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Devenir chauffeur routier au Canada entre le rêve et la réalité – Mode d’emploi et témoignages

Quel chauffeur routier européen n’a jamais rêvé de venir conduire un de ces énormes camions chromés à travers les grands espaces canadiens et américains ?

Ce qui est un rêve pour certains est une nouvelle réalité pour les autres. C’est le cas de Guillaume, arrivé en 2014 et de Piwi (pseudo sur notre forum) qui nous partage ses 8 ans au Québec en tant que chauffeur routier. Français d’origine, ils sont maintenant camionneurs (terme utilisé au Québec) depuis plusieurs années et conduisent leurs camions chaque semaine, du Québec aux États-Unis.
Il faut dire que les entreprises de transport n’arrivent pas à combler les postes, c’est une véritable pénurie de main d’oeuvre qui frappe le pays depuis des années. La plupart des transporteurs voient d’un bon oeil l’arrivée de Français.

Marie-Josée Leblanc en charge chez GT group inc nous dit : “Le marché est grand ouvert pour les emplois de chauffeur Classe 1. Donc le candidat aura l’embarras du choix de la compagnie pour laquelle il voudra travailler.” Même son de cloche chez SGT où l’on affirme se mettre en quatre pour accommoder les nouvelles recrues.

Photo : Piwi

Toutes les étapes sont cruciales

Je voudrais mettre tout de suite les choses au clair, même si la procédure pour immigrer au Canada et exercer le métier de camionneur est bien documentée et présente pas d’obstacles majeurs, il n’existe pas de parcours unique, chacun doit vivre cela avec sa propre réalité. Aussi, nous allons vous détailler toutes les étapes à franchir pour avoir les meilleures chances d’y parvenir, et je vous invite à la plus grande attention car chaque détail compte.

Le voyage exploratoire

La première étape consiste tout d’abord à venir faire un tour au Québec, en touriste, afin d’aller voir si ça vous plait, rencontrer des entreprises de transport et/ou logistique et commencer à récolter des cartes d’affaires. Quoi de mieux que de passer un peu de temps sur place, même en touriste, question de se faire une première idée, savoir si l’on veut poursuivre ?

Pendant ce séjour, vous allez peut-être rencontrer d’autres Français qui ont franchi l’Atlantique et qui exercent maintenant ce métier. Quoi de mieux que d’en discuter avec eux de vive voix autour d’une bière locale ?

Un visa est obligatoire pour commencer

Avant de commencer toute démarche, que ce soit venir vous installer, passer votre permis, ou toute autre démarche, vous devez avoir un visa en règle. Plus options s’offrent à vous en fonction de votre profil. Il est possible de faire la demander d’un PVT, d’un Visa de travail temporaire ou de demander la Résidence permanente.

Photo : Piwi

Le permis d’apprenti

Au Québec c’est la SAAQ qui délivre les permis de conduire, que ce soit pour une auto, une moto ou un camion, ces permis sont catalogués en Classes, dont voici un résumé :

Classe 1 – Ensemble de véhicules routiers
Classe 2 – Autobus aménagé pour le transport de plus de 24 passagers
Classe 3 – Camion
Classe 4A – Véhicules d’urgence
Classe 4B – Minibus et autobus aménagé pour le transport de 24 passagers ou moins
Classe 4C – Taxi
Classe 5 – Automobile
Classes 6A, 6B et 6C – Motocyclettes
Classe 6D – Cyclomoteur (scooter ou mobylette)
Classe 6E – Motocyclette à 3 roues
Classe 8 – Tracteur

Votre permis Français de chauffeur super poids lourd (SPL) n’est pas valable au Québec, vous devez avoir des équivalences dont voici les détails.

Dans certains cas, il vous faut commencer par obtenir un permis d’apprenti. Le permis d’apprenti correspond à peu près à l’obtention code de la route en France, c’est-à-dire que c’est la première étape pour pouvoir obtenir le permis Classe 1 au Québec.

Cet examen porte sur votre connaissance suffisante de la législation sur les véhicules lourds en matière de signalisation, des heures de conduites, des interdictions, des restrictions, et toutes choses ayant rapport avec la conduite d’un véhicule lourd.

Il n’est pas obligatoire de prendre des cours dans une auto-école (école de conduite) ou centre de formation pour passer cet examen, il suffit de lire plusieurs fois le « guide de la route » et « conduire un véhicule lourd » que vous pouvez vous procurer dans les librairies et le centres SAAQ.

Coût des examens pour passer le permis Classe 1 dont le permis d’apprenti.

Il faut compter un peu moins de 80$ pour avoir son permis d’apprenti, l’examen comprend 32 questions et la note de passage est de 75%, soit 24 bonnes réponses sur 32.

Avant de passer l’examen, il vous faudra passer un examen médical demandé par la SAAQ et répondre aux exigences demandées.

voici les exigences pour le permis d’apprenti :

SI VOUS N’AVEZ PAS LA CITOYENNETÉ CANADIENNE

Il faut fournir la preuve que vous êtes autorisé à rester au Canada pour une période d’au moins 6 mois.

Il faut prendre un rendez-vous par téléphone avant de vous inscrire à un cours de conduite.

Région de Montréal : 514 954-7771
Ailleurs au Québec : 1 888 356-6616

Un préposé vous demandera quels documents officiels vous possédez (certificat de naissance, carte de résident permanent, passeport, etc.) pour déterminer votre statut et vérifier la marche à suivre qui s’applique à votre situation.

Une fois le permis d’apprenti en poche qui est valable 18 mois, vous pouvez aller prendre des cours de conduite dans une auto-école.

Dans d’autres cas, il n’est pas nécessaire de repasser des examens pour le permis Classe 5 (automobile) mais juste prendre un RV avec la SAAQ de votre région, et  vous y présenter avec votre permis de conduire Français.

Le permis Classe 1 (équivalent à SPL)

Une fois que vous avez l’équivalent du permis auto Québécois, vous pouvez vous inscrire à une école de conduite.

Le coût approximatif du permis Classe 1 varie en fonction de vos choix, des écoles, mais se situe entre 2500 $ et, ceci comprenant, l’obtention du permis d’apprenti, les frais qui y sont reliés, 10 leçons de conduite de 2 heures chacune, la location du camion pour passer l’examen avec un inspecteur de la SAAQ, la visite médicale, le livre « conduire un véhicule lourd » il en parait un nouvel exemplaire chaque année, en gros cela correspond à cela.

Pour obtenir ce permis il va falloir vous familiarisez avec certaines choses qui sont en vigueur ici, comme par exemple travailler votre changement de vitesses sur des boites non synchronisées les boites « FULLER » dont sont équipés les camions Nord-Américains.

Piwi nous raconte en détail les étapes d’obtention du permis de conduire Classe 1 avec cette fameuse VAD (Vérification avant départ), consiste à la vérification visuelle de tous les organes visibles du truck et du trailer (remorque).

Il vous faut maitriser cette étape à la perfection car il n’y a aucune tolérance de la part des inspecteurs pour un oubli pendant l’examen, ce qui équivaut à un échec. Mais pas seulement, car lors de vos démarches d’emploi et lorsqu’un employeur sera intéressé par votre CV, il vous faudra passer un Road test avec soit un formateur de l’entreprise, soit un vieux chauffeur, soit passé ce test dans une auto-école avec qui l’entreprise fait affaire.

Piwi nous parle aussi de différentes mentions additionnelles : “Une chose très importante que vous devrez vous souvenir lors du dépôt de votre demande de permis classe 1, est qu’il faut stipuler que vous désirez avoir les mentions F et M. Le F correspond aux freins pneumatiques, vous aurez des questions relatives à cela lors du permis d’apprenti, et le M correspond à la conduite des véhicules avec des boites à vitesses manuelles, il est vraiment important de le préciser, aussi non vous n’aurez pas les bons outils de travail pour chercher de l’emploi par la suite.”

À la suite de l’examen pratique et si vous le réussissez, l’inspecteur vous délivrera un permis temporaire en attendant le permis définitif.

Attention ! Il y a des délais, et dans la plupart des cas, comptez au minimum 45 jours avant de vous voir délivrer le permis poids lourd (Classe 1), juste pour l’auto-école. 15 jours pour la théorie et 30 jours pour la conduite.

Au total, toutes les démarches une fois sur place, entre les délais liés à la SAAQ et ceux concernant les cours de conduite et l’obtention du permis, comptez au moins 3 mois. sans que vous puissiez travailler, alors pensez à votre coussin financier car pendant ce temps vous allez devoir vous loger, vous nourrir (vraiment!), etc.

Photo : Piwi

Mais au fait, l’anglais est-il nécessaire ?

La réponse courte est, non, mais la réponse longue dépend de ce que vous comptez faire dés le départ. Certaines entreprises vont être capables de vous accommoder, c’est à dire vous placer tout d’abord sur des circuits au Québec uniquement, d’ailleurs le territoire est assez grand, 3 à 5 fois la France, alors c’est pas si mal. D’autres entreprises vont vouloir vous tester et vous apprendre à évoluer, sachez que l’anglais demandé n’est pas très compliqué, c’est un anglais pratique, simple et fonctionnel qu’on vous demandera. Essentiellement à la douane américaine, vous allez devoir être capable de répondre aux réponses des agents d’immigration. Si vous ne comprenez pas, vous avez le droit de demander à répéter, et comme nous raconte Guillaume, qui anime la page Facebook des routiers Français au Canada, ça lui ait arrivé d’être refoulé parce qu’il ne comprenait pas une question, il ne semble pas traumatisé par cette expérience, il dit avoir fait demi-tour puis être revenu et là c’est passé.

 

Récapitulatif

Venez faire un tour au Québec, rencontrez des entreprises et récoltez des noms. Ça s’appelle le réseautage. N’oubliez pas qu’il y a une pénurie sévère de chauffeurs routiers ici au Québec, et que la plupart des entreprises sérieuses vont vouloir vous accommoder dans la mesure du possible.

À votre retour en France, commencez les démarches, si vous optez pour un visa de travail temporaire, les délais sont beaucoup plus courts que pour une demande de résidence permanente. Cependant vous devez demander à votre futur employeur de vous préparer un EIMT que vous devrez joindre à votre demande de visa.

Une fois votre visa en main, vous débarquez au Québec et vous prenez un rendez-vous avec la SAAQ de votre région. Ensuite choisissez une école de conduite accréditée par la SAAQ et commencez votre formation.

Témoignage de Piwi

Avant l'arrivée au Québec
Mon parcours a été assez simple parce que je l’avais bien préparé avant de venir grâce en partie à Immigrer.com. Avant d’arriver au Québec, j’étais déjà chauffeur de trucks, je possédais une solide expérience de près de 20 ans et ce dans divers domaines du transport. À mon arrivée au Canada, j’ai eu juste à trouver une auto-école qui faisait passer le parmi Classe 1 et un mois plus tard j’étais prêt à travailler. Pour postuler en tant que chauffeur routier classe 1 au Canada/Québec, il faut une expérience de 5 années sur de la longue distance, un anglais intermédiaire maitrisé, bien entendu la conduite de semi-remorque est souhaitée, être débrouillard, autonome.
Anecdote
Petite anecdote, un soir je me suis rendu à une séance d’informations donnée par le Centre de formation du transport routier de St-Jérôme à Joliette. Après la séance, j’ai parlé avec un formateur qui m’a dit :

– “Tu es français, tu as de l’expérience en Classe 1, alors inutile de perdre ton temps avec une formation de 4 mois”.

Surtout qu’en arrivant en 2009 j’aurais dû la financer moi-même (environ 25000 $ CAD), je reviens de Toulouse, je viens de me former chez PROMOTRANS, (équivalent du CFTR ici).

Mes démarches
J’ai trouvé une auto-école à Joliette ou je résidais à l’époque, et j’ai obtenu un genre de forfait sur mesure comprenant :

10 leçons de conduites de 2 heures, la location du truck, le fuel, et les divers frais pour environ 2200/2500 $

Je suis allé passer mon permis apprenti à la SAAQ pour 60 $, c’est vraiment la première étape à faire car sans ce permis apprenti aucune auto-école acceptera de laisser conduire un élève sur la route.

Au bout d’un mois j’ai obtenu ma Classe 1 du premier coup.

Mon parcours professionnel
Par la suite, j’ai démarché quelques entreprises et je suis rentré chez Malo transport à Joliette. Je tiens à préciser que je n’ai pas eu de difficultés à me vendre car les routiers Français sont bien appréciés au Québec de part les formations que nous suivons tout au long de notre carrière. Par la suite, j’ai quitté Malo transport pour me rapprocher de la banlieue de Montréal car mon fils étant autiste, il est plus facile de trouver des services adaptés ici qu’en région. Je travaille depuis début 2013 pour une agence de placement de Montréal, mais je me rends tous les jours sur Terrebonne car leur client principal se trouve là.

 

Références

Entreprises de transport

Ressources

Laurent Gigon
Originaire de l'est de la France, Laurent a travaillé 10 ans à Paris comme monteur en télévision sur des émissions de divertissement et des documentaires. En 1995, il immigre à Montréal et lance son entreprise de services internet. Il est cofondateur d'Immigrer.com.
http://immigrer.com

Commentaires sur “Devenir chauffeur routier au Canada entre le rêve et la réalité – Mode d’emploi et témoignages

  1. Bonjour je répond au nom de Timonko Saturnin je suis conducteur poids lourd depuis 13ans et voudrais immigré au Canada ! Quel sont les conditions a remplir?merci et a bientôt

  2. HAHAHA je rigole bien quand je vois tout ce blabla concernant la recherche de french trucker sur le Québec, et encore plus quand on voit écrit que SGT ” se met en quatre ” pour recruter des nouveaux immigrants ! Alors déjà d’une : ils ne prennent RIEN en charge. Et de deux ils ne cherchent pas, car quand je vois le temps qu’ils m’ont fait perdre ! Après avoir eu un entretient aux journée mobilité Québec de paris en juin 2017 avec eux, ils m’ont fait patienter 2 mois sans aucune nouvelles, ensuite il y a eu les webcam entrevues, une, puis deux, trois, toujours espacer de quelques semaines, après plus aucune nouvelle, jusqu’au beau jour ou tu reçois un mail avec écrit ” votre candidature ne sera pas retenue ” et on te laisse là en plan comme de la m***e, avec tes projets déjà lancer.
    Mais le pire, c’est qu’on ne te dit pas pourquoi ta candidature n’est pas retenue alors que quelques semaines auparavant on te promet monts et merveilles en te disant que tu va finir routier canadien. Une belle mentalité française au final.

    1. Salut cest mais arriver La meme chose que toi je suis aller faire un test carrément chez eux sur le simulateur ceter bon pour moi lenglais etait pas top mais ceter pas compliquer très content de m’avoir vu très souriant pareil la webcam 1 2 3 et plus aucune nouvelle donc voila un peu désespèrent mai j’ai regarder sur plein de forum SGT cest une boite de transport pour les bleu juste pour ce faire la main apparament le job et pas top voili voila a plush

      1. Oui ils sont même pas dans le top 50 des meilleures compagnies Canadienne (voir truckstopquebec.com) donc cela veux tout dire ! Quand une entreprise cherche beaucoup c’est qu’il y a un problème forcement.

        De plus en tant qu’immigrer il faut bien se dire ceci : Comme en europe avec les polonais qui travaillent en France, nous même français au Canada sommes traité de la même façon.

        alors attention aux passionnés qui souhaite vivre un rêve, ils pourraient vite en être dégouter à vie.

  3. Ouais, pénurie de main-d’oeuvre, et manque de camionneurs, mais bon, le délai d’attente pour le permis (environ 3 mois en démarrant de suite), coûte cher, et limite l’accès.
    Comme de trop nombreux pays, ces choix d’immigration/emploi, présentés comme des opportunités, masquent le réel, et oublient la sélectivité financière. Quel routier français à 1800€/mensuel peut immigrer au Québec ?
    En revanche, on peut aussi apprécier la franchise montrée par ce gouvernement, qui rappelle qu’avant de venir, il faut se construire un plan professionnel, ce qui évite bien des blocages ensuite.
    Reste que les informations sont difficiles à obtenir, et le réseau compliqué à construire.
    Faites de doux rêves, mais pensez aussi à ce que vous pouvez faire ici.

  4. J’ai un ami qui vit en Afrique et souhaite immigrer au Canada. Il me demande de me renseigner pour commencer par investir dans l’achat d’un truck et le faire travailler. Pouvez vous me donner des renseignements su les divers possibilités. Inconvénient , il est anglophone stricte …!!!

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