Rebondir en deux semaines - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
Vous êtes ici
Accueil > Blogs > Rebondir en deux semaines

Rebondir en deux semaines

Deux semaines. Oui, deux semaines. C’est le temps qu’il m’aura fallu pour me trouver un nouvel emploi qui corresponde exactement à ce que je cherchais.

Je vous disais dans ma dernière chronique sur le thème du décalage que j’avais démissionné de mon premier emploi. Pour en accepter un autre qui en fin de compte n’a pas répondu à mes attentes. J’avais donc été "mis à la porte" le 16 Janvier dernier. Mais… ce que vous ne savez pas encore, c’est tout ce qui s’est passé à partir de ce jour là, ni le jour-même, car ma journée n’était pas encore finie… J’avais gardé tout ça secret par prudence et parce que rien n’était joué.

Ce mardi 16 janvier, la première chose que j’avais dite à mon chef de projet était que je devais partir un peu plus tôt que d’habitude. Pas besoin de justification, il fallait juste que je parte à 17 heures. Mon petit rendez-vous, à 16h45, a été très bref. Bobby (oui, il s’appelait Bobby) m’a tendu un dossier très fin, dans lequel se trouvait une seule feuille de papier que je n’ai même pas pris la peine de lire tellement je savais à l’avance ce que j’allais lire. Notre discussion s’est déroulé très calmement, à vrai dire Bobby était même beaucoup plus nerveux que je ne l’étais ! 10 minutes plus tard, je quittais les bureaux, au chômage, mais heureux et soulagé. Ce que Bobby ignorait, c’était que je devais partir un peu plus tôt que d’habitude ce soir là parce que… j’avais une entrevue le soir même ! La semaine précédente, j’avais doucement mais sûrement commencé à prospecter pour me trouver rapidement une job. Et je suis alors tombé sur une offre d’une compagnie spécialisée en search marketing pour laquelle j’avais déjà effectué de petits contrats à la pige. Mon sang n’avait fait qu’un tour, j’avais alors appelé mon contact pour lui proposer de se rencontrer pour le poste. Il m’avait rappelé quelques jours plus tard pour me proposer une entrevue le 16 janvier à 18h00.

Donc, si on récapitule, le soir du 15 Janvier, j’avais quitté les bureaux de ce qui était devenu mon ancienne compagnie pour me retrouver 45 minutes plus tard dans les bureaux de ce qui allait devenir, deux semaines plus tard, ma nouvelle compagnie !

Entre temps, j’ai bien failli devenir consultant technique pour Xiti, qui viennent s’installer au Québec ce mois-ci. Ce poste là aurait également pu être un beau défi professionnel : aller chez le client, dans toute l’Amérique du Nord (Toronto, Ottawa, New-York… Hérouxville… euh rien non pardon je n’ai rien dit !), pour faire des démos techniques de l’outil. Je suis aussi passé proche de rester éternellement intégrateur HTML/CSS, ou encore développeur PHP… Heureusement, cette fois, la chance m’a fait un large sourire.

Il y a donc bien une part de chance dans tout ça, mais pas seulement en fin de compte. J’ai su développer, depuis un an mainenant, une bonne relation avec la personne qui allait devenir mon employeur. J’ai toujours fait du mieux que j’ai pu pour lui rendre un travail de qualité, à chaque fois qu’il m’a contacté pour un petit contrat. Quand nous devions nous rencontrer pour discuter un peu plus en profondeur de mon mandat, ou lors d’entrevues précédentes qui n’ont à l’époque pas eu de suite, le contact est toujours bien passé entre nous. Et voilà que, 363 jours exactement après notre toute première prise de contact par courriel, alors que je lui envoyais mon CV, j’ai fini par être embauché. Un an que je convoitais un poste dans leur équipe ! Et ça y est, j’y suis !

Passons à des considérations plus générales maintenant, comme la suivante pour commencer : le dynamisme du marché du travail ici m’épatera toujours. Ce n’est pas une spécialité du Québec, du moins pas à ce que je sache, mais plutôt une des caractéristiques de l’Amérique du Nord. Je n’ai pas stressé le moins du monde de me retrouver au chômage, je n’attendais même que ça finalement, Certes, les quelques heures par semaine que je fais à la pige pour ma première compagnie m’aident à rester à flôts, mais je pense que même sans ce soutien financier, je n’aurais pas stressé plus pour autant parce que je savais d’expérience que je retrouverais facilement. Évidemment, j’aurais trouvé dans mon domaine, mais pas exactement dans la spécialité vers laquelle je souhaitais m’orienter. Mais je veux dire que s’il avait vraiment fallu, j’aurais accepté le premier poste venu et je n’aurais pas laissé ma blonde payer toutes les factures. J’en arrive alors aux sites de recherche d’emploi, du type Jobboom, Workopolis et Monster. Jusqu’à il y a deux semaines, j’avais toujours trouvé du travail grâce à Monster. "Excellent !" me direz-vous peut-être. Pas si sûr.

Pendant mes deux semaines de chômage, je recevais régulièrement des coups de téléphone d’agences de recrutement qui avaient trouvé mon CV sur Monster.ca. Un appel tous les deux ou trois jours, sans bouger de chez soi. Cela tombait plutôt bien puisqu’à cette période, constatant que j’étais en ligne durant les heures normales de travail, mes anciens collègues m’ont donné de la job en masse, à tel point que je n’avais presque plus le temps de passer des entrevues pour retrouver un emploi à temps plein. En dehors de mon travail à la pige, je répondais aux agences de placement qui m’appelaient sans cesse pour me proposer des entrevues pour le jour suivant, et je faisais des suivis pour quelques postes intéressants que je convoitais de mon côté. C’est là que le bât blesse avec Monster : les agences de recrutement. Il n’y en a que pour elles.

En gros, celles-ci sont chargées par leurs clients (les vrais employeurs en somme) de faire un premier écrémage rapide parmi d’éventuels profils intéressants. Ensuite, deuxième écrémage à la suite des entrevues qu’elles organisent, pour ne laisser que les personnes réellement intéressées et compétentes aux mains de l’employeur qui a utilisé les services de l’agence. L’employeur gagne un temps précieux, et l’agent(e) se fait très probablement une comission pendant les premiers mois de votre propre salaire. Ce qui veut dire que sans passer par une agence, vous auriez pu prétendre à un salaire plus élevé, puisque la marge va à l’agence de placement ! De plus, quand elles vous mettent le grappin dessus, il est relativement difficile de vous en défaire.

En effet, lors de mon entrevue pour le poste de consultant technique dont je parlais plus haut, j’avais pourtant bien dit à l’agente que je ne me fermais pas les portes, et que j’attendais des réponses pour d’autres postes qui m’intéressaient tout spécialement, histoire qu’elle ne tombe pas des nues si je devais décliner son poste. Elle était donc prévenue. Cela ne l’a pas empêchée de me prévoir une entrevue avec son client, l’employeur Xiti donc, pour le 7 février. Elle faisait son travail, c’était bien normal après tout. Nous étions alors le 28 Janvier, ce n’était donc pas pour tout de suite, loin de là ! Le lendemain, j’apprenais que j’étais le meilleur des 25 candidats pour le poste de chargé de projets SEO, et que je pouvais commencer dès que possible ! Il a donc fallu que j’appelle l’agente avec qui j’étais en relation pour la prévenir… je me suis pris un véritable char de marde au téléphone. Murielle n’était pas contente du tout, elle était même plutôt fâchée parce que je venais de lui casser tous ses plans, de lui saper sa commission, et enfin de lui gâcher son lundi. Toutes ses phrases commençaient par un timide "Je comprends, …", mais les chars de marde s’en venaient juste après la virgule. J’ai eu beau lui répéter au moins trois fois que je l’avais pourtant prévenue lors de notre entrevue, ça n’a pas suffit à la calmer. Elle a fini par couper court à la conversation, et heureusement d’ailleurs. Quelques secondes de plus et j’en venais aux insultes en français dans le texte. Non mais ! Sacrilège, je venais de décliner le poste qu’elle me proposait ! On aurait dit qu’elle essuyait son premier refus, ou qu’elle était simplement outrée à l’idée qu’un de ses candidats daigne accepter un autre poste que le sien. Come on. Bref, cette petite anecdote m’a alors d’autant plus conforté dans mon choix. Dire que j’excluais totalement le poste en question serait un mensonge, mais suite à cette malencontreuse expérience téléphonique, mon choix était définitivement arrêté ! Inutile de dire que je ne regrette pas le moins du monde et que s’il fallait recommencer… je le referais !

Haut

Bienvenue au Canada