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Obama, le Québec et les immigrants

L’élection de Barack Obama est incontestablement un moment historique à plus d’un titre et ce quelque soit ce qu’il fera de son mandat ou ce que l’on peut penser de son projet. Pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des États-Unis, il y a désormais un avant et un après Obama.
En effet, il y a peu de temps, les Noirs étaient encore traités comme des citoyens de seconde zone aux États-Unis. En portant triomphalement Obama à la magistrature suprême, les mêmes Américains, qui avaient donné en 2004 un second mandat au cowboy Bush, ont fait du 4 novembre 2008 un point de rupture central dans l’histoire de la première puissance mondiale. Et au-delà des Noirs qui ont souffert durant des siècles d’esclavagisme et qui voient en l’élection de l’ex-sénateur de Chicago une sorte de couronnement de leurs luttes, qu’on pouvait d’ailleurs déceler à travers les larmes du pasteur Jesse Jackson, ce sont également les immigrants du monde entier qui doivent se réjouir de cette nouvelle. Celui qui va remplacer, en janvier 2009, « W » le président américain, sans doute, le plus impopulaire de l’histoire, est un fils d’immigrant noir et (jamais deux sans trois…) porte même un second prénom… musulman. Ce faisant, les Américains ont mérité le crédit que beaucoup leur accordent quant à leur capacité à renouveler leur démocratie, sérieusement ébranlée par 8 années de règne du Texan. Et je ne pense pas qu’au désastre de sa politique étrangère.

Ceci étant dit, je crois pourtant que le Québec – puisque c’est là que nous avons choisi de vivre – n’a pas de leçons à recevoir des USA en matière d’intégration des immigrants ou encore en matière de traitement réservé aux minorités ethniques et/ou visibles. Au États-Unis, où ils sont américains depuis des siècles, les Noirs sont encore politiquement sous-représentés. Au Québec, plusieurs citoyens accèdent à des postes de responsabilité ou se font élire comme députés alors qu’ils sont immigrants et ont passé, pour certains, une partie de leur vie dans leurs pays d’origine. C’est le cas de Sam Hamad ministre de l’emploi ou de Fatima Houda-Pépin première vice-présidente de l’assemblée nationale, tous les deux arrivés au Québec à l’âge adulte. C’est aussi le cas de Maka Kotto, Camerounais d’origine et citoyen canadien depuis seulement 1996, de Maria Mourani originaire du Liban et réélue au fédéral pour un deuxième mandat ou encore d’Amir Khadir Co-porte parole de Québec-Solidaire, iranien de naissance. Marlene Jennings députée fédérale est, quant à elle, fille d’un couple d’immigrants américains qui avaient fui le racisme anti-noir.

On peut quitter le domaine politique et on va également découvrir de nombreux exemples de réussite d’immigrants qui n’auraient pas été possibles si la société québécoise ne faisait pas preuve d’une ouverture qu’on ne retrouve pas ailleurs. Dire cela n’est pas renier le fait que beaucoup d’autres immigrants puissent rencontrer des obstacles dans leur processus d’insertion professionnelle ou être victimes d’actes de discrimination liés à leurs origines. Les enfants d’immigrants sont par ailleurs considérés comme Québécois à part entière et on a l’impression qu’il suffit de parler Québécois – à ne pas confondre avec français comme langue – pour conquérir le cœur de la population. Le nom arabe de Rachid Badouri ne l’empêche pas ainsi d’être une étoile montante de l’humour québécois. L’une des rares ombres au tableau : les problèmes rencontrés dans certains quartiers de Montréal comme les évènements de l’été dernier qui ont coûté la vie à Freddy Villanueva. Et surtout, la réaction médiatique quasi-unanime qui a disculpé le policier, auteur des coups de feu ayant tué le jeune, avant même que l’enquête sur les circonstances de ce drame ne soit ouverte. J’ignore si la réaction aurait été similaire si le jeune Villanueva s’appelait …. Tremblay. Je préfère toutefois espérer que ce qui s’est passé est un incident isolé – même s’il doit nous alerter – et que le Québec demeure cet endroit paisible où il fait bon vivre y compris pour ceux et celles qui viennent d’ailleurs : à la condition de respecter ses valeurs, lesquelles – ça tombe bien – sont des valeurs universelles.

Rayan
C’est à l’âge de 42 ans que Rabah alias Rayan arrive au Québec en octobre 2006 en provenance d’Algérie. Il s’installe avec sa famille dans la ville de Québec puis par la suite à Laval, au nord de Montréal. Rayan travaille dans l’enseignement et écrit depuis 2008 sur le site immigrer.com.
http://www.immigrer.com
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