6 ans après, le bilan - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
Vous êtes ici
Accueil > Blogs > 6 ans après, le bilan

6 ans après, le bilan

J’aimerais commencer par vous souhaiter à tous une très heureuse année 2017. Que vos rêves se réalisent! Et si l’un de vos rêves est de sauter le pas et vous expatrier, alors peut-être que cet article vous mettra l’eau à la bouche.

Cela fait plus de 6 ans que je me suis installée avec mon mari et nos 2 jeunes enfants au Québec. Six années, c’est assez pour regarder derrière soi et dresser un bilan. Tellement de choses marquantes se sont produites pour nous! Comme vous, je lis souvent les récits d’autres expatriés. C’est alors que je me rends compte à quelle point notre parcours a été simple. C’est sans doute cela qui nous a aidé à commencer du bon pied. Nous avions en effet tout pour réussir.

Il y a un peu plus de 6 ans, nous vivions dans le sud de la France, sous le soleil méditerranéen. Quand soudain, l’entreprise pour laquelle travaillait mon mari a mis en place un plan de départ volontaire afin de limiter le nombre de licenciements dû à une baisse d’activité. Nous nous sommes d’abord un peu inquiétés, puis très rapidement, nous y avions vu notre chance, pour notre couple et nos bébés, la chance de prendre un nouveau départ et recommencer à neuf dans un nouveau pays. Il faut dire que nous nous étions déjà expatriés étant étudiants en Espagne et en Angleterre. Nous avions adoré notre expérience et l’idée d’élever nos filles en France ne nous réjouissait guère… Certes, la météo et la nourriture dans le sud en Provence sont de très beaux atouts auxquels il parait difficile de renoncer, mais le climat social ne correspondait pas à notre idéal depuis la venue de nos enfants. Nous voulions les élever dans un endroit plus calme, où les gens se respectent, et où nous trouverions du travail facilement. Mon mari a donc postulé à plusieurs offres et grâce à son expérience et ses diplômes, nous avons eu le choix entre l’Espagne, l’Allemagne et le Canada! Nous n’étions pas à plaindre.

Nous avons choisi le Québec pour plusieurs raisons. Premièrement, on y parle français et ensuite anglais. Nous parlons les deux langues et nous avions envie que nos enfants apprennent l’anglais dès le plus jeune âge, car de nos jours, l’anglais est devenu indispensable. Ensuite, j’ai un cousin qui habite à Québec et qui a lui aussi de jeunes enfants. J’avais donc quelqu’un sur place à qui parler en toute confiance afin d’en savoir davantage.

Tout est allé très vite, le Québec cherchant à recruter une expertise spécifique détenu par mon mari (ingénieur dans le spatial), notre arrivée s’est produite 4 mois plus tard! L’entreprise a pris en charge la plus part des démarches admiratives et des dépenses liées au déménagement. Bref, le Canada nous tendait les bras et on nous déroulait le tapis rouge! J’ai même reçu un permis de travail ouvert dès mon arrivée à l’aéroport de Montréal! Un vrai conte de fée.

J’ai passé les 2 premières années à la maison, à m’occuper des enfants, puis j’en ai eu vite assez. J’adore mes enfants, mais j’avais besoin de reprendre ma carrière en marketing, ce que j’ai fait très facilement. En arrivant ici, j’avais entendu dire qu’il était difficile d’obtenir une place en garderie alors j’avais procédés à leur inscription dès notre arrivée. Quand j’ai été prête à reprendre le travail, une place pour mes filles s’est enfin libérée (soit 2 ans plus tard!). « Perfect timing »! Y a pas à dire, je suis chanceuse. Mon parcours a été idéal. Ce n’est pas le cas pour tout le monde malheureusement.

Au cours de ces 6 années, j’ai rencontré beaucoup de français expatriés eux aussi. C’est fou ce qu’on est nombreux ici! Et je dois d’ailleurs avouer à demi-mots, un peu honteuse, qu’une partie de moi espère que cette immigration française va se calmer, car rien ne me fait plus peur que de voir le Québec se transformer peu à peu en « France numéro bis ». Je reconnais volontiers que cela est très hypocrite de ma part, puisque je suis moi-même issue de cette immigration choisie, mais je l’assume. Mais ne me jugez pas trop durement, comprenez que j’ai quitté la France pour une raison. Je suis convaincue que c’est aux expatriés de s’adapter à leur nouvelle terre d’accueil, et pas l’inverse. Vous devez maintenant vous demander pourquoi je tiens un blog! Ce n’est pas pour vous narguer je vous rassure! Je souhaite du fond du cœur partager cette magnifique expérience et inviter les plus motivés et ouverts d’esprit à faire de même en gardant en tête qu’une expatriation n’est pas toujours aussi facile que la mienne. Il est en effet plus facile pour moi de voir la vie en rose car tout va pour le mieux sur plusieurs plans: travail, famille, santé, argent. Alors je vous supplie littéralement, si vous venez vous installer ici, ne faites pas votre « maudit français »! Ce que je veux dire par là, c’est qu’on a tendance à se faire remarquer, à parler plus fort, à toujours râler, à toujours avoir raison et mieux savoir que les autres. Ici, les gens « relativisent » beaucoup plus selon moi. Ils sont naturellement calmes. Ils sont toujours prêts à aider. Le cliché du français est arrogant et arriviste. Ce n’est pas juste un cliché, je l’ai été aussi et le suis encore parfois. On ne peut pas complètement renier qui on est ni d’où on vient, mais on a le devoir de s’adapter pour s’intégrer. Si je peux me permettre de vous donner un bon conseil, soyez humbles.

Mais revenons-en à nos moutons car je dévie un peu du sujet; mon bilan! Et bien il est tout simplement très positif. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde. Aujourd’hui, nous habitons en banlieue de Montréal pour être proche du travail et pour avoir une plus grande qualité de vie pour notre famille. Nous venons récemment d’acheter une splendide demeure que nous n’aurions jamais pu acheter dans le sud de la France à moins de gagner à la loterie. Nos enfants vont à l’école publique du quartier qui est tout simplement géniale. Nous avons plein d’amis sur lesquels nous pouvons compter et pas un seul n’est français! Ils sont québécois, cubains, mexicains, anglais, et c’est parfait ainsi! Nos filles ont appris l’anglais. Elles grandissent dans une atmosphère agréable et sécuritaire. Nous ne manquons de rien. Ma carrière a fait un pas en avant. J’adore ma job, c’est la meilleure au monde! Mes collègues sont tous plus géniaux les uns que les autres.
Une fois par an, nous rentrons en France pour des vacances, histoire de voir la famille, et comme on dit ici, je trouve cela « plate » (= ennuyeux). Il y a tellement d’autres choses que j’aimerais découvrir. D’ailleurs ma résolution pour cette nouvelle année et d’aller explorer davantage le Québec. J’ai très hâte à ma citoyenneté. Je n’hésiterai pas à vous écrire un long témoignage à ce sujet quand le temps sera venu. A la prochaine!

 

Béatrice

Béatrice Montréal

BéatriceMontréal est arrivée en 2010 au Québec avec son mari et ses deux enfants alors âgées de 2 ans et 4 mois!
Jeune française dans la trentaine originaire du Sud-ouest de la France, elle s’installe dans l’Ouest de la l’île de Montréal.

https://unefamillefrancaiseauquebec.com/

Commentaires sur “6 ans après, le bilan

  1. Bonjour Beatrice, et merci pour ce bilan. J’ai lu plusieurs de vos articles avec interet. Je suis “expatriee” au Japon depuis 10 ans maintenant, et souhaite venir au Quebec avec mon mari et ma petite fille, pour nous installer. Je prends bien evidemment beaucoup de renseignements, mais il y a tellement de choses ! J’aimerai beaucoup que vous puissiez me donner quelques conseils, je suis par ailleurs dans le meme secteur professionnel que vous, et nous avons encore des hesitations sur la maniere de proceder (investir ou non, se mettre a son compte ou non, tenter de decrocher un poste de l’etranger ou non, etc..). Si vous avez un peu de temps a me consacrer, je serai ravie d’echanger en prive. Bonne journee!

  2. Bonjour Béatrice, bravo pour ce petit passage sur la France Bis et les français. Ma famille et moi (4 garçons) avont le projet de venir s’installer au Canada, nous souhaitons implanter notre boutique à Montréal ou Québec voire aux allentours (nous allons venir travailler sur le projet directement sur Place) nous n’aimons plus ce que la France est devenue pour nous commerçants et surtout pour l’avenir de nos enfants. Nous avons décider de vendre notre vie entière ici (matériellement parlant) pour réaliser ce rêve que nos enfants partagent avec nous…Même si ce ne sera pas facile, nous sommes très unis et capables de nous intégrer à 200% pour vivre une autre vie que celle que nous avons ici ! merci pour votre blog très sympa

  3. super commentaire merci mais effectivement vous avez eu énormément de chance et de simplicité pour le commun des mortel cela est vraiment différent si vous n êtes pas ingénieur médecin ou boulanger la vie est plus dur payer au smic locale
    en tout cas bravo et une magnifique année 2017

Laisser un commentaire

Haut

Bienvenue au Canada