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Un petit week-end à la…

Un petit week-end à la campagne

Après quelque temps passés à Toronto, on en vient inévitablement à se demander ce qui se trouve de l’autre côté. Que peut-on bien trouver après les banlieues aux maisons tristement identiques et méticuleusement alignées, bien après le grand centre commercial, celui à côté du parc d’attraction ? Mais qui a-t-il de si grandiose qui fait que l’on assiste à une véritable exode dès le vendredi soir les jours d’été, un peu comme en France sur l’autoroute de Normandie ? Pourquoi tant de monde veut s’endetter pour acheter un cottage, tout ce monde qui rêve de pêche miraculeuse, de balade en canoë et d’escapade en foret.
Et puis un jour, très vite, on succombe nous aussi à cette envie qui nous taraude depuis un moment, on choisi une destination, on réserve un B&B et on y va.

En peu de kilomètres, on a déjà oublié d’où l’on venait. Plus de gratte-ciel, ni de maisons collées les unes aux autres. Pas d’affichage agressif et aucun Tim Horton, ou presque, en vue. D’ailleurs l’autoroute ressemble à si méprendre à une petite route nationale : une voie dans chaque sens et peu de circulation. Un peu de forêt, des champs, une ville minuscule traversée en quelque minutes, juste le temps de rigoler en regardant la vieille station service toute droit sortie d’un road movie, puis de nouveau des champs, des champs, de l’eau aussi, beaucoup d’eau. Non pas de pluie mais des lacs, des rivières, des petits havres de paix que l’on découvre au fur et à mesure de la route.

En un peu plus de deux heures on arrive à destination. Le B&B est une ancienne ferme aux fenêtres victorienne et dont le jardin en pente amène jusqu’au ponton sur la rivière, qui elle-même amène au lac, qui est lui, relié aux grands lacs, qui eux-mêmes finissent dans la mer. Bref, ce petit endroit de rien du tout est en fait le point de départ pour le tour du monde. Je regarde les oies se poser sur l’eau et je me demande si elles réalisent tout ce que cela implique. Puis finalement je m’installe sur l’une des chaises en bois posées sur le ponton et je réalise que je pourrais rester des heures à ne rien faire, juste à regarder l’autre côté de la rive puis suivre vers la droite pour voir la rivière se diviser en deux et imaginer l’immensité de ce qui se trouve derrière.

Je trouvais les gens de Toronto plutôt relax et bien j’ai réalisé qu’un peu plus au Nord, ils sont vraiment tranquilles. Imaginez que nous avons sonnés à la porte et que la personne qui vient nous ouvrir, s’excuse, et nous explique que les propriétaires sont partis à une vente aux enchères, que c’est un ami, mais que malheureusement il ne sait pas quelles sont nos chambres. Toutefois il nous montre le frigo et nous dit que les bières sont fraîches et puis de toute façon, rien n’est fermé à clé (enfin ça je l’ai déduit seule, car ça avait plutôt l’air tout à fait normal).
On s’installe avec lui sur la terrasse et on entame la discussion. Puis on lui explique qu’on irait bien pêcher en attendant, mais qu’il nous manque une canne. Pas de problème, on a qu’à aller se servir dans la maison.
Les propriétaires sont en fait arrivés en fin d’après midi, après que l’on ait eu le temps de manger, d’essayer de pêcher, de faire un tour en canoë sur le lac. Ma première fois en canoë.
Mais que fait-on à vivre en ville ? Je ne suis plus si sure de vouloir rentrer. Je me vois sur le lac, les fins de journées, ou sur le ponton, le regard vide et laissant mon esprit m’échapper, bercé doucement par les clapotis de l’eau.

Le soir, il pleut et l’on réalise que pour manger, il faut prendre sa voiture et parcourir quelques bons kilomètres pour arriver dans une ville un petit peu animées. Les restos sont bondés, mais celui que l’on trouve est sympa et on a le bonheur de s’apercevoir que la serveuse est québécoise !

Le lendemain, le soleil est de retour. Le petit déjeuner est très agréable et je retrouve le couple de la veille avec qui j’avais discuté. Le mari travaille pour une société et se rend souvent dans leurs bureaux de la Défense. Sa vision de la France ne me surprend guère ! Il est désespéré par le rituel de la machine à café tous les matins et me demande de lui expliquer le pourquoi du comment. Je déclare forfait.

Il faut déjà rendre la chambre et l’on part visiter les environs avant de rentrer vers Toronto.
Kawartha lakes. Pleins de petites villes, de lacs, de bateaux, de jolies maisons. Des villes plus grandes, mais pas trop non plus. Je m’arrête devant une agence immobilière et commence à rêver …. Puis je m’imagine l’hiver, sans les bateaux, ni les terrasses des restaurants, sans les boutiques de souvenirs et les badauds dans les rues. Je redescends sur terre et réalise que ce n’est pas pour moi.

On rentre le soir avec l’impression d’avoir visiter un autre pays, un autre monde. Je me sens un peu nostalgique en repensant à ma chaise sur le ponton et je ferme les yeux. Je revois la maison en face, un peu étrange, la minuscule marina sur la gauche et les gens qui passent sur leurs petits bateaux en faisant coucou. Je revois les milliers de nénuphars placés pile au milieu entre les deux rives et le bruit du frottement sur la coque du canoë lorsque l’on est passé dessus. Finalement j’ai réussi à voler un peu de cette quiétude et l’emmener avec moi dans la folie urbaine. Je pourrai aller au bord du lac à Toronto, dans un coin pas trop fréquenté et y repenser un peu plus fort. J’appartiens désespérément à la ville. Il me faut mes magasins, mes cinés, ma foule rassurante. Mais quand je suis au bord de l’explosion, je sais que pas trop loin sur la route se trouve des endroits merveilleux où il fait bon se perdre un peu.

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