Les parents… réponse à Shagrine... - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Les parents… réponse à Shagrine…

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Les parents…. réponse à Shagrine

J’ai eu le même problème que toi mais en moins exagéré. Ma mère qui, toute sa vie, a toujours participé à toute la mienne, a totalement décidé de boycotter mon immigration et ne m’aidait pas du tout alors que j’étais en Irlande et que certains papiers devaient venir en France. Ils n’ont pas trop osé me faire trop de réflexion trop directement négative, car je dois avoir plus mauvais caractère que toi J. Ils savent très bien que je les aurais envoyer balader à force car y’a des hosties de limite à ce que moi j’appelle de la méchanceté.
En fait c’est très bien car mon immigration je ne la doit qu’à moi et j’en suis très fière. C’est sans doute tout le contraire qu’elle devait inconsciemment souhaiter comme conséquence de son « abandon ».
Moi les parents qui font des enfants que pour eux-même, ça me rebute!

Mais en lisant tes messages, ce qui me saute aux yeux c’est que tu devrais utiliser exactement ce que tu ressens contre eux et leur dire calmement et simplement que leur attitude te donne encore plus envie de partir, et que s’ils ne sont pas capables de comprendre que tu serais bien plus heureuse ailleurs que quelque part où tu te sens mal (tu as parler de violence je crois, et c’est une raison pour laquelle moi aussi je ne souhaitais plus vivre en France), et ça c’est une vraie belle raison.

Moi ce qui a fait des miracles c’est tout simplement qu’ils savaient très bien que si je restais À CAUSE d’eux, je serais devenue invivable et ça se serait sans doute aggravé.

Et de toute façon, c’est un peu une partie de poker, et t’as toutes les chances de gagner. Là, ils essaient juste de te retenir parce qu’ils sentent que tu hésites au fond. Le jour où ils comprendront qu’ils ne te feront pas changer d’avis, ou alors, s’ils continuent, ils te perdront totalement, ils (comme ils m’ont l’air typiquement français, c’est-à-dire effectivement bien égoïstes) en prendront leur meilleur parti et l’option qui sera la plus vivable pour eux : accepter les choses et essayer de les vivre bien ou te renier (mais ça, c’est pas le plus fréquent, car eux aussi parlent à des gens autour d’eux qui doivent bien leur dire qu’ils sont bêtes de réagir comme ça).

En gros de toute façon, moi je considérais ne pas avoir le choix. Je pense que c’est pareil pour toi, rester de toute façon à cause d’eux avec tout ce qu’ils t’ont dit te fera les détester. Dis-le leur donc, ça devrait les calmer 😉

J’ai eu une discussion bien émotive avec ma mère la dernière fois que je suis rentrée et la question « C’est quand même pas à cause de nous que tu es partie? » a fusée (après plus d’un an déjà à Montréal, et pratiquement 5 ans déjà totalement partie de France…. comme quoi ça prend du temps….). Là, gros dilemme, je lui brise le coeur à tout jamais en la rendant responsable ou je fais une énorme entorse à mon règlement intérieur : Je mens…. Finalement, j’ai menti sur le coup et j’ai trouvé un truc pour réussir à dormir après : Non, je n’ai pas menti, c’est vrai, c’est pas de leur faute si je suis partie, c’est juste que je sais que je suis incapable de faire quoi que ce soit de ma vie trop près d’eux, car ils ont trop d’influences sur moi et la société française est négative. Je ne suis pas assez forte pour leur tenir tête, c’est tout. Alors si je veux réussir mes rêves sans me retrouver écraser par les critiques, les réflexions négatives et la culpabilité (et pas seulement d’eux, mais d’une grande partie de la société), il n’y avait qu’une seule issue : garder mes distances.
Et la preuve : j’ai tout réussi ici, ma mère est super fière, se réconforte avec ma nièce et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…. 🙂

Pour tes craintes, de prendre ta décision et de la regretter ensuite si ça marche mal, et bien le seul truc, c’est que justement ce sera ta décision et il te faudra la respecter. Ça rend les choses plus simples. Du coup, même si ça se passe moins bien que tu ne l’aurais espéré, il te faudra prendre tes responsabilités, prendre de l’assurance, et te dire : j’ai pris ma décision en connaissances de causes, maintenant ce qui arrive ne peut pas être pire que ce que j’aurais connu sans ça.

Mais, lorsqu’on le veut, les choses se passent pas mal bien. Il y a du travail ici, les gens sont sympathiques et agréables à vivre, le pays est beau, la vie moins chère qu’en France, donc il n’y a pas de raisons de ne pas être heureux, à moins de vraiment souhaiter trimbaler son mal-être avec soi…. et ça c’est pas nécessaire et tout à fait évitable si on ne s’attarde qu’aux bons côtés des choses et qu’on ignore ce qui plait moins. Le côté critique qu’on nous enseigne à l’école en France, c’est bien gentil pour les dissertations, mais dans la vie, faut l’oublier un peu et boire le bonheur là où il se trouve, sans se le gâcher et surtout sans le gâcher aux autres.

Un autre truc qui me vient à l’idée comme bon moyen psychologique d’aller au bout de ses rêves : imagine avoir à justifier ta vie à tes enfants. Tu serais capable de leur avouer que tu as un jour rêvé de venir au Canada, mais que tu es restée en France parce que c’est ça que tes parents voulaient? Tu te sens capable d’affronter les éventuels jugement de tes enfants qui te diront peut-être que c’était bien bête de ne pas essayer de vivre tes rêves et qu’ils espèrent bien que toi tu ne les empêcheras pas de vivre les leurs.

Un autre truc encore (J) c’est de voir la chose comme un essai, une tentative. Si ça se passe mal et que tu regrettes, tu peux toujours revenir. Donc garde cette porte là ouverte. Rassure tes parents en leur disant que c’est pas comme si tu ne pourras jamais revenir, mais que du coup s’ils continuent leur « violence psychologique », et bien là oui, y’a des chances que vous vous froissiez même si tu ne pars pas….

Pour les grands-parents, c’est autre chose et ça, c’est dur. On m’a dit un jour « La mort des grands-parents, c’est le départ des petits-enfants » et c’est vrai. Mais on n’y peut rien, c’est biologique, c’est comme ça, eux perdent leur force et leurs espoirs lorsque nous nous souhaitons vivre nos rêves. Mes deux grands-pères sont morts il y a un moment, ma grand-mère maternelle est morte l’année dernière et lorsque je l’ai vu la dernière fois à Noël, elle me l’a dit des yeux qu’elle savait très bien qu’on ne se reverrait pas. C’est dur, mais elle voulait partir et elle était sans doute heureuse de me voir en bonne santé et bien dans ma peau. Imagine si elle m’avait vu malheureuse, aigrie, etc. Ça aurait été bien plus pénible pour elle de partir en sachant que sa petite-fille ne réussissait pas sa vie. Ma grand-mère maternelle a une pêche d’enfer et je lui ai envoyé un petit album photo de mon périple en Côte-Nord. Elle était super contente et je compte l’appeller plus souvent, et c’est pour elle que je rentre à Noël, tout ça parce qu’elle m’a dit « Tu sais, tu fais pour le mieux, je comprends bien….. ».

FrenchPeg
Cette Française originaire du Mans est arrivée au Québec en bateau en 2001. Elle a participé activement aux blogs du forum au début des années 2000. Peggy a toujours continué de travailler en traduction au Québec. Elle a pris racine à Montréal et a fait un bilan en 2017 de son immigration dans la Belle Province. https://www.immigrer.com/equipe-chroniqueurs-frenchpeg/
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