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Avez-vous déjà participé à une course à pied ?

J’entends par là, courir sur une longue distance. Bien sûr, comme tout le monde je courais à l’école, mais qui de nous aimait courir les 20 min autour du terrain ?…Pas beaucoup de monde à mon avis !

Alors voilà, un jour, j’ai fait les 5 km pour « Run for the cure », une course dont les fonds vont au cancer du sein. J’étais bouleversée par le nombre de participants, hommes, femmes, jeunes, seniors…Tous porteurs d’un message affiché dans leur dos : « I run for my mother, my sister… », « I run for myself », « I run for my wife… ». Tous ces coureurs unis pour la même cause, je trouvais cela magnifique.

Courir ces 5 km m’ont donné envie de courir davantage. C’est comme ça que j’ai pu découvrir de beaux petits quartiers mais aussi une belle communauté de coureurs.

Hier, j’ai fait ma 10ieme course, la dernière de l’année. C’était au zoo de Toronto, il faisait froid, nous étions pourtant 2000 à se retrouver là, à 9h30, dans le froid, prêts à courir 10 km. J’aime vraiment cette ambiance, tout le monde fait le décompte, le bruit des puces bip à chaque passage sur le fil, les discussions des coureurs qui petit à petit sont remplacés par la cadence de leurs souffles, les encouragements de tous ces spectateurs venus braver le froid pour encourager amis, mères, pères et autres participants du jour. Et c’est en courant que m’est venu l’idée de cette chronique.

Tout d’abord, ce que j’aime au Canada, c’est le fait que tout le monde ait la chance de participer à des 5, 10 km, semi marathons et marathons. Peu de personnes font partie d’une association, à part les coureurs inscrits au « Running Room », ou ceux qui font partie d’une équipe pour une cure. En France, beaucoup de coureurs sont inscrits à la Fédération Française d’Athlétisme, ils ont un numéro de licence. Ils doivent inscrire leur numéro de licence, ainsi que le nom de la fédération sportive dans leurs inscriptions. Pour les non licenciés, ils doivent joindre au bulletin d’inscription une copie certifiée conforme d’un certificat médical de non contre-indication à la pratique de la course à pied en compétition datant de moins d’un an, conformément à la loi n :99-223 du 23 mars 1999.

Je suis allée voir cette fameuse loi, elle est relative à la protection de la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage. Douze pages, dans lesquelles il est essentiellement question de dopage. Donc, que font les Français ? Ils vont chez leur médecin de famille, et ensuite ? Si leur médecin ressemble au mien, comment peuvent-ils vraiment prouver que nous sommes aptes à la course à pied? En effet, je me rappelle avoir eu besoin d’un certificat pour pouvoir encadrer des ados dans une colonie de ski. Cela s’est fait assez rapidement, un peu trop à mon goût, j’imagine que ce ne doit pas être si différent pour un autre sport…

Au Canada, nous n’avons pas besoin de faire un certificat pour participer aux courses de 5km, 10km, semi et marathons. Nous remplissons un formulaire, dans lequel nous signons un « waiver », une décharge indiquant que nous sommes en bonne santé et que nous ne ferons aucune poursuite en cas de décès sur le parcours. Personnellement, je préfère cela. Nous sommes les seuls finalement à savoir si oui ou non nous avons la forme requise pour mettre son corps à rude épreuve. Nous savons si nous nous sommes suffisamment entraînés ou pas.

Toutes les inscriptions sont destinées à une cause, toutes plus importantes les unes que les autres. Bien souvent sur un même week-end on aura 2 ou 3 différentes courses, pour différents organismes. Il est parfois difficile de faire son choix !

J’aimerais faire la comparaison entre deux courses, « La Parisienne » et « Run for the Cure ». Toutes deux reversent de l’argent à la fondation pour la recherche contre le cancer du sein, pourtant la course en elle-même est bien différente.

Tout d’abord en France, la course n’est ouverte qu’à 10 000 participantes, toutes des femmes. L’inscription est de 30 euros.

Au Canada, la course est ouverte à tout le monde sans restriction : hommes, femmes…De ce fait, cette année, il y a eu 30 000 participants ! Et il n’y a pas de minimum de collecte de fond : plus il y a de monde, mieux c’est !

Pour toute inscription à la course Française, l’organisation reverse seulement 1 euro à la fondation qui lutte contre le cancer. Oui, 1 seul euro…

Au Canada, l’argent collecté est reversé à la lutte, cette année 5, 047,856.34$ ont été collectés tandis que la France collectait seulement 13 480 euros (18606 $).

Pourquoi une telle différence ? Est-ce qu’une petite part des fonds du Gouvernement Français est déjà versé à toutes ces recherches ?

Tous les fonds collectés lors des courses sont dans la plupart des cas reversés à 100% aux organismes. Par exemple, la course de “ Harry’s spring run off”au Canada qui lutte contre le cancer de la prostate est ouverte à 2500 participants et tous les frais d inscriptions sont reversés à 100% contre la lutte.

Bien sûr dans chaque course une part est versée à l’organisation de l’évènement, en 15 ans de courses mon amie a vu apparaître petit à petit des t-shirts de meilleure qualité, des puces électroniques qui chronomètrent notre temps. Tout cela mérite d’être financé afin que la course et la cause soient mises en valeur.

Mais pourquoi les canadiens sont-ils aussi généreux dans leurs dons ? Pourquoi autant d’évènements liés aux recherches ? Y aurait-il un lien avec le Gouvernement ? Ou est-ce lié à un jeune homme qui a réussi par son courage à influencer les canadiens à donner plus, à devenir plus conscients d’une certaine maladie, qui, il y a 25 ans faisait ses premiers ravages dans certaines familles…

Ce jeune homme n’est autre que le célèbre Terry Fox.

Terry Fox est né le 28 juillet 1958 à Winnipeg. Passionné de sport, il s’oriente alors vers une carrière de professeur d’EPS. Il s’inscrit à l’université de Burnaby en Colombie Britannique. Sa vie va alors basculer en 1977 lorsque après avoir ressenti une douleur au genou droit, les médecins lui diagnostiquent un cancer des os. A cette époque, la seule manière de traiter la maladie est l’amputation. Le jeune homme de 18 ans se voit alors contraint à perdre sa jambe. C’est à l’hôpital qu’il fut si touché par la détresse et la souffrance des autres patients victimes de la même maladie qu’il se décide donc de s’engager dans une course pour faire avancer la recherche contre le cancer. Après un entraînement intense de 18 mois, au cours desquels il va parcourir plus de 5000 km, il entame le 12 avril 1980 son « Marathon de l’Espoir » depuis St John’s (Terre-Neuve). Le but de ce marathon étant de traverser le Canada d’est en ouest en courant l’équivalent d’un marathon chaque jour, c’est-à-dire, un peu plus de 42 km. Par cette course, il espérait attirer l’attention, et récolter au profit de la recherche contre le cancer, un dollar par citoyen canadien.

Après des débuts difficiles, il devient de plus en plus reconnu en traversant les différentes villes de l’est. A Toronto, le 11 juillet, une foule immense l’attend alors qu’il en est à ses 3524 km. A travers toutes ces villes il va parler de sa maladie, de son geste, et va trouver de plus en plus de monde qui va l’écouter, le suivre, l’aider. Malheureusement, Terry Fox va devoir abandonner son marathon de l’espoir, le 1er septembre 1980. C’est à Thunder Bay, en Ontario, après 5 373km et 143 jours de courses qu’il finira épuisé, le cancer ayant touché les poumons. Il va lutter contre cette maladie, jusqu’au 28 juin 1981, un mois avant son vingt-troisième anniversaire.

Depuis ce jour, le « Marathon de l’Espoir » continue, et chaque année la course de Terry Fox est organisée partout au Canada mais également dans le monde entier. Tous les dons récoltés, c’est-à-dire des centaines de millions de dollars, vont en faveur de la recherche contre le cancer.

Courage et détermination ont permis à Terry Fox d’attirer l’attention sur une maladie encore méconnue. D’après un sondage, les canadiens ont reconnu Terry Fox comme étant le plus grand canadien du vingtième siècle. Il a, par sa détermination, sa bravoure, son courage influencé des millions d’organismes à faire de même. Par dessus tout, il a influencé des millions de personnes à ouvrir les yeux, à être plus généreux. Si vous voulez en savoir plus, allez voir le site officiel :

http://www.journeeterryfox.org/french/home/default.asp?s=1

Alors voilà, un beau geste d’entraide, de solidarité, courir pour une cause. J’aime à croire que si plus de monde participe à toutes ses courses, on arrivera un jour à lutter contre toutes ces maladies qui envahissent malheureusement notre quotidien.

Alors qu’attendez-vous pour vous chausser ?…N’hésitez plus, courir est bon pour la santé, c’est bon pour découvrir une nouvelle ville et c’est bon pour la recherche…

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