Vous et le Québec : le couple infernal ? - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
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Vous et le Québec : le couple infernal ?

Cette bafouille ne sera pas longue… Bon d’accord, vous en avez l’habitude, inutile de ricaner , j’ai l’ouïe fine quand ça m’arrange.

Nous allons fêter cette année, nos dix ans de mariage, Guinness et moi. Dix ans de vie commune entre une franco-québécoise (enfin, surtout québécoise !) et un français tout court… Une paille pour certains, un miracle pour d’autres. Je suis sidérée de voir que mon homme est toujours amoureux de moi, alors qu’au début de notre fréquentation, je ne lui donnais pas trois mois pour déguerpir, horrifié. Et je suis émerveillée de me surprendre, encore quelquefois, à l’attendre avec impatience, le soir, les mains moites et les pieds “poites” (surtout s’il ne reste plus de lait dans le réfrigérateur).

Je devine votre air vaguement ennuyé (car vous êtes poli) devant mon sentimentalisme soudain. Aucun rapport avec l’immigration au Québec ? Pas si sûr.

Car , voyez-vous, s’il est un exercice dans lequel j’excelle, c’est bien celui des images hasardeuses mais qui résument à-peu près ma pensée.

Nos 2 passeports Partons donc du postulat suivant : l’immigration, c’est un peu comme un mariage à l’occidental, dans sa forme la plus traditionnelle qui soit ,et, disons-le, un tantinet désuet (mais si excitante). Nous avons donc (et si possible dans l’ordre) : la rencontre, les fiançailles, la cérémonie et la vie commune (parce, à l’envers, ça fait un peu brouillon).

La rencontre :

Un jour, vous avez croisé le regard de la belle (Province). Et, ma foi, qu’il s’agisse d’un coup de foudre ou d’un long cheminement, vous sentez que vous souhaitez faire un bout de chemin (voire votre vie entière ) avec elle. Aussi, vous apprenez à la connaître et vous ne ratez pas une occasion pour la rencontrer, d’une manière ou d’une autre. Elle vous émerveille de plus en plus, elle correspond à votre idéal. Vous voilà amoureux. Et puis (grand fou, va !), vous lui faites votre demande (de CSQ) en bonne et due forme avec une bague de fiançailles (à son ordre). Mais la belle va-t-elle dire “oui” ?

Les fiançailles :

Elle veut bien de vous. Et en toute logique, vous enfilez vos gants couleur “beurre frais” et vous allez demander la main de votre douce à futur Beau-Papa-Fédéral. Vous tremblez. Le bonhomme veut des renseignements sur vous. Dame ! L’affaire est sérieuse ! Etes-vous quelqu’un de bien ? Comptez-vous travailler ou vivre à ses crochets ? En un mot comme en cent, serez-vous bon mari, bon père et bon gendre ? Tout comme votre fiancée l’a fait, votre beaux-parents chercheront à vous jauger. Vous devrez passer une visite médicale avant le mariage, selon les lois. Les bans seront publiés, pour éviter tout cas de polygamie.

La cérémonie :

Vous vous êtes attelés tous deux à préparer le grand jour. Que d’énergie dépensée ! Que d’impatience ! Que de papiers !

Enfin, ce grand moment, que vous avez tant attendu, arrive. Derrière un guichet d’immigration, à l’aéroport, l’agent (d’état civil) tamponne votre visa. Vous êtes officiellement marié au Québec. Et vous connaissez vos obligations. Vous en êtes tout ému parce que, quelque part, vous êtes d’un romantisme touchant. Vous devinez que vos parents pleurent (surtout Môman), que vos amis vous regrettent déjà et qu’ils ne comprennent pas toujours votre choix…. Mais vous êtes prêt (en principe) de fonder votre propre foyer, votre propre famille. Tous les deux êtes conscients de votre engagement. Vous l’avez choisi librement et si vous envisagez votre futur avec une certaine appréhension (bien légitime), vous vous dites que vous avez pris la bonne décision. Vous vous êtes préparé avec soin à un petit chamboulement dans votre vie et êtes prêt pour votre grande aventure : la vie conjugale…

La vie commune :

Les vraies chose débutent (et c’est là qu’on commence à rigoler). Vous emménagez dans le logement de votre belle. Gentiment, elle vous a prévu un grand espace pour que vous y mettiez vos petites affaires. Pas question de remettre en question la totalité de sa façon de vivre, n’est-ce pas ? Après tout, vous êtes chez elle, et vous êtes bien élevé, n’est-ce pas ? Pas question de lui rappeler de façon idiote que Môman fait comme ci, comme ça, ad nauseam, n’est-ce pas ? Figurez-vous qu’elle avait aussi une vie avant de vous connaître et que, ma foi, elle ne s’en sortait pas si mal que ça… et sans vous… (je sais, ça fait mal).

La vie à deux s’organise donc autour de concessions. Bien sûr, votre Belle n’est pas parfaite. Ça tombe bien, vous êtes très loin de l’être itou. Elle a des défauts qui vous énervent, vous avez des travers qui l’horripilent. Il paraît qu’on appelle ça l’égalité, dans un couple. Le tout est de faire des quoi ?…Des quoi ?… Oui, vous avez raison : des efforts!!! Le bonheur n’est pas toujours gratuit. Faut croire que, pour partie, il se travaille…

Peut-être qu’un jour, elle mettra au monde un zoli bébé gazouillant. Vous ne serez peut-être pas dans la salle d’accouchement-élections, cette fois-ci mais qu’importe. Vous trouverez le moyen de vous rattraper la prochaine fois et de toute manière, vous aurez un rôle important auprès de l’enfant-politique.

Et puis, un matin, vous allez vous réveiller dans la routine. Et vous en serez satisfait. Non pas que vous n’aurez plus rien à faire, mais vous avez acquis une certaine sérénité, une certaine sécurité. Vous savez maintenant ce qu’il faut faire pour votre bonheur… Le vôtre, à tous les deux…

Soyez donc heureux, et surtout travaillez-y. La vie de couple n’est pas rose tous les jours, mais elle vaut le coup. Parole de (vieille) mariée ! Pour terminer cette bafouille sans prétention et forcément incomplète, je voudrais juste préciser un petit truc, pour mon Guinness : “ Mon amour, je sais que les dix ans de mariage sont symbolisés par l’étain. Mais entre nous, je préfère les diamants…”

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