La vie est une tumultueuse...

La vie est une tumultueuse…

La vie est une tumultueuse.

Aujourd’hui, me lancer dans l’écriture d’une chronique culturelle m’aurait tenté. Une rubrique didactique et éducative mais intéressante quand même, un peu comme une émission sur ARTV ou une chronique de Petit prince.

Malheureusement, la vie au Yukon est une longue rivière tumultueuse et je m’en vais vous conter comment une rencontre saugrenue au bord de l’Alaska Highway peut bouleverser tout à coup le destin d’un immigrant échoué en ces contrées austères. Son souvenir ensorcelant me hante l’esprit depuis que je l’ai aperçue ce jour-là qui somnolait tranquillement dans l’aire de repos, au bord de la rivière. Je sais que je n’aurais pas dû m’approcher d’elle, ni encore moins la caresser, ébloui que j’étais par son sourire charmeur… mais il est trop tard, maintenant je pense à elle jour et nuit, elle s’appelle Christine.

Christine II, c’est ma nouvelle minoune que je n’ai pas encore, mais bientôt. Elle est magnifique. Immense. Pleine de chromes qui ne brillent pas encore, mais bientôt. C’est une vieille Buick ’65, qui repose tranquillement dans un champ, le long d’une rivière. Pis, c’est pas une p’tite japonaise de moumoune : on peut y rentrer toute une gang et sauter à pieds joints sur son hood sans crainte de la défoncer, j’ai essayé. Elle a un grand volant en acier chromé, une longue banquette à l’avant comme à l’arrière, sauf que celle à l’arrière est déboîtée, toute croche, mais il suffit de la replacer. Le compteur, gradué en longueur, affiche 250,000 miles, mais ça je suis pas sûr et d’abord un vieux moteur V8, c’est infatigable ! Et le plus épatant dans tout ça : elle démarre toujours au quart de tour, surtout la radio. Si jamais elle joue les mêmes tounes que dans le film, ça va être écoeurant… ! Ma blonde, qui est un peu cynique des fois, dit qu’elle ne prendra pas en hiver quand il fera -65. Mais, c’est pas grave, le Cherokee ne démarrera pas non plus…. on achètera un ski-doo.

En septembre, à mon retour de Dawson City, on l’achète c’est sûr. Même si je ne vais pas en profiter beaucoup puisque ma boss m’envoie en Alberta pour un congrès à la fin du mois… Je sais pas encore si ce sera Edmonton ou Calgary, mais j’espère que ce sera Banff ! Ensuite, je pars à Ottawa…. Je vais donc encore passer pas mal de temps dans des avions et subir des décalages horaires fatigants, passer mes nuits dans des hôtels et manger au restaurant…. Mais bon je vais pas me plaindre, y’a des gens, ils habitent sur une autoroute et ils travaillent au Mac Do…. Et puis, ça me fera des points sur ma nouvelle carte Aéroplan d’Air Canada. Et après un certain nombre, j’aurai droit à un billet gratuit, que je revendrai pour aller passer des vacances bien méritées… avec Christine, au Mexique… en hiver !

Bref, le mois prochain, je vous promets une vraie chronique culturelle, intéressante et instructive. Je vous conterai l’histoire de Dawson City, où un chercheur d’or transi a dû, un jour de grand froid, couper son orteil gelé et, pour le conserver, l’a déposé dans son scotch. Depuis c’est devenu une tradition dans les saloons locaux : un orteil gelé dans la bière, c’est un peu comme une bean dans un gâteau des rois. Mais avant de vous raconter cette histoire, il faut que j’y aille et que j’y goûte…

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