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Le temps des fêtes

Le temps des fêtes

Début janvier…. Tout le monde émerge difficilement des deux dernières semaines de fêtes…. Mes collègues sont tous dans le coltard…. Deux d’entre eux ne sont même pas rentrés ce matin. On se regarde tous à la dérobée, pour savoir si on est les seuls à penser ce qu’on pense, sachant que la période d’inventaire est terminée et que les patrons sont partis deux semaines au soleil…. Finalement, on trouve un compromis : on n’arrêtera de travailler qu’entre deux cafés…. Ouf, me voici donc soulagée, je vais pouvoir consacrer plus de temps à ma chronique….
Finalement, c’est un peu frustrant tout ça. On prépare Noël depuis presque deux mois, et c’est déjà fini…. Les gens ne se résolvent pas à jeter leur sapin ni à décrocher leurs lumières, comme s’ils voulaient retenir encore un peu la magie. Moi-même, pour faire durer le plaisir, j’ai envie de vous en parler là, maintenant, tout de suite. Je vous invite donc à venir passer le temps des fêtes avec moi dans les Hautes-Laurentides !

A peine la dernière citrouille d’Halloween remisée, la radio locale a commencé les hostilités. En alternance avec les bons conseils de toute sorte pour bien réussir votre party du temps des fêtes, les chansons de Noël se sont succédées à un rythme effréné. En français ou en anglais, tout est bon pour le service. Les vieilles comptines sont répétées plusieurs fois par jour, assaisonnées à toutes les sauces : rock, blues, jazz, traditionnelle, et j’en passe. On finit malgré soi par toutes les savoir par cœur (je vous rappelle qu’ici, on a qu’une seule fréquence de radio !!) et ceux qui seraient tentés d’éteindre leur poste pour être tranquilles en sont pour leur frais car les haut-parleurs installés dans les rues prennent le relais ! Et si on s’éloigne des centres névralgiques de Mont-Laurier pour se réfugier dans les quartiers résidentiels, c’est encore pire car chaque maison, ou presque, a installé dans son jardin un petit magnéto qui répète en boucle petit papa Noël…. De toute façon, c’est pas trop grave, car les mal-embouchés de Noël ne sont pas bien nombreux. En général, cela a plutôt pour conséquence de donner la fièvre des préparatifs à tout le monde !

Vous vous en doutez bien, les commerces ne sont pas en reste. Et si la radio a réussi à les devancer cette année, ce n’est que de justesse…. Chacun a affiché une devanture qui se doit au moins d’égaler celle du voisin. Les pamphlets rivalisent d’épaisseur et d’idées de cadeaux. Les gens se pressent tout d’abord dans les magasins pour aller compléter leurs collection de décorations de Noël, car là aussi, c’est à celui qui aura la maison la mieux décorée (ou la plus décorée, ce qui ne revient pas toujours au même….). C’est incroyable la diversité qu’il y a en matière de décoration de Noël. En plus des traditionnelles guirlandes de couleur, on peut voir des personnages animés, des petits cadeaux, des crèches, des personnages soufflés (qui se gonflent grâce à de l’air pulsé), des orignaux qui bougent la tête (maudit orignal qui en fait est un renne et qui m’a fait perdre un pari idiot parce que justement, il la bougeait…. sa tête !) etc… Toutes les portes sont ornées de couronnes de sapin toutes plus belles les unes que les autres. Je passe rapidement sur les petites musiques de Noël dans chaque jardin, vu que je reste sceptique sur leur bon goût surtout quand elles se chevauchent…. Dès 16h30, lorsque la lumière du jour décline, toutes ces décorations s’allument comme par magie. Et lorsqu’une petite neige virevoltante fait son apparition, le décor devient alors carrément féerique.

Une fois que tout le monde a pu prouver qu’il valait quelque chose en matière de décoration extérieure, il est temps maintenant de se préoccuper du fameux sapin. Là encore, il y a plusieurs écoles. De l’épinette brut coupée en forêt au beau sapin d’élevage, en passant par le truc synthétique qui sent rien ou encore par le bouleau de Noël (si, si !! Je vous jure !), mon choix est vite fait. Ce sera un vrai sapin, comme l’année dernière, mais encore plus grand, et pas coupé moi-même pour éviter les déboires de l’année précédente (voir chronique de la même époque). Ceci dit, je dois dire qu’après avoir vu le bouleau de Noël, je me poserai peut-être la question l’année prochaine.
Encore une fois cependant, mon problème écologique a refait surface. Pourquoi diable n’y a-t’il pas de racines sur les fichus sapins de Noël québécois ? Vous avez déjà la réponse ? Et bien vous avez de la chance, parce que je suis encore passée pour une nouille ce coup-ci…. Tout simplement parce que contrairement à en France, on ne pourra jamais le replanter en plein mois de décembre le tabarnouche de sapin…. Ben oui, le sol est gelé, pis de toute façon, il arriverait jamais à reprendre de ce temps-ci…. Faudrait donc attendre le mois de mai…. Et à votre avis, il aura quelle tête mon beau sapin au mois de mai ??? Voilà, on devient moins bête quand on est immigrant, on apprend un tas de trucs.

Bien. Maintenant qu’on en a fini avec les décorations, il faut s’attaquer aux cadeaux. Le plus dur est de trouver un juste milieu entre un O’Hana qui achète tout le jour de Noël et ma copine Lily qui magasine déjà depuis le mois de juillet…. Pour une fois, soyons organisée. Une petite liste, une petite sortie par jour sur l’heure du midi, et hop ! Le tour est joué. J’avais tout fini dans un temps record. C’est vrai que moi, je n’ai pas vraiment l’obligation de me conformer à la tradition du bas de Noël, réservé aux enfants ou aux divers membres de la famille, et qu’il faut remplir de mille et une bricoles (ce qui explique que Lily s’y soit prise pas mal à l’avance).

Les cadeaux sont emballés, les petites cartes sont écrites…. Il ne reste plus maintenant qu’à attendre le jour J. Et pour faire patienter tout le monde, et bien on va commencer les party de Noël ! Le premier sur ma liste concerne ma petite filleule. Elle a rendez-vous avec le père Noël au centre sportif, et on a pas intérêt à rater ça. Là, j’avoue que je suis encore bluffée par l’organisation de ce genre de festivités. C’est absolument magique…. Et gratuit ! Des jeux de toute sorte, des ateliers de bricolage ou de maquillage, des personnages déguisés qui offrent des bonbons à tour de bras, des sculptures de ballons, tout y est pour enchanter les enfants et les plonger dans la magie de Noël. Le père Noël est là, bien sûr, mais aussi à ma grande surprise la mère Noël (Depuis quand elle existe celle là ??? Avez-vous toujours connu ça vous autres québécois, ou bien n’est-elle qu’un produit du mouvement féministe sévissant ?). Je découvre aussi la fée des étoiles (connaissait pas non plus en France….), dont le rôle m’échappe encore (ma petite filleule n’a pas su m’expliquer).

Second party sur la liste : Le party de bureau. Ah YES ! Ça, c’était cool. Même si, pour les plus grands, le père Noël cède sa place au renne Nez-Rouge, ça a quand même son charme !
Au fait, l’opération Nez-Rouge, vous connaissez ? Il s’agit d’une organisation bénévole qui ramène les personnes chez eux après une soirée bien arrosée. Un bénévole conduit la voiture du fêtard pour le ramener chez lui, tandis qu’un autre bénévole suit avec sa propre voiture pour pouvoir ramener le premier conducteur au point de départ. Une équipe de deux bénévoles peut ainsi ramener plusieurs personnes en toute sécurité sans que ces derniers aient à craindre d’avoir un accident ou de se faire sucrer leur permis de conduire. Et si vous souhaitez faire appel aux services de Nez-Rouge, il vous suffit d’appeler un numéro de téléphone sans frais que vous pouvez garder précieusement dans votre portefeuille. Intriguée par le concept, et aussi pour rendre service à un collègue de travail, j’ai décidé de faire partie d’une équipe pour une opération Nez-Rouge privée (rien à voir avec l’organisation officielle, mais on fait le même boulot à l’issue d’une soirée privée). On a commencé à ramener les gens chez eux vers 3 heures du matin et on a fini notre job vers 5 heures du matin ! Inutile de vous dire que lorsque le réveil a sonné à 6h45 pour aller au boulot, on était pas frais du tout !! Mais on a eu du fun, on s’est fait un peu d’argent de poche, et c’était très intéressant. Donc, à remettre au calendrier de l’année prochaine !

Une semaine avant le grand jour, le comité des fêtes de Ferme-Neuve décide d’organiser une marche aux flambeaux dans les rues du village. Une cinquantaine de personnes y participent. Affublés de bonnets de père Noël, les chanteurs de la chorale sont bien sûr de la partie. On chante des chansons de Noël, on mélange avec un peu de messe de minuit de Charpentier, on assaisonne avec des la-la-la quand on oublie les paroles. On se réchauffe en sirotant un verre de Caribou, auprès du feu géant qui a été allumé sur la place. La neige tombe mollement, la température est douce (oups ! mon excuse pour le Caribou vient de tomber….). Et enfin, on se retrouve tous dans la salle communautaire pour danser au son de la musique traditionnelle….

Le jour J est enfin arrivé. On le fête généralement en famille restreinte (parents, enfants, plus éventuellement une vieille matante esseulée). Le repas traditionnel est, comme partout, très diététique : tourtière (genre de pâté à la viande), dinde aux canneberges avec pommes de terre, bûche de Noël. Et lorsqu’on a réussi à avaler tout ça, on a accumulé suffisamment de calories pour résister à l’hiver québécois….
Juste après le jour de Noël, on se prépare au vrai party de famille qui rassemble tous les frères, sœurs, grands-parents, mononcles, matantes, cousins et cousines (entre 10 et 150 personnes selon les cas !). Une grande salle est généralement louée, et un buffet froid permet de contenter tout le monde pour que personne n’ait à se coltiner la corvée de cuisine… On organise des jeux pour tous, le traditionnel échange de cadeaux, la matante rigolote fait son sketch annuel, les vieux sortent les violons et commencent à taper du pied, les moins vieux s’empoignent pour une danse en ligne, les petits se courent après en piaillant…. C’est la fête, la vraie, celle qui ne finit plus, celle dont on gardera des souvenirs précieux jusqu’à l’année suivante.

La semaine qui suit le jour de Noël ne ressemble à rien. En général, le lendemain de Noël est toujours férié. Lorsqu’on est chanceux, on peut aussi bénéficier du jour d’après. Bien sûr, on fête encore. Ensuite, on essaye vainement d’aller travailler consciencieusement pendant 3 jours, mais il faut déjà penser au Jour de l’An ! Et là, tout recommence. Ceux qui n’avaient pas fait leur party de famille profitent de l’occasion, ceux qui l’avaient déjà organisé décident de se réunir entre amis. On brunche chez l’un, on dîne chez l’autre, on soupe chez les vieux, on veille en musique chez les copains…. Encore une fois, ça n’en finit plus. Le lendemain du jour de l’an, férié lui aussi, est l’ultime chance de ceux qui n’ont pas réussi à boucler leur tournée amicale ou familiale.

Et le lendemain de tout ça, on se réveille, fracassé…. C’est déjà le 3 janvier.

Moi, je suis contente. J’ai moins fêté que les autres, parce que j’ai bossé le 25 décembre et le 1er janvier avec mes chevaux. Tout s’est très bien passé. Finalement, mon attelage aura été prêt à temps…. Merci Père Noël !!! Et bonne et heureuse année 2006 à vous tous !

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