Noël : la magie n’est plus là

Je viens de fêter mon septième anniversaire de vie au Québec et je dois dire que je ressens un coup de barre et un grand détachement. Je ne sais pas si c’est le fait que je viens de perdre un emploi pour lequel j’ai investi beaucoup de temps et d’énergie, le fait que depuis 13 jours je n’ai pas vu un rayon de soleil, le fait que je ne m’identifie plus ni à la politique intérieure du Québec ni extérieure du Canada ou pire encore le fait que ce soit une septième année à passer Noël loin de ma famille.
Je suis mère monoparentale, j’accepte mon statut, ce que je ne comprends pas c’est comment le système scolaire et la société en général continue à faire l’éloge d’une seule forme de famille. Je ne comprends pas pourquoi tout enfant doit avoir deux parents, des frères et sœurs, quatre grands parents, des tantes et des oncles aimants et bienveillants, une maison, une auto et même un petit chien. Je ne sais pas pour vous mais j’en connais peu dans mon entourage qui correspondent à ces critères surtout dans une société d’immigrants qui de part leurs statuts sont coupés du reste de leurs familles.

Je ne sais pas ce que les autres parents répondent à leurs enfants, personnellement je commence à manquer de réponses devant un enfant de 5 ans qui ne cesse de me poser des questions sur sa famille et qui remarque de plus en plus qu’il est différent de l’enfant qu’il voit dans les manuels scolaires. Je suis fatiguée de lui expliquer que nous ne sommes pas les seuls à ne pas avoir de véritable famille à proximité, je suis épuisée d’élever un enfant seule dans une société individualistes et toujours pressée.

Je suis surtout tannée de toute la folie qui tourne autour de la fête de Noël et de tout le lavage de cerveau qui est fait aux enfants d’immigrants, il y a tellement de religions et de spiritualité dans cette province alors pourquoi se concentrer sur une seule et marteler pendant des semaines le cerveau de nos chers petits enfants qui ont une nouvelle raison de nous demander toutes sortes de questions sur cette sainte célébration. Je n’ai pas le guide du parfait Noël, je l’ai cherché sur le marché sans jamais le trouver !! Dois on l’inclure dans le guide du parfait immigrant ou de la parfaite famille ?

En tout cas, tout ça pour dire que je me pose de plus en plus de questions sur mon envie d’élever mon fils dans la culture de Noël loin de sa famille élargie et que je mette tout en oeuvre pour faire comme les autres sans aucune conviction afin qu’il ne se sente pas différent. Je me demande pourquoi lui infliger mon choix de vie et mon immigration alors que tout ce qu’il demande en fait est juste là dans un autre pays. Il pourrait passer l’après-midi chez ses grands parents, retrouver ses oncles et ses tantes dans les barbecues les fins de semaines, jouer avec ses cousins et ressentir une appartenance à une famille.

Je ne sais pas si c’est un ras le bol ou si c’est une petite déprime d’hiver mais il est clair que la magie n’est plus et que je ne ressens plus cet amour débordant me transporter et m’émouvoir !!! Le pire c’est que quand j’en parle avec d’autres immigrants, il y en a beaucoup qui ont ce même discours, est-ce là une tendance ? Finit-on par se fatiguer de ne plus être chez soi ? Est-ce que le chez soi est au fond la famille et non un pays ou une nation ? Je ne sais pas ….

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