À l’aube d’un déconfinement au Québec : retour vers une vie « normale »?

J’ai attendu ce moment avec impatience! Le gouvernement du Québec nous annonçait il y a quelques jours son plan de déconfinement, lequel vise une levée complète des restrictions encore récemment imposées aux restaurants, bars, salles de spectacle, gymnases et spas de la province. Et oui, jusqu’au 12 février dernier, il nous était impossible de recevoir des amis à la maison pour un souper, d’aller diner au restaurant, de s’entrainer à la salle de sport ou encore de sortir écouter un spectacle. Certains diront que ce n’est pas la mer à boire pour rester en santé, mais ici l’hiver, on a besoin (ou plutôt j’ai besoin) de sortir, de voir du monde et de profiter de ce que la saison a à offrir pour me changer les idées. 

On a tous fait preuve de résilience. Je considère avoir été patiente. J’ai suivi toutes les recommandations à la lettre. Je suis vaccinée, pas une fois, pas deux fois, mais trois fois! D’ailleurs, le taux de vaccination des Québécois atteint 90%, ce qui classe le Québec parmi les premiers rangs mondiaux. Je ne suis pas sortie du pays depuis deux ans. Je n’ai pas attrapé le virus, du moins pas à ma connaissance. Pourtant tout cela ne m’a pas valu une plus grande liberté dans ma vie de tous les jours, ce que je déplore. Quand je nous compare avec la France, je me pose de sérieuses questions. Les cas là-bas se comptent en centaines de milliers alors qu’ici on parle d’une couple de mille. Pourtant, les mesures sanitaires sont déjà levées en France. Il faut dire que la faiblesse au Québec, c’est notre système de santé. On manque de personnel et de capacité dans les hôpitaux alors on a dû mettre en place des restrictions drastiques de peur que nos hôpitaux ne débordent. Mais cela se répercute tout de même sur les québécois qui voient leurs opérations et leurs examens repoussés.

Pour toutes ces raisons, j’ai très hâte à un retour à la normale. Je ne suis pas faite pour rester cloîtrée. J’ai le goût de sortir et de voyager. Alors je devrais être contente que les restrictions se lèvent peu à peu. Et pourtant, je reste sceptique. Il faut dire que l’inflation se fait sentir. Je ne suis pas à plaindre, je gagne bien ma vie, mais certaines choses me révoltent telles que le prix de l’essence ou encore la hausse du coût de mon panier à l’épicerie. J’ai hâte que tout cela se calme et rentre dans l’ordre pour pouvoir à nouveau profiter sans trop avoir à calculer. Je fais attention tout de même à ne pas me faire trop d’espoirs des fois qu’une 15e vague de COVID nous retombe dessus. Je me demande d’ailleurs ce que signifie ce retour à la normale. Est-ce que ça va vraiment être normal dans le fond? S’agit-il vraiment de reprendre notre vie là où on la laisser, fin 2019, avant toute cette pagaille et cette incertitude stagnante? 

Vous devez me trouver quelque peu pessimiste aujourd’hui. Je suis habituellement une personne joyeuse! La météo doit m’influencer dans le mauvais sens. C’est la tempête ici cette fin de semaine et j’ai le goût d’être sur une plage à Cuba, à siroter un cocktail. Il est vrai que tout n’est pas noir et que la pandémie a eu quelques effets positifs, tels que le télétravail par exemple. Beaucoup de personnes de mon entourage apprécient cela. C’est vrai qu’il y a des avantages indéniables. Je ne perds plus de temps dans les transports le matin et le soir. J’économise aussi de l’argent sur le transport et le stationnement. Certains peuvent se lever un peu plus tard (sauf ceux qui ont des enfants, dommage!) et travailler en pantoufle dans le confort de sa maison. Tout cela est formidable! Oui, sauf que je ne compte plus mes heures travaillées. Je prends très peu de temps pour manger et le soir je suis toujours devant mon écran. Résultat, j’engraisse et je me pose des questions existentielles! Le problème, c’est que la maison est devenue mon lieu de travail. L’ordinateur est toujours là, allumé, à m’attendre, et le travail ne manque pas. En réalité, ce sont davantage les ressources humaines qui manquent aujourd’hui. On commence à peine à se sortir de cette maudite pandémie que la pénurie de main-d’œuvre nous rattrape et se répercute par une hausse du temps travaillé par les personnes actives. Le besoin est si grand que les entreprises rappellent les employés à la retraite. 

En effet, près de 1,4 million de postes vacants devront être pourvus d’ici 2029, selon l’Institut de la statistique du Québec. Le gouvernement est bien conscient de cet enjeu qui freine la croissance des entreprises québécoises. Le premier ministre, M. François Legault, ainsi que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et ministre responsable de la région de la Mauricie, M. Jean Boulet, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Mme Danielle McCann, ont annoncé fin 2021 l’Opération main-d’œuvre, soutenue par un investissement de près de 4 milliards pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs priorisés. Ainsi, des efforts particuliers sont consentis afin d’intégrer 60 000 personnes qualifiées supplémentaires sur le marché du travail. Le gouvernement a notamment ciblé trois secteurs stratégiques pour l’économie de la province, à savoir les technologies de l’information, le génie et la construction. Les entreprises recherchent des talents et n’ont pas le choix que de repenser leurs stratégies de recrutement et de rétention. Elles sont plus nombreuses à se préoccuper de leur marque employeur ainsi que des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. Elles ont compris qu’elles pouvaient tirer profit de la diversité et de l’inclusion pour aller chercher de la main-d’œuvre en dehors des bassins dits traditionnels. La balance s’inverse car les candidats ont du choix. C’est sans doute une des raisons qui attirent tant d’immigrants français au Québec chaque année; les opportunités de carrière ne manquent pas. Ce qu’il nous manque ici, c’est la relève. Nos institutions d’enseignement ne forment pas assez de jeunes diplômés pour combler des départs à la retraite prévus dans les deux prochaines années. On va frapper un mur, et ce dans tous les secteurs d’activité. Il existe des solutions bien entendu pour palier au manque de main-d’œuvre telles que l’automatisation ou encore l’augmentation des compétences qui permettent des gains de productivité. Néanmoins, le Québec a de sérieux enjeux économiques et sociaux à relever s’il veut pouvoir continuer de stimuler la croissance économique et réduire sa dette. La reprise économique qui s’opère amène d’importants défis qui fragilisent les chaînes d’approvisionnement et entraînent l’inflation. Il nous faut absolument accroître le bassin de main-d’œuvre disponible, et rapidement. Cela passe notamment par la persévérance scolaire mais aussi par l’attraction et la rétention d’étudiants étrangers. Alors j’aimerais appeler les étudiants Français à venir étudier au Québec car nous avons besoin de vous. Nous avons de très bonnes écoles avec d’excellents programmes de formation qui débouchent sur de bons emplois. Si vous voulez en savoir plus, je vous donne deux rendez-vous virtuels; le mercredi 23 février 2022 dans une entrevue animée par Laurence Nadeau du site Immigrer.com, et le 15 mars 2022, lors d’une séance d’information exclusive avec Montréal International. Je vous dis à bientôt! 

Béatrice Montréal
BéatriceMontréal est arrivée en 2010 au Québec avec son mari et ses deux enfants alors âgées de 2 ans et 4 mois! Jeune française dans la trentaine originaire du Sud-ouest de la France, elle s'installe dans l'Ouest de la l'île de Montréal.
  • J’ai très hâte de déménager au Canada pour le travail, mais les contrats de travail sont difficiles à obtenir malgré le sérieux et le sacrifice dans mon esprit afin de réussir dans la spécialité et de faire le travail au maximum dans un premier temps, bien sûr, les conditions nécessitent plus de formation et plus d’apprentissage, l’important est la main-d’œuvre à l’extérieur du Canada qui attend pour faciliter la transition et l’entrée sur le marché du travail.

  • Moi, suis Haïtienne je me dis que je dois me former avant pouvoir me lancer sur le marché de travail du Québec dans ce cas je me suis fait inscrit à l’Institut Teccart et je m’arrange pour mon intégration et je souhaite que l’IRCC m’accepte en donnant un visa étudiant . Je compte sur vos conseils mes amis .

  • Bonsoir Béatrice, vraiment un très bon témoignage et blogs. Moi personnellement j’ai hâte de bouger, de voyager de bien travailler et faire d’autres amies amis ma femme aussi.
    On aimerait bien tenter qlq chose de bien comme une belle expatriation au Québec dont je rêve depuis assez d’années et transmettre nos savoir-faire et être et surtout souffler un peu ! Et voir un avenir universitaire et serin pour nos enfants. Surtous après plusieurs confinement et vagues de ce maudi covid19. comme souvent je suis optimiste alors on aura du du bonheur et les choses reviendraient peu à peu à la normal voir mieux. Moi très souvent quand je vois la positivité et l’optimisme en n’importe quelle choses alors je ne recevais que du bien crois moi.
    On disait bien en France après la tempête il y a du beau temps. Ainsi c’est comme ça que je sens les chose.
    Aussi un de mes rêves est l’aérospatial depuis que j’étais enfant.
    Merci Béa pour votre témoignage véridique. Tout irait bien crois le.

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