Première chronique ou comment tout... - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
Vous êtes ici
Accueil > Blogs > Première chronique ou comment tout…

Première chronique ou comment tout…

Première chronique ou comment tout a commencé

En ce beau matin d’hiver dans le sud de la France, l’envie de travailler n’est pas vraiment là. Le temps de ma première chronique approche et je ne sais même pas comment me présenter.
Je suis une provençale de 23 ans, j’ai fait mes études sur la côte d’azur, j’habite à côté de Marseille….Lui (Ti’Namour) est québécois, il a 27 ans, il est en PVT en France pour un an….blablabla
Nan c’est ben plate dit comme ça….
Bon reprenons, parler de moi ok, mais pour dire quoi?
Finalement au bout du vingtième essai, je me dit “Et si je vous racontais le commencement de mon aventure parmi vous?”
En fait non, mon histoire avec le Québec ça commence bien avant vous, ça commence en 1998 (accrochez-vous ce n’est que le début d’une looooongue histoire!).
Je suis alors encore au lycée, en classe de 1ère, et nous montons avec un ami un projet culturel de découverte du Canada, sur la trace des grandes explorations viking et suivantes… Un grand rêve qui coûte cher et on compte donc obtenir des subventions dans le cadre des projets jeunes du ministère du même nom….Mais ça ne se fera jamais, et mon rêve du Canada se met entre parenthèses pendant 5 ans.

2003, année de ma licence en communication. Déjà trois ans que je traîne (mais bon le soleil qui tape dans les amphis ça aide pas à être actifs aussi!) dans mon université de la Côte d’Azur. Le soleil, la mer et les mouettes comme décor, c’est sympa mais j’aspire à autre chose. Je rêve d’Asie d’abord, en voyant une opportunité de stage de 4 mois en Thaïlande. Je ne serai pas retenue mais mon ami part. Je le rejoins en septembre 2003 pour un mois. Mais ma soif d’Ailleurs n’est pas satisfaite….

Octobre 2003 je rentre en maîtrise de communication dans la même sempiternelle université sans moyens, sans objets, sans ambitions (mon ras-le-bol devient cynique).

Courant novembre 2003 je rencontre une québécoise de Gatineau, faisant ses études à l’UQÀM, en échange CREPUQ dans ma section.
CREPUQ? Qu’est-ce que c’est que cette bête là? Renseignements pris, aussitôt dossiers remplis (beau slogan? Oui je trouve aussi, je devrai me reconvertir en pub moi!).

Décembre 2003 ma vie se conjugue en pointillé uqàmiens…Et que c’est long ces pointillés là!

Janvier 2004, en plein examen mon ami me lâche, il est sélectionné pour partir en CREPUQ mais à Chicoutimi….et moi?

Février 2004 feu vert des relations internationales: envoi du dossier pour l’UQÀM (ça sert parfois d’avoir un super bon dossier!), et rebelote l’attente… Au moins je parfais ma (im)patience.

Avril 2004 coup de fil de ma mère: une lettre de l’UQÀM….boum boum mon cœur fait boum: acceptée, je vais passer un an au Québec! Dans la foulée, ma québécoise m’offre une colocation, et plein de nouvelles connaissances québécoises (z’étaient nombreux cette année là sur Nice!).

28 Août 2004, je descends de l’avion le cœur battant. J’ai peu dormi, toute occupée à discuter avec ma voisine dans l’avion. Une immigrante qui vit à Québec ville, qui rentre du Maroc avec ses deux enfants. Elle me fait les comparaisons entre sa culture d’origine et sa culture d’adoption, en appuyant bien sur les zones de chocs culturels. Au moins me voilà prévenue que l’alcool, c’est chacun pour soi….Puis c’est un long couloir, avec un panneau lumineux qui dit « Bienvenue au Québec ! ». Le début de mon aventure en terre québécoise.
J’arrive après 24 heures sans sommeil dans ma maison de Beaubien, ma maison du bout du monde qui connaîtra en son sein pas moins de 7 langues et 5 nationalités!

Septembre 2004, j’ai commencé mes cours à l’UQÀM en maîtrise de communication dans une université moderne, grande, riche en savoirs et en pensées (oui j’idéalise mais au moins je reprends goût à mes études!). Je me trouve même un nouveau sujet d’études: l’identité culturelle québécoise….et un directeur de recherches français qui embarquera dans l’aventure sans jamais m’avoir rencontré, en ayant juste compris ma motivation pour un tel sujet (on ne se rencontrera qu’en septembre 2005, alors qu’il vient de célébrer son premier mariage de québécois vivant à Nice….quand je vous dis que c’est mon destin le Québec!).
Septembre 2004 aussi je rencontre un beau brun québécois, timide et tout doux qui revient d’une croisière en Méditerranée et qui a bu son premier pastis dans un de mes bars de prédilection!
Septembre 2004 enfin c’est le début de ma période auberge espagnole: je découvre, je goûte, je savoure et je rencontre tout ce qui aujourd’hui rime encore pour moi avec Québec. Des étudiants en échange comme moi, à ceux qui partiront en France avec moi, en passant par la poutine, les Unibroues (et l’usine Cheval blanc quand je rentre en vélo vers Beaubien), les Zapartistes et des sketches sur Paul Martin (mais qui est ce zouave? Je le comprendrai plus tard, comme l’accent, comme l’enjeu), Loco Locass et son flow si inspiré, les ligues d’impros du mardi soir, mon pub du vieux port, et, et, et …. Des petits riens que la vie vous amène et qui peupleront vos souvenirs pendant très longtemps encore….

Octobre 2004 je pars sur les routes du Québec avec mon amie française, sac au dos, panneaux en poche. Montréal-Trois Rivières-Québec-Tadoussac-Chicoutimi et retour. Et j’emmagasine encore plein de souvenir (et de photos). On rentre à temps pour Halloween, le premier en Amérique du Nord, le premier de ma vie.

Décembre 2004, les fêtes de Noël se profilent à l’horizon. Je n’ai pas les moyens de rentrer, mon amie française non plus. Sa sœur nous rejoint, et on s’adjoint la compagnie de trois québécois pour le repas du réveillon. Dont Ti’namour-pas-encore-Ti’Namour, vous savez celui qui a fait une croisière. Dans la foulée je mangerai ma première dinde sauce nord-américaine (chez un prospect amoureux d’une de mes colocs) et un jour de l’an dans la famille de mon autre coloc (celle de Gatineau) en Charlevoix.
Vous suivez toujours?
Chouette parce qu’on change d’année!

Janvier 2005, Ti’Namour me déclare (enfin!) sa flamme avec un cadeau, symbole de son écoute attentive: mon toutou de chien préféré (Snoopy pour ne pas le nommer) dans une boite trouée (pour qu’il puisse respirer), vestiges d’une histoire d’enfance où je pleurais de mon Snoopy en boite enfermé et étouffé!.
Mon amie française retourne sur Paris finir son année snif, mais une amie de Nice m’annonce son arrivée pour 6 mois en stage.
Ma colocataire anglophone part aux Philippines faire le sien. On gagne une colocataire néerlandaise en échange. Un petit bout de fille grande blonde et joufflue, drôle douce et marrante. Notre maison du bout du monde parle une troisième langue! S’ajouteront plus tard le créole, le suédois et l’italien….au fil des amourettes des unes et des visites des autres.

Février 2005, ça fait plusieurs semaines que je me démène sur la communication d’un festival artistique étudiant. Il prend forme, vie et saveur début février, magique! Je débarque au carnaval de Québec le lendemain de la soirée (et nuit) de clôture….Fait froid et y a beaucoup de monde, le bonhomme Carnaval ne me plait pas (pardon mais j’ai un faible pour notre Caramantran, qui brûle chaque année pour expier les fautes des vilains et ramener le printemps) mais l’ambiance est sympa…. Le caribou coule à flot, les trompettes de Québec retentissent toute la nuit à faire trembler les remparts de la ville….

Printemps 2005 je participe à ma façon à la grève étudiante: je tape du pied et je fais remarquer que les étudiants étrangers soutiennent le mouvement, même s’ils ne peuvent pas s’exprimer en votant dessus, ils font quand même aussi entendre les revendications. Qu’en est-il des leurs: sauver leurs propres bourses en obtenant l’assurance de valider leurs cours? Un petit groupe de mécontents plus tard et les arrangements sont pris. Je participe à la plus belle AG du mouvement au Medley. Pas droit de vote mais droit de compter….compter les mains levées, en un geste tendu dans l’espoir d’arrêt ou de poursuite de cette (trop ou pas assez c’est selon) longue grève. Mon cœur bat autant que les membres de l’association, autant que les membres de chacun des camps. Grand moment de débats et de démocratie humaine. Grands frissons.

Juin 2005, je participe au Tour de l’Île de Montréal, de l’intérieur. Je pars avec Ti’Namour sur mon vélo (dire que y a quelques mois je détestais le vélo!) avec deux appareils photos numériques. Notre mission est de photographier tous les bénévoles sur notre route et de leur offrir une séance diaporama photo inoubliable. Ils en parlent encore paraît-il!
J’écris aussi mon premier message sur le forum….Mon dossier de DCS est rempli prêt à partir pour Paris (ce qui sera finalement fait deux mois plus tard).

Juillet 2005, mon départ approche. Mais avant de quitter cette terre, pour mieux revenir c’est bien connu d’ailleurs, on s’offre un voyage tout à l’est, en pleine mer, sur une terre battue par les vents, aux Îles de la Madeleine, terre de naissance de Ti’Namour.
12 juillet 2005, je rentre en France. 2 jours plus tard je fête ma troisième fête nationale (St jean Baptiste- fête du Canada et maintenant 14 juillet), incroyable, mais mon cœur est lourd de la séparation de mon amour.

Halloween 2005. Finalement, après deux reports de dates, Ti’Namour me rejoint en France son PVT en poche, pour un an. Je l’accueille à Paris (j’habite à côté de Marseille, mais pour l’occasion je fais le tour des amicales de Paris!), on visite la ville lumière, on est heureux, amoureux, enfin réunis. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, mon CSQ arrive lui aussi.
Et depuis? Ben on coule des jours heureux ponctués des exclamations de découvertes de Ti’Namour….mais on vous racontera ça une prochaine fois !

Laisser un commentaire

Haut

Bienvenue au Canada