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Prendre soin

20h47 un dimanche soir, ils arrivent avec leur enfant dans les bras au service des urgences de l’hôpital. L’enfant a plus de 40.5° C de fièvre, une fièvre qui ne cesse de grimper depuis 24 heures malgré un traitement. L’inquiétude grandit, la fillette se plaint de maux sur lesquels, malheureusement à son âge, elle ne sait mettre les bons mots.

1h35, le lundi matin. Le diagnostic est fait, le traitement a été sérieusement révisé, ce petit bout d’Homme risquait des complications sérieuses.

Moins de 5 heures pour traiter cet enfant aux urgences d’un hôpital. La scène ne se passe pas au Québec. Et les parents ont trouvé le temps long. Qu’auraient-ils dit si à presque 6000 km de là ils avaient dû attendre jusqu’à 12 heures voire plus encore ?

Les systèmes médicaux ne sont pas égaux selon le pays où l’on se trouve, et pourtant tout tend à s’harmoniser, mais peut-être pas dans le bon sens. Réduction d’effectifs, manque de moyens, surcharge des services d’urgence, partout le discours est le même, et toujours cet éternel problème d’économies qu’il faut à tout prix faire si l’on veut que chacun soit un jour médicalement pris en charge comme cet enfant l’a été.

« Je me souviens » à Montréal de cette femme qui, en glissant dans la rue en plein hiver a dû elle-même aller chercher un taxi pour se rendre aux urgences d’un hôpital avec sa jambe folle. Le 911 avait tout simplement refusé de venir la chercher, elle était consciente et en vie. « Je me souviens » de cette personne attendant les mêmes 5 heures qu’ont attendus ces parents, avec leur enfant sous le bras, pour une simple consultation dans une clinique médicale. Mais « je me souviens » aussi de cette facilité qu’on a d’aller chez Jean Coutu, Phramaprix, ou un autre pour rapidement trouver les médicaments de première nécessité pour enrayer un mal qui, parfois, ne nécessite guère plus d’attention.

Alors non le système de santé québécois n’est pas l’idéal, ni même une catastrophe, nous trouverions bon nombre de motifs pour nous en plaindre, mais regardons aussi ce qu’il peut nous apprendre à faire : savoir s’écouter pour mieux analyser nos besoins en matière de soins. L’immigrant que nous avons été, que nous sommes ou que nous serons doit se rendre compte que depuis des années les québécois vivent – et majoritairement en bonne santé – avec ce système de santé, qu’ils ont appris à gérer, et à utiliser à bon escient. Parce que si je me souviens de ces moments là, je vois encore aujourd’hui du côté français ces personnes qui hantent régulièrement les couloirs des services d’urgence d’hôpitaux pour une « fièvre » d’à peine 39°C…

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