Histoires d’hiver… Il neige… Il… - Immigrer.com
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Histoires d’hiver… Il neige… Il…

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Histoires d’hiver….

Il neige…. Il neige…. Il neige. Je ne m’en lasse pas. Les sapins en sont recouverts. Tout est blanc autours de chez moi, sur le balcon, dans le jardin, sur la route, sur le lac. Tout est calme, la nature est comme engourdie, comme endormie. C’est magique, irréel.
Dernièrement, à cause de la luminosité de la neige (et avec l’aide de la pleine lune), on pouvait voir dehors quasiment comme en plein jour.
Peggy et moi avons le nez collé à la vitre….
– On pourrait presque aller se promener sur le lac….
– Ouais….
– 2 heures du mat…. On sort ? On sort pas ?
Il s’en est fallu de peu cette nuit là….

4 jours avant Noël…. il est grand temps que je me préoccupe de mon sapin. Je cours les magasins…. Plus rien. On essaye de me vendre un truc synthétique. Je refuse catégoriquement. Dans le pays du sapin, il est hors de question que je m’achète un truc en plastique. Ce sera un vrai, ou rien. M’en fous qu’il dure moins longtemps, m’en fous des épines par terre. Je m’en fous un peu moins cependant de faire crever égoïstement un vrai sapin alors tant qu’à faire, je préfèrerais en trouver un avec des racines.
Rien….Rien…. Rien.
Ma copie Karine m’appelle…. Je lui raconte mes déboires sapinesques. Elle rigole.
– Ben vient en prendre un chez nous ! J’ai une haie d’épinettes dont je veux me débarrasser de toute façon. Tu n’as qu’à choisir.
Je me précipite. Le plus petit mesure au moins 3 mètres…. Heu….. Ils sont tous trop grands ! Mon esprit de petite française ne trouve pas la solution à ce problème.
– Ben coudonc ! Tu n’as qu’à couper que la tête ! Et tu laisses les racines en terre. Comme ça, il pourra repousser en plus.
Ouf, mon problème écologique est réglé.
Cet après-midi là, il fait un froid polaire. Seulement -18° au thermomètre, mais un vent à décorner les bœufs. J’ai oublié mon bonnet chez moi, je n’ai pas encore de bottes de neige, et pour couronner le tout j’ai oublié de mettre un caleçon polaire sous mon jean…. Pendant que mes oreilles et mes pieds sont en train de geler, je repense en grelottant à la 70ème loi de Murphy : « Si le matin il fait -5° et si tu penses que tu n’auras pas froid habillée comme tu es, alors l’après-midi il fera -20° avec beaucoup de vent…. ». Depuis ce jour, quelque soit la température, j’ai toujours un bonnet et des gants chauds dans la poche de mon blouson….
Je tasse comme je peux mon sapin de 2 mètres dans la voiture et j’arrive chez moi, triomphante. Rempotage, arrosage, décoration, admiration…. Surprise. Sachez-le bonnes gens ! Une épinette fraîchement coupée, ça sent fort ! Tellement fort que je me demande un instant si je ne vais pas être obligée d’ouvrir une fenêtre pour aérer. Deuxième surprise…. Mon sapin pleure. Une sève tellement collante que lorsque je m’en mets sur les mains, ma brosse à ongle et mon savon n’en viennent pas à bout. Tant pis. J’en suis trop fière de mon sapin !

Le lendemain matin, je sors pour aller checker ma boite aux lettres. Hum…. Bien frisquet je trouve…. Je rentre pour jeter un coup d’œil à l’indispensable thermomètre…. -33° ! Je reste sans voix.
Flairant les ennuis, j’essaye de démarrer la voiture. Rien à faire. Impossible. Plus de batterie. Gelée. La question de l’immigrante fraîchement débarquée me revient aux lèvres : Et maintenant…. Je fais QUOI ?
Assistance ? Garage ? Dépannage ? Avant d’en venir aux solutions extrêmes je décide d’aller rendre une petite visite à l’un de mes voisins. Je choisi une maison au pif. Je frappe.
– Heu…. Bonjour, je suis nouvelle dans le coin…. J’ai un petit souci avec ma voiture…. Vous auriez pas des pinces…. et une voiture s’il vous plait ?
En bon québécois averti, le monsieur a des pinces…. et une voiture. Et il n’hésite pas un instant à venir me prêter main forte. Mais malgré tous nos efforts (enfin surtout les siens….), ma voiture refuse de donner signe de vie. Le gentil voisin repart chez lui pour aller chercher un gros chargeur de batterie…. qui restera branché pendant 3 heures avant que ma voiture consente à démarrer… Ouf.
Je repense alors au drôle de fil bizarre que j’avais vu plusieurs fois pendre à l’avant des voitures d’ici. J’ai soudain un flash ! Mais bien sur ! Un chauffe moteur !! C’est vraiment l’outil indispensable ici. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le système, le but du jeu est de faire réchauffer votre moteur en le branchant pendant la nuit sur une prise de courant. Outre le fait qu’un chauffe moteur doit être installé sur votre voiture, vous avez besoin d’une rallonge électrique, qui vous permettra de faire le lien entre le fil qui pendouille du moteur et la prise de courant, qui se trouve normalement à l’extérieur de la maison, ou dans le garage.
Puisque j’en suis à l’équipement d’hiver pour la voiture, mes voisins conseillent aussi d’acheter l’indispensable balayette qui servira au déneigement, ainsi que la pelle qui doit rester toujours dans le coffre, en compagnie de la lampe torche, des bougies, des allumettes (le froid fait geler le gaz des briquets), de la couverture de survie et des barres de chocolat. Si je rajoute ma touche personnelle, je conseille aussi d’acheter un tapis que vous pourrez glisser sous les roues pour le cas où vous voudriez sortir par vous-même du fossé dans lequel vous serez tombé !

Noël arrive…. Malgré une soirée géniale passée en compagnie de forumistes qui se reconnaîtront, je ne peux m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur en pensant à ma famille…. Et je me dis que je ferai tout mon possible pour passer la prochaine période des fêtes en leur compagnie, ici ou ailleurs….

Pour conjurer le coup de blues passager, je décide de m’offrir un petit plaisir et je prends rendez-vous pour aller faire une balade en traîneau à chiens. Après tout, si je veux en faire mon métier plus tard, il faut bien que j’apprenne un jour comment ça marche. Le chenil ne contient pas moins de 200 chiens. Chaque chien est attaché à un arbre par une longue chaîne. Un nom sur chaque arbre, un chien sous chaque nom, une niche pour chaque chien. C’est le concert des aboiements. Tous veulent participer à la promenade. Gaétan, le maître de cérémonie, connaît tous ses chiens par cœur. Il égrène les noms en fonction de la place de chaque chien dans l’attelage et compose sans hésitation 10 attelages de 6 chiens chacun. Ceux qui ne sont pas choisis se recouchent, déçus, le museau entre les pattes. Les heureux élus grognent au vent, paradent, s’excitent et tirent sur leur harnais. Seul le petit junior n’en mène pas large. C’est sa première sortie officielle. Il a la queue entre les pattes, il tremble un peu, il regarde autours de lui d’un air effaré. Je ne lui donne pas deux semaines pour être aussi confiant que ses potes et pour sauter de joie lui aussi.
Chaque attelage est accroché au précédent, chaque traîneau est solidement arrimé à un piquet, les freins sont fichés dans la terre. Les chiens sont comme fous. Les instructions sont brèves. Pour avancer : « up ! ». Pour freiner : « wooow ». Pour tourner à gauche : pied droit sur le frein. Pour tourner à droite : pied gauche sur le frein. Pour arrêter : les deux pieds sur le frein. Nous prenons place aux commandes du traîneau que Gaétan nous a attribué. D’un seul coup, les amarres sont larguées. Les chiens bondissent. Le départ est foudroyant. Quelle puissance ! Quelle vitesse ! Je crie de joie, le nez au vent, la tête dans les étoiles.
Au bout d’un moment, les chiens reviennent à leur vitesse de croisière. Une petite côte se profile à l’horizon. On descend du traîneau pour aider les chiens. On courre à côté. Une descente…. On resaute sur les patins. Le traîneau prend rapidement de la vitesse. Imaginez une luge dans une descente…. tirée par 6 chiens pour l’aider à descendre encore plus vite…. C’est impressionnant. J’ai les deux pieds sur le frein pour que le traîneau n’aille pas plus vite que les chiens. Un virage !! A cette allure ?? La peur vous prend au ventre. Virage à droite ? A gauche ? Vous ne savez plus. Quel pied déjà sur le frein ? Vous improvisez, ça passe. Cool !!! Instinctivement, vous faites les bons choix. La maîtrise de votre traîneau devient instinctive.
Un arrêt. On attend les derniers traîneaux qui ont pris du retard. Mes chiens de tête sont mécontents. Ils tournent la tête vers moi d’un air de dire : « bon alors ? On fait quoi là ? » Je culpabilise. « Ben j’y peux rien les potes….Faut attendre….»
Déjà le retour. Tristement, on dételle les chiens et on les ramène à leur niche. L’un d’eux commence à hurler. Tous reprennent alors le refrain et on a l’impression de se trouver au milieu d’une meute de loups. C’est fantastique.
Je discute avec Gaétan pendant une bonne heure. Je lui pose des milliers de questions à propos de ses chiens, je m’enquiers de la formation de ses guides, de la méthode de fabrication des traîneaux. Je suis passionnée. Il me regarde en rigolant. « Si tu t’ennuies un jour et que tu as envie de voir les chiens…. reviens me voir ! » Je crois que m’ennuie déjà….

Je rentre chez moi, le cœur léger. En passant, je m’arrête acheter de la nourriture pour les oiseaux. Pour la première fois de ma vie, j’ai envie de m’intéresser aux sujets à plumes En effet, chaque jour, j’entends un pic bois dans mon jardin (en France, on appelle ça un pic vert), et sa fidélité m’attendrit (évidemment, je suppose qu’il est fidèle à son territoire plutôt qu’à moi….)
J’accroche un filet rempli de graines de tournesols sur mon fil à linge extérieur, et, en tirant sur la corde coulissante, j’envoie le filet assez loin, tout près d’un arbre.
Au bout de deux jours, j’ai toute une ribambelle d’oiseaux qui viennent picorer mes graines de tournesol. C’est génial. Je me dis que si je nourris les oiseaux, ils ne mouront pas. Et s’ils ne meurent pas, ils boufferont les moustiques qui voudront me bouffer au mois de juin. Logique non ?
Un jour, en me levant, je trouve un truc bizarre dans le filet…. un écureuil ! Il a chassé les oiseaux, il a percé un trou dans le filet, et il est bien confortablement installé à l’intérieur, en train de décortiquer patiemment toutes les graines de tournesol….
Depuis, il est devenu un habitué des lieux. J’ai acheté deux filets. Un pour lui, un pour les oiseaux. Il vient sur la terrasse, dans le jardin. Il est très familier et je peux m’approcher de plus en plus. Un jour, peut-être, il viendra manger dans ma main.

Je regarde par la fenêtre…. Et soudain, je vois un skieur sur le lac ! Suivi d’un chien, puis d’une motoneige…. Le top départ est donné. Si les gens d’ici se promènent sur le lac, c’est que je dois pouvoir le faire aussi.
Comment vous expliquer ce que l’on ressent la première fois lorsque l’on marche sur l’eau ? C’est tout simplement grisant. J’ai fait du canoë sur ce lac, j’ai nagé dans ce lac, et maintenant, je marche dessus. Je me promène, j’en fais le tour, je reviens….
Et puis je me dis que je pourrais essayer de patiner, qui sait ? La difficulté, dans la construction d’une patinoire, est d’enlever toute la neige qui recouvre la glace. Normalement, si la couche est trop épaisse, la pelle est inutilisable et il faut disposer d’une souffleuse à neige.
La météo va jouer en ma faveur. Quelques jours plus tard, étonnamment, la température remonte au dessus de 0° et il pleut. Toute la neige sur le lac fond ce jour là. La nuit suivante, il fait -5°. La glace se solidifie, le lac est un vrai miroir…. Ma patinoire est prête ! Depuis, chaque jour, je chausse les patins. Lorsque quelques flocons de neige font leur apparition, je gratouille avec ma pelle pour entretenir un cercle d’environ 150 mètres de long. J’admire le coucher de soleil en patinant, avant de rentrer boire un bon chocolat chaud.

Et les promenades en raquettes ? Vous avez déjà essayé ? Quoi de plus agréable que de partir le matin d’un jour sans nuage, les raquettes aux pieds, le sac au dos, de gravir une colline en papotant avec des amis qui vous apprennent le nom des arbres ou des oiseaux, qui vous enseignent comment différencier les traces de l’écureuil, du chevreuil ou du lièvre…. Et lorsque vous arrivez en haut de la colline, vous sortez votre pique-nique devant une vue époustouflante, et vous passez deux heures là, à ne rien faire, sinon à contempler le paysage et à vous dire que ben oui…. Il semblerait que vous ayez fait le bon choix tout compte fait.

31 décembre. Fin de l’année 2004. Mon copain Kees est de passage. Vu que je l’ai rencontré sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, nous décidons de concocter notre menu pèlerin : pâtes à la bolognaise, plus un petit extra reçu par la poste en provenance de France : une boite de foie gras.

L’année 2005 commence…. De quoi sera-t-elle faite ?
Au programme pour moi, tout d’abord, un premier retour de quinze jours en France. Je pars à la fin de la semaine et je rentre le 23 janvier. Vous aurez donc deviné l’un des sujets de ma prochaine chronique !
Ensuite, les choses sérieuses vont vraiment commencer. Trouver un premier emploi, prendre des contacts avec des professionnels du tourisme, visiter leurs installations, étudier la viabilité de mon propre projet touristique, reprendre quelques formations si besoin est…. et pourquoi pas, mettre à exécution un projet qui devient, lui aussi une obsession…. Ecrire un livre sur mon pèlerinage à Saint jacques de Compostelle….

A vous tous, fidèles lecteurs ou occasionnels visiteurs, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2005 ! Et qu’elle vous permette de réaliser vos projets les plus fous !

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