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Un Curve, une Curvette, la…

Un Curve, une Curvette, la Fin.

On ne comptait plus les années. Celà passe tellement vite. A force de penser que c’était là pour toujours, on oubliait que la fin de l’histoire était envisageable. En plus tout semblait aller au mieux depuis quelques mois. Le rythme de croisière ? pas forcément. Toujours en quête d’authenticité, toujours vrais, constamment en mouvement et en renouvellement et souvent jamais satisfaits de l’état courant. Cependant quelle complicité exceptionnelle pourrait-on dire ! de celle qui reste, même après le mot fin.

Tous le monde l’auras compris bien entendu. Je parle de la fin de la série « Un gars, une fille » ici au Québec. Un arrêt programmé malgrès un succès et un taux d’écoute toujours aussi fort après 6 ans. Je pense que la majorité d’entre-vous connaissent cette série, et ont eu la possibilité de la suivre sur une des chaînes de leur pays. C’est une comédie d’origine québécoise, internationalisée depuis déjà plusieurs années. Dans les autres pays, les textes québécois sont repris et adaptés jusqu’à 25% par un script-auteur. En France, le format que je connaissais est un peu différent car les acteurs sont dans la début trentaine, et les épisodes sont quotidiens, de 7 minutes environ. Ici, l’émission dure 30 minutes, avec 3 thèmes de 10 minutes par soir (3 jours de tournage), et toujours des scènes de 1 minute, 1 minute 30, qui s’enchainent. Les thèmes sont les mêmes dans tous les pays. Je devrais plutôt dire que ce sont les scènes des autres pays qui sont semblables à ce que nous avons ici.

En effet, la série est la création de Guy A Lepage. Acteur de 41 ans né dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Il a commencé sa première émission à l’âge de 23 ans et avoue qu’au fil des années, il se trouve de moins en moins poche pour apprendre ses textes (surtout que c’est lui qui les écrit, c’est dire). Acteur par accident, il se trouve de moins en moins mauvais après 19 ans de carrière !! si si, c’est lui qui le dit ! il n’avait jamais voulu faire acteur. Il apprécie beaucoup plus sa job d’auteur et adore vraiment écrire des histoires. Je sais que certaines et certains sur le forum seront sensibles à la mention de son goût pour l’écriture, ce qui leur rappelera leurs propres écrits que je lirais volontiers. Pour protéger son bébé, il travaille de très près avec tous les producteurs, outre-Atlantique notamment. Et il participe aux premiers tournages afin de s’assurer que cette version correspond bien à son idée originale dès les premiers pas. Il a par ailleurs refusé la proposition américaine d’achat du concept. C’était visiblement un peu trop du genre, « on signe et on fait l’adaptation comme on veut »….. pour rester poli, il leur a répondu un « non merci ». Bonne claque pour ceux qui pensaient que l’argent pouvait tout acheter et qu’ils pourraient s’approprier l’idée sans contrainte de la part du papa toujours fier de son oeuvre.

La Loulou du Québec, c’est Sylvie…. l’actrice Sylvie Léonard ….. La quarantaine, spontanée et touchante. La Muse. Côté caractère, je ne peux passer sous silence l’affirmation de Guy A Lepage lorsqu’on lui demande si son rôle du Gars lui ressemble. Il répond « dans la vraie vie, j’aurai crissé mon camp ». Ce qui veut tout dire sur le caractère du personnage de Sylvie….. (mais je vous rassure, Guy affirme aussi ne pas être aussi drole dans la vraie vie que dans la série, il n’est pas assès fin et se trouve même assès plate). Ce personnage de la Fille a permis à l’actrice de personnaliser la condition des femmes ainsi que certaines contradictions dans leurs désirs de vie. Sylvie, c’est une sexologue qui connaît ses « heures de gloire » au fur et à mesure des saisons. Il suffit qu’elle passe une fois à la télé, et voilà qu’elle se prend pour une célébrité. Finalement elle deviendra réellement une célébrité en montant son propre journal féminin. Bel exemple pour vous qui avez des rêves en immigrant. Si vos rêves dépendent d’un employeur, il se peut que vous risquiez d’être déçus parfois. Mais si vous avez le rêve de créer, alors faites comme Sylvie. Soyez opportuniste et lancez vous.

Les personnages principaux nous ressemblent toujours, attachants et drôles, avec leurs sacrés défauts. Sans compter le lot de la famille proche, des amis encombrants (très encombrants), ceux parfois trop intimes (on découvre physiquement qui est Geneviève, l’ex-maîtresse et associée du héros repentant…. on peut deviner sa faiblesse….). L’émission a entre autre remporté plusieurs prix télé ici. Meilleur émission humoristique, meilleur texte (à la grande joie de Guy A Lepage, auteur d’abord…. ah ! je l’ai déjà dit !!), série humoristique, meilleure réalisation, meilleure interprétation, notamment de 1998 à 2000. Mais la série ne s’était pas endormie pour autant depuis 3 ans. Loin de là. Sylvie et Guy avaient su se renouveller et nous proposer des tranches de vie toujours aussi savoureuses, avec son lot de petits messages.

Mais notre Gars et notre Fille ont décidé que ce serait la fin de cette fenêtre sur couple, notre révélateur de défauts qui fait sourire ceux qui vivent en couple, et renforcent l’opinion de ceux qui vivent leur célibat par choix. C’est la fin. Je ne la raconterai pas. A vous de la découvrir un jour. Au revoir Guy. Au revoir Sylvie. Vous allez nous manquer.

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