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Troisième chronique du grand nord

Dans les villages du grand nord tout le monde ou presque se promène en véhicule tout terrain et personne ne porte de casque.

Il y a des mamans qui se promènent avec quatre petits accrochés à elle. Personne ne porte de casque.

Dans les voitures, personne ne porte la ceinture. J’avoue qu’on ressent une sorte de folle liberté quand on arrive là-bas. Mais pas longtemps. On se rend vite compte qu’on est une étrangère, que c’est une petite place, que tout le monde se connaît et que tout le monde parle dans le dos de tout le monde.

On a franchement une drôle d’impression quand on survole le Grand Nord. On a l’impression d’être au bout du monde. Un monde très hostile où les eaux sont encore gelées au mois de juin…

Jeudi Kangisujuak

Franchement le plus beau village. Le paradis des grimpeurs. Des montagnes de roches à perte de vue et l’eau. A l’aéroport de Kangisujuak, il y a une photo d’un cratère situé à 88 km de distance du village. C’est l’endroit où le météorite le plus gros est tombé au Québec. Avis aux maniaques de mots croisés…

Cela a fait un gros lac parfaitement rond et très creux. J’ai même visité un musée dans le village, en face de la cour, où ils expliquent l’origine de ce cratère. Ils expliquent aussi le mode de vie des Inuits. Apparemment, ils seraient les descendants des Thuléens. Cela va mieux m’orienter dans mes recherches.

Ils s’arrangeaient mieux sans nous, bien franchement. Les hommes allaient chasser, les femmes gardaient le feu allumé dans l’igloo, faisaient à manger et s’occupaient des enfants. Ils n’ont pas gagné grand chose à emprunter notre mode de vie.

A Kangisujuak, j’ai acheté une autre sculpture, en pierre de savon cette fois. Sedna, la déesse des mers. Je n’ai pas pu m’en empêcher. En plus, c’est le fils du sculpteur qui me l’a vendue. En fait, toutes celles que j’aimais, c’est lui qui les avait sculptées.

A un moment donné je mangeais une pomme dehors, sur le balcon et un petit garçon de 9 ans est venu me voir. Il m’a demandé mon nom. Je lui ai fait répété sa question trois fois, il parlait à peine l’anglais. Il s’est presque fâché.

Il m’a également dit son nom, mais j’ai rien compris. Je lui ai demandé son âge, c’est là que j’ai su.

Il a mis son index et son majeur en forme de peace et il a mis son pouce entre les deux. Il m’a montré, ça, c’est moi, au grand amusement de tous les hommes qui étaient avec nous sur le balcon. Il me signifiait ainsi qu’il était un homme.

En fait, j’étais la seule femme sur le balcon.

Puis il a collé le pouce, l’index et le majeur ensemble, pour faire un vagin et il m’a montré, ça, c’est toi et ils ont tous éclaté de rire.

Et j’ai dit oui en lui souriant d’un air tranquille, en continuant de manger ma pomme.

Et il a continué à le faire et à rire de plus en plus fort. Et les autres types aussi. Et ils se parlaient entre eux en inuktittut.

Finalement, un adulte a pris le petit dans ses bras et l’a probablement félicité en inuttitut.

Je suis restée sur le balcon et je leur ai tous souri, un après l’autre, jusqu’à ce qu’ils quittent, un après l’autre. Après ils ont eu la chance de me voir en pleine action, avec traduction simultanée en inuktittut.

Mais la plupart ont été très gentils. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus gentils que les Cris.

Le soir nous avons visité un champ d’Inookshook, juste avant de prendre l’avion et nous sommes retournés à Kuujjuuaq.

Quand je suis embarquée dans ma bagnole à Val-d’Or, je me suis sentie tellement bien! Des vrais arbres, des vraies routes, du monde normal. Home sweet home. Pour la première fois, je me suis vraiment sentie chez moi en Abitibi. Je ne crois pas être encore mûre pour Kuujjuuaq. Je ne sais pas si je le serai jamais.

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