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Perceptions et questionnements

Je me pose de plus en plus de questions sur ma perception des choses et sur celle que les autres peuvent avoir. Nous sommes tous guidés par notre propre cheminement et par notre bagage cognitif et culturel dans lequel se mêlent notre éducation et nos expériences passées. Nous venons tous de quelque part et cette partie de nous, même si nous réussissons à nous intégrer parfaitement à la société d’accueil, demeure notre différence fondamentale. Je m’explique, personnellement je suis arrivée au Québec à l’âge de 26 ans et pendant toutes ces années dans mon pays d’origine j’ai vécu des expériences qui font que je suis la personne que je suis aujourd’hui. Ces vingt-six années constituent mon éducation, mes premières expériences, mes premières peines et mon apprentissage de la vie et de son fonctionnement. C’est pendant ces années là que j’ai construit mon code d’honneur et la liste de mes principes de vie et c’est à travers mes expériences en Tunisie que j’ai appris comment me battre, comment aimer, comment me protéger, comment pardonner, comment coexister avec les autres et comment trouver ma place. Bref mon système de valeurs a été bâti en fonction de ma vie en Tunisie et il est certes différent de celui d’un québécois, d’un français, d’un mexicain ou d’un chinois. Ces différences culturelles peuvent amener beaucoup de richesse et de diversité, elle peuvent également amener des malentendus et beaucoup des maux de têtes.

La façon avec laquelle je perçois le monde est forcément différente de celle des autres, nous subissons d’une façon ou d’une autre les effets de la société qui nous entoure. Ce que je veux dire c’est que nous sommes plus influençable et plus perméables à un certains âge qu’à un autre. Il y a par exemples des principes fondamentaux dans ma vie que je ne peux changer même si je le voulais. Ils sont si profonds et si enracinés que si je devais les changer je ne serais plus moi.

Je suis une personne qui prône l’ouverture et le dialogue mais comment établir ce dialogue si à la base nous ne parlons pas le même langage, si nous ne ressentons pas les mêmes choses et si nous ne comprenons pas les mêmes concepts. Je n’ai malheureusement pas de réponse à ces questions, ce que je sais c’est que si nous sommes de bonne foie et que nos gestes le démontrent, nous devrions avoir le bénéfice du doute. En clair même si notre ton de voix est différent et notre gestuelle plus active cela ne fait pas de nous nécessairement des individus menaçants, d’autres part, le fait que notre ton de voix soit monocorde et notre gestuelle quasi absente ne veut pas dire que nous sommes des personnes ennuyeuses et monotones.

La difficulté première je pense reste celle des préjugés et de la confiance. Nous sommes plus confortables avec les personnes qui font les choses comme nous, il y a moins d’imprévus et de mauvaises surprises. Nous vivons dans une société ou notre appartenance est pré-conditionnée par les groupes sociaux qui définissent qui nous sommes et qui nous pouvons fréquenter. Nous trouvons plus facile d’avoir une conversation qui nous rassure plutôt qu’une confrontation même la plus respectueuse et la plus civilisée.

Ce que je veux soulever comme point est ceci : Dans une société multiethnique et multiculturelle comme celle dans laquelle nous vivons comment peut on établir le pont entre les différents groupes si nous continuons à percevoir le différent comme menaçant ? Comment peut on profiter de cette richesse interculturelle si nous fermons la porte aussitôt que nous avons une conversation inconfortable avec une connaissance ou un collègue de travail. Il me semble que pour échanger il faut se connaitre et s’écouter alors comment casser le mur de nos perceptions et de nos craintes pour pouvoir écouter l’autre sans le juger ? En d’autres termes comment écouter avec nos oreilles au lieu d’écouter avec notre cœur pleins de ressentiments ou notre cerveau bourré de jugements ?

J’ai toujours rêvé d’un pays où nous serions tous citoyens du monde et où nous pourrions échanger nos sentiments et nos réflexions de la même façon que nous pouvons échanger nos cuisines et nos vêtements. Je suis tellement déçue quand j’entends des phrases préjugées, préétablies et tellement fermées même quand elles sortent de ma propre bouche. Le plus difficile ce n’est pas de comprendre l’autre, le plus difficile est de baisser notre garde et de nous dire qu’on ne peut condamner un groupe en fonction d’une seule personne ou d’une seule expérience. Je continue à espérer et je reste confiante que le Québec est une terre nouvelle où tout est encore possible.

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