoxale car les entreprises en régions se disent pénalisées dans leur croissance par un manque de main d’oeuvre dîplomée alors que certains des diplômés en question se retrouvent au chomage à Montréal (finissant parfois même par retourner à la case départ au bout d’un moment)….. De plus, alors que le fait d’être bilingue est souvent une stricte nécessité à Montréal, ceci est plutôt preçu comme un gros avantage dans pas mal de régions (surtout plus à l’Est).
Pour te faire une première idée, tu peux aller sur le site gouvernemental des Guichets Emplois où les annonces des employeurs sont classées région par région pour tout le Canada. jb-ge.hrdc-drhc.gc.ca/
Bonne chance.

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Sujet: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: Flying Antoine
03 août 2001

Pour finir, je dirais que s’installer en region est pour moi une forme de civisme, une facon d’aider concretement ce pays que j’ai choisi et qui m’a accueilli.

Et je ne veux pas contribuer a batir ce monde binaire : megapoles gigantesques, polluees et surpeuplees versus territoires immenses, desertes, vides de leur substance.

Il faut voir a long terme, ne pas penser qu’a sa petite gueule.

Oui, je veux me battre pour relancer les regions.
Ce pays est trop beau pour l’abandonner.

Antoine

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Sujet: RE: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: Redflag
04 août 2001

Salut la gang,

Les régions du Québec ont leur spécificité, comme les régions de France. D’après ce que j’en ai vu, elles sont loin de manquer d’infrastructures. Les routes sont par exemple en bien meilleur état dans Charlevoix que dans le Grand Montréal. La vie y est plus calme, c’est évident, comme dans toutes les campagnes du monde. Le Tibet n’est probablement pas Pékin, Montréal n’est pas l’Abitibi, et le Gers que j’ai bien connu est infiniment plus tranquille que Toulouse.

Les régions sont à mon avis autant le résultat des gens qui y vivent que celui des choix gouvernementaux en matière d’aménagement rural. Je pense qu’on peut vivre en région sans passer pour un imbécile ignorant, et en ayant une bonne qualité de vie.

Les villes attirent par leur bassin d’emploi, et retiennent facilement les jeunes célibataires et les couples sans enfants par leur effervescence et leur vie nocturne. Les familles font souvent le choix de la banlieue car elle concilie maison à soi et travail en ville.

Quand on vit en ville, on associe souvent vie à la campagne avec manque de socialisation, et on pense que les gens sont rustres, sont des « habitants ». C’est l’idée que je perçois parfois au Québec, et je percevais la même en France. Je me demande si c’est la réalité. Aujourd’hui je vis dans une grande ville, mais je ne dis c’est pour la vie ; étonnamment, les lieux dans lesquels j’ai habité ont le plus souvent « grandi avec moi » : après une petite enfance en ville, enfance dans un village de 300 habitants, enfance et adolescence dans une petite ville de 4000 habitants puis 30000 habitants, université dans une ville de 400000… Je ne pense pas éprouver aujourd’hui des difficultés sur le plan des relations humaines qui auraient pour cause un vécu plus rural. J’aimerais bien recueillir l’avis de gens du forum là-dessus.

On a tous un rêve en venant ici. Je sais que beaucoup d’Européens associent Canada avec nature et grands espaces. Ils ont raison. Peut-être qu’ils sont plus nombreux qu’on ne le croit à vouloir s’installer en région. Montréal semble un passage obligé pour quelques mois au moins, quand on arrive sans travail, mais rien n’empêche ensuite de s’envoler. Il semble d’ailleurs que les services relatifs à l’emploi dans les régions (CLE…) aident beaucoup les nouveaux immigrants qui ont l’intention de s’installer loin de la métropole montréalaise.
Je crois que vivre en région est avant tout un choix de vie. Une fois décidé, je pense que l’on peut y trouver un emploi, faire son trou, et y vivre confortablement.

Redflag

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Sujet: Re: S’établir en région…du rêve à la réalité
De: Monikebek
04 août 2001

Salut, ici une « vieille » de la gang si on veut … Nous aussi, passage quasiment inévitable par Montréal au départ mais juste un mois, et encore, à peine ! On a vite compris qu’avec nos deux p’tits bouts de 1 et 3 ans au moment de notre arrivée (4/2000), la grande ville n’était pas l’idéal, et ça a commencé par une recherche de logement difficile (deux enfants, immigrants ET pas de boulot, tststststssss). Une heureuse rencontre nous a fait aller faire un tour à Drummondville où l’on nous a fait confiance tout de suite et où on a signé un bail dans l’heure pour le début du mois prochain. Nous y avons vécu seulement 6 mois parce que le travail nous a fait bouger – d’une ville de40.000 habitants vers un village de 3.400 en Estrie.
Oui, on peut se faire son trou, même dans un village. J’ai trouvé une belle job d’Assistante de Direction en même pas trois semaines en plein mois de janvier : je bosse à même pas 1 km de ma maison, et la garderie est à environ 300 m dans la même rue que notre cabane au Canada ! Mon chum bosse à 20 km mais lui n’a aucun problème avec les routes de l’hiver, héhéhé. Entretemps, je connais plein de monde, et des gens me connaissent avant que moi, je les connaisse !
Mais tu as raison, c’est surtout une question de choix personnel, et depuis mon coup de foudre pour Denver il y a 6 ans, c’est la première fois que je me sens vraiment chez moi alorsque c’est un village.
Et non, village ne veut pas dire « pauv’ paysan » – les routes sont bonnes, les grands magasins et hôpitaux etc accessibles dans la demi-heure qui suit, les écoles sur place, patinoire et piscine municipale aussi. Le bon heur quoi quand on est une famille avec de jeunes enfants.
Assdez jasé – je confirme : oui, la vie en région est très bonne !
Bonne nuit à la gang et les autres
Monika

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