Un après-midi aux urgences

Après plus de deux ans de vie à Montréal, grâce à ma santé de fer, je n’avais pas eu l’occasion d’être confronté au système médical québécois. Des légendes, j’en avais entendu, pourtant. Attention, âmes sensibles s’abstenir, ce qui suit peut donner quelques haut-le-cœur !
Les plus sympathiques : une amie d’amie (c’est l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours) affligée d’une fracture ouverte, et qu’on aurait renvoyée chez elle avec des antidouleurs en lui demandant de revenir la semaine suivante car aucun médecin n’était disponible. Une connaissance dont le frère aurait été forcé de rester chez lui avec une hernie pendant plusieurs semaines pour les mêmes raisons… Une amie au bras cassé qu’on a baladé d’hôpital en hôpital avant de pouvoir lui faire une radio… Sans compter l’histoire récurrente du médecin urgentiste qui, quoi que vous lui présentiez comme symptôme, vous répondra « Prenez de l’aspirine et revenez me voir dans une semaine si ça ne va pas mieux », même si c’est la 3ème fois de suite qu’il vous fait le coup !

Oui, le système de santé ici n’a pas bonne presse. Si ces appréciations venaient uniquement des Français, on pourrait se dire que c’est parce qu’ils aiment bien se plaindre. Et on n’aurait pas forcément tort ! Mais voilà, les Québécois sont unanimes eux aussi, le système de santé Montréalais n’est pas parfait, loin s’en faut.

Est-ce par curiosité intellectuelle que je me suis cassé le pied pour pouvoir vérifier par moi-même ? J’aimerais pouvoir le dire, car le contexte de ma visite aux urgences n’est pas très glorieux : une table basse mal placée au milieu de mon salon, avec des intentions maléfiques, m’attaqua un samedi matin par surprise et par un coup de pied dans un orteil, et sans aucune provocation de ma part. Résultat, une douleur immédiate, et en quelques minutes le pied bleu.

Que faire dans un tel cas à Montréal ? Aller voir son médecin de famille ? Allons donc, si vous êtes comme 50% des Montréalais, vous n’en avez pas. Pourquoi ? Parce qu’il y en a peu, et qu’ils refusent des nouveaux patients si vous n’avez pas 12 lettres de recommandation d’un proche déjà patient qui prouve que vous êtes un malade sympathique. Restent donc la clinique privée (rapide mais cher), le Jean-Coutu avec médecin sans RV intégré (remboursé, mais il faut avoir le temps, et ne pas avoir de maladie trop bizarre car le médecin ne saura pas ce que c’est), ou les urgences.

Mon choix s’est donc porté sur les urgences. Pas n’importe quel hôpital, ceci dit, parce que les temps d’attente peuvent varier du simple au quadruple (c’est à dire de 5h à 20h) si vous faites le mauvais choix. Allez, je vous le dévoile, j’ai choisi l’hôpital juif, qui a bonne réputation.
Résultat des courses : 5h30 d’attente, 5 minutes de consultation, une radio, et une conclusion qui tombe comme un couperet : « C’est cassé. On ne peut rien faire. Ne marchez pas et prenez de l’aspirine. » Il paraît que j’ai eu de la chance, 5h30 ce n’est pas grand chose.

Les côtés positifs (car oui, il y en a, quand même !) : pas un centime de déboursé. Vous arrivez avec votre carte soleil (c’est la carte vitale ici), vous la présentez, on vous ouvre un dossier, et quand vous partez on vous dit au revoir et on ne vous demande rien. Le personnel était adorable, et, autant que je puisse juger, compétent (en même temps, je n’avais rien de compliqué, non plus, j’avais fait moi-même le diagnostic). La salle de radiologie était tellement neuve que le radiologue n’avait pas l’air de bien maîtriser son matériel (si si, c’est positif, en plus c’est rigolo). Et quand on est prévenu, on apporte son ordinateur, son bouquin, sa bouteille d’eau, son sandwich (non, je plaisante pour le sandwich. Quoique…), et 5h30 ça passe tout seul.

Maintenant, je suis sensé aller chez le dentiste. Il paraît que c’est cher, et que le dentiste veut tout vous refaire. Mais il paraît aussi qu’il veut tellement que vous n’ayez pas mal, qu’il vous anesthésie les gencives avec une crème avant de vous faire une piqure pour anesthésier la dent !

Si vous avez besoin d’autres infos éclairées, n’hésitez pas à me contacter via mon site http://www.lemondeestmonvillage.com

Johann
Arrivé à 35 ans à Montréal en janvier 2011, Johann est un diplômé de l'école de management de Lyon. Passionné du voyage, à son arrivée au Québec, il travaille dans une agence de voyages puis monte sa propre boîte reliée au voyage. Sa conjointe française travaille à Ubisoft Montréal. Son blogue www.lemondeestmonvillage.com
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