Ce n’est qu’un aurevoir… | S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Ce n’est qu’un aurevoir…

J’avais 21 ans la première fois que j’ai franchi l’Atlantique pour venir m’installer à Toronto afin d’étudier l’anglais pour un an. Je me souviens comme c’était excitant de se sentir libre, ma jeune vie devant moi, ce voyage rimait avec aventure et anticipation. Il n’y avait aucune peur, aucune crainte par rapport à mon futur. J’avais soif de changements et de nouvelles expériences. Je vivais ma vie au jour le jour. Un an, puis deux, puis trois, la facilité de trouver du travail m’a fait aller de petits boulots en petits boulots jusqu’à trouver ma voie et de me faire une place dans cette communauté, me sentir reconnue. C’est ainsi que j’ai pris ma décision, mon choix était de rester au Canada, d’y faire ma vie, je savais qu’au fond de moi je rentrerais un jour en France, un jour que je voyais lointain….Malheureusement durant toutes ces années, l’amour n’était jamais au rendez-vous, pourtant Toronto est une grande ville, mais je n’ai jamais croisé personne. L’amour pointe son nez au moment où l’on s’y attend le moins, et c’est ainsi qu’il y a deux ans, au cours de mes vacances en France, je suis tombée amoureuse d’un homme qui pendant plus de 7 ans n’était qu’un ami. Et ce jour là, ma vie a pris un autre tournant…

Cependant, je n’ai pas pris mon billet d’avion tout de suite. J’ai pris mon temps parce que je voulais prendre la bonne décision, celle de partir pour moi et non pas pour quelqu’un d’autre, il m’a fallu deux ans exactement… Donc aujourd’hui, je repars, mais cette fois j’ai l’impression de me retrouver face à une falaise, avec cette fois la peur comme principal acteur dans mon jeu. J’ai quitté mon appart, et je vais laisser dix ans de ma vie, mes amis, mon travail, ma communauté, ce pays merveilleux, pour retourner vivre en France, pays où tout le monde se bat pour garder ou retrouver du travail, alors qu’ici, tout les directeurs se battent pour t’engager. La décision est prise mais je ne peux m’empêcher de douter sur mon avenir.

Malgré tout, cela fait des mois que je me prépare au départ, je dors mal, réveillée par des crises d’anxiété. Les amis que j’ai sont à 30 ans, en train d’économiser pour essayer d’acheter une maison, un appartement, faire des enfants, avoir une augmentation ou trouver un meilleur poste. Moi je marche tout droit dans l’abysse. J’ai peur de faire une erreur, peur que cela ne marche pas, peur de ne pas trouver de travail, peur de vivre une nouvelle vie, peur de tout reprendre à zéro.

Mais l’amour est un moteur puissant. Je sais également que je ne saurai jamais comment cela pourrait être si je ne le fais pas. Je veux changer ma vie et je crois au destin, je sais que cette rencontre signifie quelque chose et je sais que pour cela il faut prendre le risque.

Je suis mélangée entre les sentiments puissants d’excitation et de peur. La peur est un sentiment bizarre. Elle peut parfois vous sauver, mais elle peut également vous paralyser et vous empêcher de faire ou d’essayer quelque chose de nouveau.

Cependant il faut saisir la chance quand elle s’offre à vous, je crois au destin et j’y ai toujours cru. Si ce destin vient croiser votre route et que cela demande un changement important aux plans de votre vie alors il faut le suivre. Je sais que le Canada sera toujours là, et que je pourrai toujours revenir un jour, je sais également qu’il y a une nouvelle vie qui m’attend et si j’ai réussi en 10 ans à me faire des amis, à me faire une place dans un pays de langue étrangère, je ne vois pas pourquoi je n’y arriverais pas dans mon pays d’origine. Je suis également excitée à l’idée de revoir ma famille, mon homme, mes montagnes vosgiennes, les yaourts au chocolat J…

La dernière fois que j’ai suivi mon destin, ma vie était devant moi. Aujourd’hui, une nouvelle aventure s’ouvre devant moi, et comme le dit l’expression : <>alors il faut un jour ou l’autre se lancer…

Ce jour est arrivé et c’est en baignant au milieu des cartons que je vous écris ma dernière chronique. Chaque année à cette période de l’année, je vous parle des activités à venir pour cet été, aujourd’hui je laisse la place à de nouveaux immigrants, prêts à vous parler et à vous faire rêver de Toronto. Je ne vous cache pas que j’aimerais de temps en temps venir vous faire un petit coucou français pour reparler un peu du Canada. Le Canada est vraiment un pays magnifique, le pays de mon cœur, et je sais qu’il sera difficile de partir dans 6 semaines. Mais je sais également que ce qui m’attend en France n’est pas ici…Et je suis sûre que cela va se passer très bien aussi.
Et le Canada ce n’est pas loin finalement, je sais également qu’un jour je reviendrai, et cette fois je serai peut-être accompagnée.

On verra où le destin va me mener plus tard, en attendant je suis ma route…et je vous dis : à tantôt…

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