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Premières recherches d’emploi Allo tout…

Premières recherches d’emploi

Allo tout le monde !

Et bien me revoilà ! Le coup de blues post-retour au Québec suite à voyage en France est passé, merci pour lui…. J’ai retrouvé ma combativité au bout de quelques jours, prête à relever de nouveaux défis ! Le premier sur la liste est de taille : Trouver un travail dans le tourisme de plein air, en misant sur ma formation de gestionnaire, sur mon expérience de comptable, mais surtout, vous l’aurez compris…. sur ma bonne volonté….

Première étape, faire le tour des popotes qui proposent de l’aide pour la recherche d’emploi. Après tout, il serait idiot de se priver de bons conseils, et puis ça permet en général de prendre la température du marché du travail. Direction donc : Le Centre Local d’Emploi.
Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, voici un petit topo :
Le Centre Local d’Emploi (ou CLE) est un organisme provincial dépendant du Ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille. Son but est de vous aider dans votre démarche de recherche d’emploi, et ceci par différents moyens :
? Mise à disposition d’une documentation diverse et variée : annuaire des entreprises de votre région, indications sur le marché du travail, sur les professions en demande, sur les compétences recherchées par les employeurs, sur l’évolution de l’emploi dans les différents secteurs d’activité économique etc….
? Mise à disposition d’une salle « multi services » : avec téléphones, télécopieurs, ordinateurs, imprimantes et photocopieuses.
? Mise à disposition d’une base de données des offres d’emploi de la région avec possibilité de consultation de ces offres d’emploi via leur site Internet (www.emploiquebec.net)
? Aide personnalisée à la rédaction de votre curriculum vitae et de la lettre de présentation, aide à la préparation de l’entrevue d’embauche, conseils divers pour ceux qui désirent devenir travailleurs autonomes, conseils d’orientation (ou de réorientation) de carrière, renseignements sur les formations complémentaires qui pourraient vous permettre de mieux vous insérer dans le monde du travail.
? Aides financières : Attribution de subventions salariales (l’employeur qui accepte de vous donner votre chance ne paye que la moitié de votre salaire et le CLE prend en charge l’autre moitié pendant une durée de 30 semaines), aides financières pour la reprise des études etc….

Bref, l’endroit idéal pour commencer ses recherches ! Mon but était d’abord de m’assurer que mon CV était en règle avec les normes québécoises, et de faire le point sur ma situation avec une conseillère, au vu de mon apparent paradoxe comptabilité/tourisme de plein air.
On me fait d’abord remplir un peu de paperasse pour ouvrir mon dossier, et on me présente à une conseillère…. Qui se trouve bien embêtée pour traiter mon cas de petite française immigrante…. Des explications s’imposent tout d’abord sur mon statut de résidente permanente : oui, j’ai le droit de travailler au Québec, oui, j’ai ma carte NAS, ma carte d’assurance maladie, mon permis de conduire québécois… Je lui demande des informations sur les formations en tourisme…. Elle ne sait pas trop me répondre. Je lui demande si mon CV est bien présenté, elle me renvoie vers une autre institution locale, qui est spécialisée dans ce domaine…. Et, visiblement pressée de se débarrasser de cet « l’encombrant sujet bizarre », elle me refixe un rendez-vous pour dans deux semaines ( !) avec une autre conseillère….

Je ressors un peu dépitée…. Visiblement, il faudra que je me débrouille sans eux.

Loin de moi l’idée de vouloir critiquer l’efficacité des services gouvernementaux d’aide à la recherche d’emploi…. Mais j’ai comme l’impression qu’en région, ils ne sont pas vraiment préparés à recevoir des immigrants dans leurs locaux. En fait, ils manquent de connaissances sur notre statut particulier et ils ne savent pas si on est (ou non) admissibles aux mêmes aides que les québécois. Face à nos attentes, ils sont complètement démunis.

Au diable donc le CLE, je décide de prendre mon destin en main. Depuis un moment déjà que je traînais dans la région en tant que touriste, je suivais avec attention les évolutions d’une association touristique dont le rôle était de promouvoir le secteur de la Montagne du Diable, trésor caché et quasiment inexploité de la région des Hautes Laurentides et dont le potentiel touristique me paraissait prometteur. Je rédige donc la lettre de motivation qui tue, j’y accroche mon CV retaillé à la forme québécoise (du moins je l’espère), et je débarque chez eux pour rencontrer le big boss : Romain.
Accueil très cordial, mais il n’embauche pas. Pas grave…. on papote. Romain est un homme actif et influent, qui connaît (évidemment) tout le monde. Je lui extirpe sans mal des informations sur son association, sur le potentiel touristique de la région, sur les entreprises du secteur, et je lui dépouille son présentoir de quelques dépliants touristiques.
Puis, dans le feu de la conversation, je lui annonce que nous avons un ami commun : mon pote Mario, qui possède une ferme à quelques encablures d’ici…. Romain m’avoue alors que pour tenter d’élargir l’offre touristique du secteur de la Montagne du Diable, il a essayé à plusieurs reprises de convaincre Mario de monter un centre équestre, avec ses chevaux canadiens…. mais que Mario avait toujours refusé par manque de disponibilité….
Mais moi, du temps…. j’en ai en masse !!!
Et finalement, de fil en aiguille, au bout d’une heure et demi, j’avais mon rêve à portée de main….

– OK, récapitulons. L’Association des Amis de la Montagne du Diable met à ta disposition les sentiers aménagés, les chalets de nuit en haut de la montagne et les relais de jour pour les haltes du midi. On s’occupe aussi de ta promotion, on inclut ton activité équestre dans nos dépliants et on t’envoie tous les touristes qui viennent frapper à notre porte.
– D’accord. Moi, je m’occupe uniquement de la partie équestre. J’utilise la ferme de Mario, super bien située au pied de la Montagne, j’achète les chevaux qui manquent, le matériel, j’accueille les touristes et je les emmène en promenades ou en randonnée sur 2 jours….
– Super. Faut juste en parler un peu à Mario….
– Ben ouais…. quand même….

1 heure plus tard, Mario était partant.

Le lendemain matin, je suis réveillée par le téléphone. C’est le directeur adjoint du Centre Local de Développement de la MRC d’Antoine Labelle.
– Alors ? Il parait que vous avez un projet d’entreprise ? On peut se rencontrer ?
– ….

Petite parenthèse pour vous expliquer ce qu’est un Centre Local de Développement (CLD), organisme ressource par excellence si vous décidez de vous mettre à votre compte :
La mission d’un CLD est de favoriser le développement économique et la création d’emploi sur son territoire (dans le cas des CLD, le territoire est défini par les MRC ce qui veut dire Municipalités Régionales de Comtés). Les CLD regroupent les différents services d’aide à l’entreprenariat et aux entreprises déjà existantes. Par exemple, les conseillers spécialisés des CLD peuvent vous aider à élaborer votre plan d’affaire, ils peuvent vous octroyer des subventions sur leurs fonds propres ou vous guider si besoin est dans la recherche de subventions supplémentaires. Ils peuvent aussi vous conseiller dans la gestion de votre entreprise, ou encore vous aider dans la recherche des bâtiments ou terrains nécessaires à vos futures activités. Vous pouvez avoir de plus amples renseignements en consultant leur site Internet : www.acldq.qc.ca

Je prépare donc à la hâte quelques chiffres, quelques estimations et quelques diapositives PowerPoint, avant de me présenter à mon rendez-vous. Il ne me faut pas longtemps pour convaincre mon interlocuteur de l’intérêt du projet (Romain a du passer par là….) On me remet un guide de 60 pages bien tassées intitulé « comment rédiger un plan d’affaire », on me promet une subvention de 5 000 $ et…. roule ma poule !!

Romain et Mario attendent le résultat de ce rendez-vous avec impatience. Ils trouvent que le directeur adjoint a été « cheap » avec ses 5 000 $. Moi, j’en suis encore éberluée. Je ne m’attendais tellement pas à ce qu’on me donne de l’argent comme ça….

Dernière étape : Un complexe touristique de grande envergure est en train de se développer au pied de la Montagne du Diable. Et ils commencent à rechercher activement des partenariats avec les gens de la région pour assurer les activités de plein air qu’ils veulent offrir aux touristes. Si je veux avoir une chance que mon centre équestre soit rentable, je dois m’assurer d’avoir leur clientèle.
Un simple coup de fil à la personne responsable des activités de plein air au village Windigo, et le rendez-vous est pris. S’ensuit une présentation des produits proposés, de la personne responsable (moi !), blabla sur nos atouts et nos points forts etc….
Réponse finale fin février, mais à priori, c’est gagné ! En fait, c’est pas trop dur, vu qu’on est idéalement placés et que nos concurrents sont à perpette, ils n’ont pas trop le choix.

Mais le gag, c’est que depuis le début de l’histoire, aucun d’entre eux ne m’a encore demandé si je savais monter à cheval, et je n’ai pas sorti un seul CV….

Depuis ce jour, j’ai la tête dans le guidon. Je passe mes journées et une partie de mes nuits à essayer de calculer le coût de revient d’une balade à cheval, je compte et je recompte mes sous, j’ai des feuilles Excel dans tous les sens, je fais mes prévisions budgétaires sur 3 ans, je m’énerve à essayer de calculer mon besoin en fond de roulement, je tente de répondre à l’impossible question : « combien de clients allez-vous avoir cette année, l’année prochaine, dans 2 ans ? » Je m’évertue à connaître en détail les caractéristiques touristiques de ma région, je me renseigne sur les prix des dépliants touristiques, je me cherche un nom, un logo, je m’égare en rêvant à mes futures cartes de visite….
Bref, je m’éclate.

Entre deux prises de tête, je trouve le temps de me rendre au second rendez-vous que m’avait fixé le Centre Local d’Emploi. Je rencontre la chef des conseillères…. Elle fait une tête d’enterrement.
– Vous voulez travailler dans le tourisme ? Oh là là…. Mais y a rien par ici…. Et pour obtenir des subventions pour une formation de secourisme ? Ben si vous n’êtes pas sur le BS et si vous ne touchez pas d’assurance chômage, on peut rien faire pour vous…. Au mieux, on peut vous financer une formation à plein temps (au moins 25 heures par semaine), mais ça dépassera pas 30 $ par semaine de toute façon….
– Bon. Ben merci…. Au revoir !

Décidemment, ils sont vraiment trop déprimants ceux là !

Hop ! Je retourne dans mes chiffres…. Bien sûr, rien n’est sûr, rien n’est encore acté, il me reste à élucider la question cruciale du coût des assurances. Mais qui sait ? Le premier bison n’est peut-être pas si loin après tout….

Alors gardez courage…. Si vous croyez en vos rêves…. Tout est possible….

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