Voilà je me présente.

Allôoooo !

Bonjour à tous. En fait rebonjour. Je suis Désirée, alias Angela. J’ai fait la connaissance d’immigrer.com un peu par hasard, en 2004. Je résidais déjà au Québec, et je voulais que ma famille me rejoigne ici (mon mari et deux enfants). Je n’avais aucune idée des démarches (ouille! IMM quoi déjà?) alors j’ai cherché sur google et hop ! Immigrer.com vient en tête, avant même le site du MICC ou de CIC. J’y vais, je lis …. et je suis déçue. Il y a des Français, des Maghrébins, quelques autres francophones mais très peu de gens d’Afrique subsaharienne. Bah ! Mes démarches réussissent quand même, car début septembre 2004, nous voilà tous les quatre installés à Montréal. Je ne lâche pas le site pour autant, j’y reste en observatrice …. et de toute façon, entre mes études, mes jobines (je vous en parlerai une autre fois) et ma famille, il ne me reste pas beaucoup de temps pour aller sur un forum quelconque !

Je me suis inscrite pour de bon en octobre 2006, pas pour moi, mais pour aider une amie qui voulait poser des questions sur le parrainage de réfugiés. Je n’ai d’ailleurs jamais eu de réponses à mes questions, ce forum n’étant pas, comme quelqu’un l’a remarqué il y a quelques jours, représentatif de toutes les catégories d’immigrants. Ça vous démange peut-être de me tomber dessus à bras raccourcis, mais ceci n’est pas une critique : Immigrer.com rassemble les immigrants travailleurs qualifiés et les catégories de parrainage à des fins de réunification familiale. N’étant pas moi-même une réfugiée, je ne sais pas s’il existe un site consacré à cette catégorie d’immigrants. Je n’ai pas cherché plus loin ….

L’immigration, c’était d’abord mon idée. Mon mari n’était pas très très chaud à l’idée de tout recommencer ailleurs. Laisser derrière nous deux carrières prometteuses, tous nos biens, et surtout, nos parents qui vieillissent. Puis nous nous sommes décidés à immigrer suite à une combinaison de facteurs : le désir de changer de vie, un collègue canadien qui m’a donné des informations précieuses, les moyens financiers qui nous le permettaient, et enfin, de ces occasions qui ne se présentent qu’une fois dans la vie et qui ne reviennent jamais une fois qu’on les a manquées ….

L’idée d’immigrer m’est venue pour la toute première fois lors des événements tragiques qui ont secoué le Rwanda il y a une quinzaine d’années. Vivre une guerre sanglante avec un bébé de six semaines dans les bras, ce n’est pas la condition idéale pour débuter une carrière de maman. Auparavant, l’idée de quitter mon pays ne m’avait jamais, au grand jamais, effleurée. Puis j’y ai pensé, beaucoup. Je ne pensais pas particulièrement au Canada. Je voulais aller vivre n’importe où ailleurs, au Sahara, en Alaska, en Patagonie, partout sauf dans ce pays de fous. Puis faute de moyens, j’ai mis l’idée en veilleuse. Jusqu’à ce que LA bonne combinaison de facteurs se présente ….

Mon premier contact avec le Québec s’est fait en 1996, lorsque j’enseignais dans une école dirigée par des religieuses de Chicoutimi. Je trouvais plutôt attachantes ces bonnes sœurs qui parlaient un drôle de français, qui disaient toujours ce qu’elles pensaient (ce qui est considéré comme une tare, un vice, un vilain défaut chez nous), qui distribuaient aux élèves travaillantes des bijoux et des trousses de maquillage en guise de récompense (Non, mais ! J’ai fréquenté un pensionnat religieux pendant six ans et je me serais fait renvoyer si j’avais mis le moindre bijou ou la moindre touche de maquillage sur ma bouille!). Je m’amusais surtout de voir la tête des employés masculins quand ils se faisaient engueuler comme du poisson pourri par les dames …. Au pays du patriarcat à l’extrême, on n’engueule pas les gars, mesdames ! Pour ma part, j’aimais bien ces dames et elles me le rendaient bien. Je profitais aussi abondamment de leur bibliothèque. J’ai lu Michel Tremblay, Arlette Cousture, Lucy Maud Montgomery et d’autres auteurs canadiens, grâce à elles. Mais je ne pensais pas encore au grand saut, faute de moyens. Quelques années plus tard, quand j’avais changé de boulot et que ma situation financière s’était considérablement améliorée, j’ai travaillé avec un Canadien (merci Dwyer !). La bonne personne au bon moment et hop !

Ainsi, je suis venue d’abord au Canada comme étudiante, puis je suis restée comme travailleuse qualifiée. J’habite à Québec, où je travaille pour une organisation non gouvernementale impliquée en éducation. Il y a des hauts et des bas dans mon appréciation de ma vie au Québec. Plus de hauts que de bas. Pour les hauts, il y a d’abord vivre en paix. C’est essentiel à toute autre motif. Ceux qui ont toujours vécu la paix ne peuvent pas comprendre cela. J’aime aussi les services publics. Ne me dites pas que la santé, l’éducation, les routes, les fonctionnaires, blablabla …. Permettez-moi d’apprécier ce que je n’ai pas toujours eu. La démocratie. La liberté de dire ce que je veux. Surtout, la joie de voir mes enfants si épanouis, si heureux, si bons à l’école. Il faut dire que l’avenir de ces bouts de choux a pesé pour 80% dans mon immigration. Rien que cela me permet de supporter les coups bas inévitables de l’immigration.

Parlons-en, de ces bas : se rendre compte que diplômes et expériences antérieures ne valent que dalle. Les employeurs qui nous claquent la porte au nez plus qu’à notre tour. Les proprios qui nous obligent à utiliser nos amis québécois comme intermédiaires pour louer un appartement. La solitude. La nostalgie. Les finances, toujours essoufflées, alors que les gens que nous avons laissés là-bas s’imaginent que nous sommes devenus des Péladeau et des Bombardier une fois ici …. Western Union, ce Wal-mart dont personne ne parle, qui nous pompe notre argent sans réinvestir quoi que ce soit, ni ici, ni là-bas. Bref, maintenant que c’est parti, on s’en reparle, de notre vie au Québec et à Québec.

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