Chronique du Petit Nord

Premier mai 2009

Il neige à Amos. Pour la Montréalaise que je suis, c’est complètement déprimant. Surtout après la semaine de fous que je viens de passer. 22 degrés lundi dernier. Les neiges ont tellement fondues que le lac s’est dangereusement avancé vers ma maison, jusque sous le patio; j’ai cru que j’allais être inondée.

Ne sachant trop quoi faire. La dame du bureau de poste de Trécesson m’envoie son mari au chômage, pour me prêter main forte. Il me conseille d’aller acheter des sacs de sable au Rona, pour qu’on fasse une digue. Et puis on pourrait louer une pompe, pour pomper l’eau à l’intérieur de la digue vers l’extérieur.

Je pars avec mon 4 X 4 chez Rona. Ils embarquent 12 poches de 66 livres de sable dans mon coffre. C’est le maximum que ma voiture peut prendre, la suspension est complètement écrasée. J’arrive chez moi, je dois sortir les sacs de sable. 12 X 66 livres = 792 livres. Dites donc, je n’aurai pas besoin d’aller au gym aujourd’hui.

Sur les entrefaits, mon voisin Raymond arrive. Il me demande ce que je fous avec mes 12 poches de sable…Je l’avais appelé plus tôt parce que sa motoneige, qu’il avait placée près de sa maison, prenait dangereusement l’eau!

« Ma pauvre, qu’il me dit, ça ne sert absolument à rien de mettre des sacs de sable, la forêt est inondée, le lac entoure ta maison, il te faudrait au moins deux mille sacs de sable pour faire une différence. Et puis, où veux-tu pomper l’eau au juste? »

Au même moment, le mari de la dame du bureau de poste arrive. Raymond lui demande où diable il a pêché une pareille idée!

« J’ai vu ça à la télé… »

« Ben oui, de répondre mon voisin, si c’était une rivière, on pourrait la détourner avec des sacs de sable, si le village au complet si mettait, mais là, tu comptais faire ça tout seul avec Catherine? »

Le monsieur a bien dû admettre que ça n’avait pas de bon sens. Et puis, j’avais mal compris, il ne m’avait pas demandé d’acheter des sacs de sable, mais bien des sacs pour mettre du sable…

Ben dis donc, il va falloir que je me retape les 12 sacs de sable de 66 livres…toute seule, parce que Raymond, mon voisin, s’est cassé trois côtes la semaine dernière, en tombant d’un escabeau.

Donc, je remets les 12 sacs de sable dans mon coffre, de peine et de misère. Et il y en a trois qui ouvrent…Bonjour le dégât dans le coffre arrière, dans ma voiture que je viens de faire nettoyer, la veille!

La route 111 est inondée. Les choses sont au plus mal!

Finalement, la ville envoie des bonshommes sur un pont près de chez moi avec une pompe et ils envoient l’eau du lac dans la rivière. Comme par miracle, le lac a commencé à s’éloigner de ma maison.

Quelle n’avait pas été ma surprise au matin de voir des canards plonger devant mon patio!!! D’ordinaire, le lac est environ à 50 pieds de ma maison!

Pour tourner cette mésaventure en rigolade, je décide de sortir mon kayak, pour la première fois de l’année et de faire du kayak sur mon terrain! Je suis allée sur le terrain de Raymond et celui de la voisine. La motomarine de Raymond a dévié jusque chez la voisine à cause du courant.

Il y avait encore une fine couche de glace sur le lac, mon kayak la brisait comme un brise-glace. Elle est mince et très mouillée. Le lac ne devrait plus tarder à caler.

La marmote est sortie de sa cachette. Ce qui devrait être un bon signe!

Dire qu’il y a deux semaines, il y avait encore plein de neige et que par un heureux hasard, j’ai regardé par la fenêtre de mon bureau et j’ai vu 3 magnifiques lynx adultes traverser mon terrain…

Après tout, ça vaut peut-être la peine de geler…pour vivre en Abitibi!

Miss Plateau

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