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Patenteux du dimanche

L’un des aspects de la vie qui me plaît le plus ici c’est le rapport qu’ont les gens aux loisirs et, dans mon cas précis, à la science comme loisir; vous savez bricoler des expériences dans son garage…

En Amérique du Nord la science se veut accessible.

D’ailleurs n’est il pas ironique de constater que l’une des meilleure série documentaire scientifique de ces dernières années, “Cosmos”, ait été produite par Fox, dont la filiale d’information en continu est la tribune par excellence des conservateurs (qui ne sont pas réputés pour leur amour des sciences).
Il y a derrière cette médiatisation une volonté d’informer et d’attirer de nouveaux talents mais aussi de justifier des dépenses. Car, dans le monde des grants, faire de la recherche signifie d’abord trouver des financements et être connu aide à en trouver.

La France étant un pays élitiste, faire de la recherche y signifie d’abord être chercheur au service d’un organisme national. Ne me méprenez pas, les chercheurs Français se débrouillent très bien avec relativement peu de moyens mais leur position participe à leur ostracisme et laisse la science à une élite.

Alors bien sur il y a une contrepartie. Quand la science est médiatisée, la pseudoscience l’est tout autant. Et la je ne parle pas des théories du complot qui relèvent plutôt d’un agenda politique mais des dérives religieuses (intelligent design) ou carrément loufoques qui cachent souvent une arnaque (énergie gratuite, etc.).

Cette attention particulière est ce parce que l’histoire de ces pays est plus récente ? Parce que la science et la technique (chemin de fer, télégraphe,…) ont joués un rôle fondamental dans la maîtrise de leurs territoires ? Indéniablement, mais ce n’est pas tout.

Quand vous découvrez au détour d’un article de journal qu’un jeune américain de plus a construit un réacteur nucléaire dans son cabanon de jardin le réflexe n’est il pas de vous dire “Ah c’est bien un Américain !”. Mélange d’admiration et de condescendance.
En France, en général quand vous dépensez pour des loisirs qui dépassent le cadre des vacances on vous dit “pourquoi ?” “tu ferais mieux de garder ton argent” “c’est n’importe quoi !”. Ici on vous dit: “c’est drôle” “ah ouais, c’est cool”.
Cette réaction n’est pas propre au Québec, ni à l’Amérique du nord, puisqu’au Royaume-Uni, en Belgique ou en Allemagne on vous dirait la même chose, “10 000 euros dans votre passion ? Pourquoi pas”.
Serait-ce propre aux pays de culture protestante ? Peut être aussi que les gens, ayant un peu moins de vacances, accordent plus d’importance aux activités la fin de semaine venu qu’au sacro-saint repas de famille.

Outre le rapport au loisir, il y a le facteur langue bien sûr. La langue de la science est de facto l’Anglais. Quand c’est votre langue maternelle ou que vous y êtes confronté au quotidien ça aide.
La tradition communautaire aussi: quand on est geek on est fier de l’être et on s’identifie à une communauté.

Pour l’amateur, l’aspect mercantile joue en outre un rôle fondamental.
On le sait aux États-Unis tout s’achète et tout se vend. Cela vaut pour le matériel scientifique.
Faite un petit tour sur eBay et recherchez par exemple “microscope”. Vous constaterez que la majorité des articles proviennent de particuliers ou de vendeurs étasuniens, même quand il s’agit de marques européennes.
Et ça quand vous habitez à quelques kilomètres de la frontière c’est très pratique car ça permet d’économiser beaucoup d’argent sur le port (en faisant livrer à la frontière). Bon il faut ensuite rassurer le douanier que ce que vous faites rentrer dans le pays n’est pas dangereux, mais ça fait parti du jeu.
Une visée mercantile n’est pas forcement synonyme d’incompétence. Comme le montre le très bon documentaire “Dinosaur 13” des groupes de scientifiques amateurs sont capables de travail de très haut niveau qui conduisent parfois à des découvertes spectaculaires.

Enfin, un dernier facteur serait le niveau de qualification de la population.
Il ne faut pas oublier qu’en France et au Québec la population a commencé a accéder en masse aux études supérieures dans les années 1960. Or aux États-Unis et pour les canadiens anglais ce processus a débuté dés les années 1940.
Ainsi, en 2014, 45% des Canadiens entre 55 et 64 ans avaient fait des études post-secondaires, contre seulement 21% des Français de la même classe d’âge (d’après l’OECD).
Ça ne veut pas dire qu’un tel est plus intelligent qu’un tel, ça veut dire qu’aujourd’hui toute une génération de retraités nord-américains est plus éduquée que son homologue Européenne, il n’est donc pas étonnant qu’elle bricole des trucs plus élaborés.

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Marty
Né au nord de la France, j’ai grandit à Cambrai, ville probablement plus célèbre au Canada que dans son propre pays. Fasciné, comme tant d’européens, par l’Amérique depuis toujours, j’ai voyagé et vécu aux Etats-Unis avant d’arriver à Montréal début 2012. Biochimiste de formation, je travaille dans mon domaine au Québec.
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