La grande joie d’être au Québec

En fin de semaine dernière je suis allée marcher avec mes concitoyens au jour de la Terre, j’y suis allée avec mon fils, la prunelle de mes yeux, avec nous il y avait mon amie, son fils, sa sœur et les conjoints. Nous étions au milieu d’une belle foule de familles et d’amis sortis en cette grisaille pour saluer la planète et pour manifester pour toutes sortes de mouvements politiques, écologiques et humains. Certains marchaient contre la politique de leur gouvernement, d’autres manifestaient pour soutenir leurs étudiants, tous exprimaient leurs opinions dans la paix, la joie et la bonne humeur.

Ce qui m’a personnellement marqué lors de cet évènement, c’est qu’ils avaient tous le droit de dire haut et fort ce qu’ils pensaient de leur gouvernement, ils avaient le droit à la critique, ils avaient le droit d’exprimer leurs mécontentement et leurs déception sans qu’il y ait de conséquences pour leurs salut ou pour celui de leurs familles. Ils n’avaient pas peur et on pouvait sentir la liberté dans tous leurs gestes et même la lire sur leurs pancartes bricolées et pleines de couleurs. Je suis très fière d’appartenir à cette nation et d’avoir pu partager avec ces quelques deux cent mille personnes un petit moment de liberté d’expression.

A plusieurs reprises depuis mon arrivée, on m’a demandé de me prononcer sur un sujet très délicat, le Québec, son unicité et son indépendance. Pour avoir partagé quelques manifestations et plusieurs journées dans la vie des Québécois et vu que je n’ai jamais quitté le Québec depuis mon arrivée au Canada, serais ce possible que l’amour que j’ai pour ce pays soit en grande partie l’amour que j’ai pour cette province ? Si je dis que j’aime cette nation que je côtoie et que je suis fière d’y appartenir, cela veut-il implicitement dire que j’aime les Québécois ?

Je n’ai pas la réponse à ces questions pour la simple et bonne raison que je n’ai pas encore eu la chance de comparer. Je ne sais pas ce que je penserais des Albertains vu que je n’ai jamais été en Alberta, je n’ai rien contre les Albertains, c’est juste un exemple. Tout ce que je sais c’est que c’est au Québec que j’ai choisi de rester et de vivre.

Je pense que je respecte le combat des Québécois pour leur unicité sans nécessairement en saisir toutes les nuances. En fait je ne sais encore que faire de mon opinion politique, parfois je la partage trop et parfois je n’ose l’exprimer. Je reste ébahie devant une manifestation où on peut publiquement ridiculiser son gouvernement, chose qui aurait eu pour conséquence la peine de mort et la torture dans un pays comme celui où j’ai grandi.

Les immigrants sont accueilli au Québec, on leur montre comment gagner leurs vies et comment fonctionne la machine, on leur offre la possibilité de suivre des cours de français. Personne à ma connaissance ne leurs parle de l’histoire de cette Province. Il me semble que le Québec n’est pas juste une langue qu’on parle. Quand j’ai obtenu ma résidence permanente en 2008, on m’a remis un prospectus « Bienvenue au Canada », pourtant ma sélection s’est faite par les services de l’immigration du Québec, qui ne m’a jamais remis de document intitulé « Bienvenu au Québec ».

Si on ne marque pas de différentiation dans la tête des immigrants qu’ici ils sont au Québec, comment voulez-vous qu’ils s’en rendent compte ? La plupart sont partis vivre au Canada. La plupart pensent que partout ailleurs c’est comme au Québec. Quelques années plus tard on leur demande leur opinion politique sur le sujet. Franchement comment voulez-vous qu’ils en aient ? Et puis si par hasard ils en ont, elle reste largement influencée par l’idiologie communément partagée dans leur cercle de connaissances.

Savez-vous quand est ce que j’ai compris que le Québec était unique ? C’est quand il a voté pour le NPD lors des dernières élections nationales. Même dans son changement de cap, il a choisi un sens différent du reste du pays. C’était surprenant de voir la carte du Canada en bleu foncé avec un ilot oranger au Québec.

Ce que je veux dire par tout ça, c’est qu’avant de demander à un immigrant de se situer sur un débat aussi délicat, aidons-le à se faire une opinion en lui fournissant de la documentation sur l’histoire du Québec qui soit la plus objective possible. Récemment j’ai demandé à une amie de me fournir quelques références sur le sujet et je compte en faire ma lecture de chevet pour les prochains mois afin de me faire ma propre opinion. En attendant je continue d’aimer ma vie telle qu’elle est ici et maintenant dans la Belle province du Québec.

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