Ruée vers l’or Cette fin... - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
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Ruée vers l’or Cette fin…

Ruée vers l’or

Cette fin de semaine, Whitehorse fête la ruée vers l’or de 1898 sous le nom du festival Sourdough Rendezvous, « sourdough » voulant dire « levain » (pour faire du pain). Je ne savais pas trop quoi attendre de cet événement, mais lorsque j’ai vu qu’un petit magasin de location de vêtements de l’époque s’était temporairement installé non loin de mon travail, j’ai décidé d’y faire un tour mercredi dernier.

Mais bien évidemment, difficile de trouver une robe à ma taille qui de surcroît me plairait…. Et lorsque finalement, je me décide pour un ensemble bleu roi, le prix de location me ramène sur terre : $ 75 pour la fin de semaine. Gloups ! Comme je sais coudre, je sais pertinemment qu’à ce prix je pourrais en faire une moi-même et ce serait à moi, pas une location. Mais je sais aussi que je n’aurai pas le temps. Et malheureusement je sais aussi que le vendredi est un jour férié territorial où moi et mes collègues du fédéral devrons travailler mais que les écoles seront fermées, y compris tout service de garde, hahaha ! et donc, je vais avoir besoin de mes sous rien que pour payer cet ami qui va prendre mes deux garçons en charge toute cette journée….

Une fois à la maison ce mercredi soir là, je n’y tiens plus, et je plonge dans mes trésors du Colorado…. Lorsque nous sommes partis de Denver fin 1997, j’avais acheté une dizaine de jupes et chemisiers/hauts style western. Lorsque j’ai rempli la voiture pour venir du Québec au Yukon, j’en avais emporté plus de la moitié avec moi…. Alors j’ai commencé un petit défilé de mode dans mon salon, avec comme juge très critique, mon fils de 7 ans et demi. J’assemblais des jupes avec des gilets sans manche ou des chemisiers comme jamais avant je n’avais osé le faire. Mais là il s’agissait de 1898, donc presque tout était possible.

A chaque nouvelle tenue, chaque détail modifié parfois un à un, mon conseiller personnel me faisait part de son grain de sel : « Tu sais, Maman, ça là, c’est quand les chercheurs d’or, ils étaient tout sales, donc la veste brune c’est mer-vei-lleux ! » ou encore « Non, je ne pense pas que ces couleurs se portaient à cette époque et dans ces conditions de vie…. » – des commentaires très, euh, scientifiques et pas du tout typiques pour sortir de la bouche d’un gamin de cet âge-là. Je ne savais pas si je devais rire ou m’inquiéter de sa façon de juger mes assortiments vestimentaires !

On a fini par déterminer une première place, puis une 2e et une 3e, et que je répéterais une tenue au besoin ou que j’improviserais. Maintenant il fallait un bijou…. Et là, en fouillant dans une des mes petites boîtes, je suis tombée sur une vieille chaîne très fine en argent avec un pendentif encerclant deux assez grosses pierres (presque comme un ongle de petit doigt) couleur parme-vieux rose transparentes (je n’y connais rien de rien !) qui me vient de la sœur de ma grand-mère en Allemagne. Comme tous mes vieux bijoux, je n’en connais absolument pas l’authenticité ni de fait la valeur, ce qui a pour avantage que je les mets au lieu de les enfermer dans un coffre si jamais ces bijoux avaient une valeur autre que sentimentale.

Un chapeau ! il me FAUT un chapeau…. voyons voir…. Ah ! mon chapeau de paille souvenir d’un tournoi de golf avec ma job en Estrie ! J’essaie…. il me va !!! Non seulement de par sa taille, mais aussi la forme convient parfaitement pour toutes mes combinaisons western ! Il suffit de changer le ruban de couleur, adapter selon la couleur principale de mon « déguisement » ! Je fouille dans mes foulards de soie et de coton et autres fibres, et c’est le bonheur : je trouve tout ce que je veux pour fignoler l’apparence de cette femme de la fin du 19e siècle, même mes bottines vont bien avec, le pied quoi !!!

Ce soir-là, je suis certaine de m’être endormie avec un grand sourire de satisfaction aux lèvres…. Monika dans son élément…. combien de fois n’ai-je terminé de coudre un dernier costume de carnaval deux minutes avant de partir pour une soirée organisée…. combien de fois au moins un de mes costumes a remporté sinon le premier prix, un des trois premiers prix….

Le jeudi matin, je me déguise donc comme convenu avec l’assortiment que mon fils a déclaré être le plus beau. Dans le bus, on me regarde avec un grand sourire. Je ne suis pas la seule. Dans presque tous les commerces, les dames sont devenues des Klondiker’s, beaucoup dans des robes très, euh, comment dire, euh, estivales !!! Mais on a du chauffage par ici, vous inquiétez donc pas…. Celles qui participent au fun s’envoient des sourires d’encouragement et d’appréciation, les « Ah ! » et les « Oh ! » et regards admirateurs se promènent dans tout le centre ville. On sait que cette époque en avait été une difficile et pas seulement pour les femmes, mais que leurs robes étaient belles, ah là là !

Je suis la seule dans notre bureau à avoir eu l’idée de participer ainsi activement à installer cette atmosphère de la ruée vers l’or, et lorsqu’en début d’après-midi, il y a cette cérémonie de « lancement » des deux dernières années avant les Jeux d’Hiver du Canada 2007, à la fin, je me fais photographier avec 5 danseuses de French CanCan…. Pendant que d’autres personnes de l’assistance de la cérémonie demandent la même chose aux danseuses, je cours décharger ces photos de la caméra digitale pour être certaine que tout a fonctionné parce que paraît-il le « flash » n’aurait pas marché. Mais tout est correct, et je leur en imprime un exemplaire (en noir et blanc…. petits moyens au fédéral, pas d’imprimante couleur….petit budget ?….).

Le lendemain, c’est vendredi et donc jour férié territorial : écoles fermées, banques, pas de bus non plus, aucun employé du gouvernement territorial à son poste. Mais devant l’édifice où je travaille, ça commence à s’affairer : on a barré toute la rue principale pour y installer deux énormes tentes, un superbe beau camion magnifiquement décoré (ha ! faudrait pouvoir mettre des photos dans nos chroniques, Laurence….), des gros blocs de neige ont été déposés sur le côté de l’édifice, et certains sculpteurs de neige ont déjà commencé leur œuvre. Il fait un soleil éclatant, tout le monde sourit et est de bonne humeur, on sent comme un air de printemps par cette journée où le mercure grimpe au-delà du zéro, montant allègrement jusqu’à PLUS quatre !!!

Il y a de plus en plus de femmes déguisées comme moi (déguisement no. 2 en ce vendredi….), et nous jouissons toutes de l’approbation générale des autres, ceux et celles qui n’y ont pas pensé, qui n’ont pas osé ou qui ne peuvent pas se le permettre. L’on m’arrête pour me demander si c’est une tenue hongroise….. ou pour me dire « Nice outfit ! » ou danser au milieu de la rue devant moi en chantant : « What a beautiful dress, lalalal…. » Bref, un air de folie bien palpable et fort contagieux ! Je dois préciser que vendredi, je portais une jupe que j’avais faite moi-même pour notre mariage à Denver, et elle trahit apparemment mes origines…. On peut sortir la fille de son pays, mais pas le pays de la fille, hein…. Il est des choses sous-jacentes que nous ne contrôlons pas, semble-t-il, comme le choix des couleurs par exemple….

Quand je vais récupérer ma directrice à l’aéroport dans l’après-midi (elle revenait d’une semaine à Yellowknife, Territoire du Nord-Ouest), il y a au moins une dizaine de dames habillées en robes 1900, quel festival si présent partout dans Whitehorse ! Et quelle ambiance de bonhomie et de bohème et de fourires, une atmosphère de fin de l’hiver et espoir de printemps tout proche.

Cette année, je suis seule avec les garçons, mais l’année prochaine, mon mari sera avec nous, et on pourra participer aussi aux soirées, ce Sourdough Rendezvous étant devenu un festival familial au cours des années. Et l’année prochaine, je vais me façonner au moins une vraie robe dans le style de la ruée vers l’or !!!

Samedi, plein d’activités dans la rue Main, comme lancement de hâches, course de farine (charge mini de 500 livres ai-je entendu dire….), concours de chiens portant ou tirant de grosses charges, je ne sais quoi avec des scies à chaînes…. vous aurez compris : je n’y suis pas allée ! D’abord il faisait un froid de canard à cause d’un vent glacial très désagréable, et ensuite, mon plus petit de 6 ans était insupportable et ne voulait pas y aller !

Mais garde demain Dimanche ! Il va faire beau et avec un peu de chance, moins de vent, et on va y aller, mes amis, pas d’excuse !!! Maman VEUT goûter la tire à la cabane à sucre des franco-canadiens, voir les petites courses et lancements d’objets douteux et autres concours, oh si !!! Madame ne râtera pas cela même pour une vraie pépite du Klondike ! Yeeehaaaa !

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