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La déprime hivernale

Il était temps. Il était temps que le printemps s’en vienne ! Car oui, il est bel est bien arrivé depuis une semaine. Et comme à chaque année, à cette période de l’année, Montréal se transforme, les derniers amoncellements de neige fondent tranquillement pendant que les gens se remettent à sortir et à investir les bars et cafés dont les terrasses s’ouvrent progressivement. Fini le "winter blues", vous pouvez ranger vos simulateurs d’aube au placard jusqu’au prochain hiver. Il était temps !

Je ne suis pas moi-même victime de ce phénomème de déprime hivernale, du moins je ne crois pas. Mais il est certain que l’hiver a une influence négative sur le moral des gens, qu’ils soient au Québec comme partout ailleurs sur le globe (en tous cas, là ou l’hiver est reconnu comme étant une véritable saison ayant des effets visibles dans la nature). Je ne m’exclue pas de cet état de fait : même si je ne déprime pas, je suis sans doute moins jovial, comme tout le monde.

Il faut bien dire que les raisons sont nombreuses au Québec pour en arriver à détester l’hiver.

Père Noël dépriméAprès chaque tempête et chaque bordée de neige, il faut… déneiger sa voiture. Oh oui c’est marrant au début, c’est l’fun, c’est même exotique pour les immigrants nouvellement arrivés. Mais au bout de la quatrième tempête de neige et d’une dizaine de bordées de neige (relativement fréquentes comparées aux tempêtes), un certain "ras-le-bol" s’installe, et c’est bien normal. Ajoutons à ce tableau le passage à l’heure d’hiver, qui tombe au moment où les jours raccourcissent déjà, à la fin du mois d’octobre. La nature fait déjà en sorte qu’il fasse noir de plus en plus tôt. Mais en décembre, période de l’année déjà propice aux dépressions (mentales aussi bien que climatiques), la nuit tombe dès 16h30 si ce n’est plus tôt. A 17 heures, il fait carrément nuit, à l’heure des embouteillages sur Descarie. Puis arrivent janvier et février, les deux mois les plus glacials de l’année. Cette année, les montréalais ont été si l’on peut dire "chanceux" : la première bordée de neige est tombée le 26 décembre. De fait, ils ont du passer un réveillon de Noël sans la moindre trace de neige. Déprimant, d’une certaine manière. Puis la première tempête de neige les a épargnés jusqu’au 15 janvier 2007, date à partir de laquelle on pouvait vraiment s’estimer en hiver, suite au redoux qui a suivi la seule et unique bordée de neige de décembre. Mais à partir de ce 15 janvier, il n’a plus été question de redoux du tout. Les températures, de saison, oscillaient autour des -10 à -15°, ponctuées par des périodes de froid intense à -38° avec le facteur vent, non négligeable celui-là. Et dans ce temps là, personne ne sort, ou seulement par obligation : aller au travail ou remplir le frigidaire par exemple. On ne sort plus "pour le fun" dans ce temps là, plus de petites soirées improvisées à la fin du cours de théâtre : fait ben trop frette, on verra la semaine prochaine ! Ouais… ben la petite soirée improvisée s’est tenue finalement en après-midi dimanche dernier, quand tout danger de vergetures était définitivement écarté.

C’était donc il y a une semaine que la mutation printanière de Montréal et de ses habitants s’est opérée. C’était carrément hallucinant. Un monde fou sur la rue Mont-Royal. Le parc Lafontaine était noir de monde, les cafés et les bars pleins à craquer. On pouvait voir des sourires éclatants sur tous les visages, derrière leurs lunettes de soleil flambant neuves. Les quelques mots qu’on entendait sur les trottoirs disaient tous la même chose "printemps", "chaleur" "agréable", "bientôt l’été"… Bref, je devrais pourtant y être habitué après trois ans, mais non rien à faire, cette renaissance de la ville et des gens quand arrive le printemps est tellement soudaine qu’elle ne peut que surprendre à chaque fois.

Profitons-en, avant que l’été et sa chaleur humide et suffocante ne fasse tourner à plein régime nos climatiseurs ! Sortez et souriez : l’hiver est pour ainsi dire fini pour cette année; il n’aura duré que trois mois, faisant du même coup un beau pied de nez à ceux qui pensent encore que l’hiver au Québec dure six mois dans l’année… Bien sûr nous ne sommes pas à l’abri de quelques flocons : ici aussi, en avril, ne te découvre pas d’un fil… mais d’ici une ou deux semaines, les premiers bourgeons et les arbustes en fleurs viendront définitivement à bout de l’hiver 2006/2007. Immigrantes et immigrants, c’est le moment : venez !

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