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Immigrer à deux Bon. Eh…

Immigrer à deux

Bon. Eh bien ça y est, je n’en suis qu’à ma quatrième chronique, mais là, ce soir, devant ma page blanche… rien de particulier. Ou plutôt, aucun thème qui ne puisse à lui seul occuper un espace conséquent et faire office de chronique. Me voilà bien embêté ! En plus je n’ai pas toute ma tête, étant donné la quantité de vin ingurgitée au restaurant quelques heures plus tôt avec ma chère et tendre… eh oui ce soir c’était la Saint-Valentin, cette douce journée commerciale dédiée aux amoureux du monde entier. J’en arrive à une idée que je peux peut-être exploiter : l’immigration seul versus l’immigration en couple.

Parlons d’abord de ce que je connais à savoir l’immigration en couple.
On dit souvent, on entend souvent que certains couples qui choisissent d’immigrer finissent par casser. Je le conçois aisément : rien ne dit dès le départ que les deux éléments du couple vont vivre leur immigration de la même façon ni s’intégrer de la même façon. L’un des deux peut aussi parfois se sentir beaucoup plus prêt que l’autre à franchir le grand pas… mais une fois dans l’avion, les jeux sont faits, alea jacta est. La première condition du succès avant de partir est donc évidemment, selon moi, qu’une bonne communication soit en place dans le couple. Si l’un ou l’autre n’est pas sûr, il doit absolument pouvoir se sentir libre d’en parler à l’autre : partir s’installer dans un autre pays n’est pas n’importe laquelle des décisions, elle influera à jamais sur la vie et la perception de chacun, couple ou pas d’ailleurs.
On dit aussi que c’est une fois arrivés que parfois, les vraies personnalités des personnes entrent en jeu, et ceci est aussi valable pour un couple. Sauf que dans le couple, les personnalités différentes mais complémentaires qui forment un couple n’évoluent ni ne se transcendent pas forcément de la même manière ni à la même vitesse. Mais les deux personnes vivent logiquement sous le même toît… Attention donc, encore une fois, à bien communiquer dans le couple, à concevoir ce que l’autre ressent face à une situation qui peut nous paraître banale ou facile à gérer par exemple.

Parlons maintenant de mon expérience personnelle. Initialement, nous étions venus tous les deux ici pour travailler. Or, il se fait que ma blonde a finalement repris in extremis des études. Après tout, c’était l’instant où jamais, je n’avais aucunement l’intention de lui refuser cette chance ! Mais cela dit, tout ceci changeait pas mal la donne pour nous. Il fallait alors que je trouve une job relativement bien payée pour qu’on puisse subvenir à nos besoins communs pendant ces études. Trouvé ! Nous avons donc vécu 6 mois avec un seul salaire comme assise financière. Et avec le recul, ce n’était pas spécialement difficile ni contraignant : nous sortions à peine de notre vie parisienne, et vivre avec un seul des deux salaires à Montréal ne s’est pas avéré être une expérience douloureuse. J’ai aussi eu la chance il faut bien l’avouer, d’avoir trouvé assez vite un emploi dans mes cordes et dans la lignée de mes études. La même chose à Paris n’aurait pas été supportable très longtemps, alors que cela aurait pu être vivable dans d’autres grandes villes de France sans doute.
Puis, ma blonde a réalisé que plus des deux tiers des étudiants avec qui elle suivait ses cours travaillaient en même temps et occupaient déjà des postes auxquels ils pourraient prétendre à la fin de leurs études. Elle s’est donc mise à chercher elle aussi un emploi, et a fini par le trouver à force de persévérance en environ un mois et demi si je ne me trompe pas… Il faut aussi dire qu’elle s’est vraiment donnée la peine de chercher huit heures par jour sans relâche, c’était normal qu’elle trouve chaussure à son pied au bout du compte. C’est dans ces moments là, par exemple, qu’un certain soutien psychologique est carrément vital… il est très facile de décrocher sous le poids des réponses négatives ou inexistantes des potentiels employeurs que l’on cible.
Tout ceci pour en arriver à la situation actuelle : en ce qui me concerne, cela fait un an et demi que je travaille dans la même compagnie anglophone. Ma blonde a pu, pendant ce temps, se constituer de son côté un réseau d’amis québécois qu’elle a rencontré et avec qui elle a travaillé sur des projets gourmands en investissement personnel et de groupe lors de ses études. Et elle a aussi le mérite et la chance d’avoir trouvé un emploi qui la satisfait pleinement et qu’elle peut concilier facilement avec ses études. Que demande le peuple ? Ma foi rien ! Mais vous aurez sans doute remarqué une certaine différence entre nos deux parcours: l’un plus linéaire pendant que l’autre rebondit sur des opportunités à saisir. Vous vous direz aussi que c’est à moi qu’il appartient de m’ouvrir à d’autres horizons, en m’engageant dans des activités extra professionnelles par exemple, pour m’entourer davantage des ces québécois trop absents dans mon entourage. Je ne le sais que trop !
C’était à mon sens la meilleure démonstration que je pouvais faire pour expliquer que des différences de parcours peuvent se creuser rapidement entre deux personnes d’un couple.

Mais heureusement, et là je vous rassure, immigrer ensemble peut aussi rapprocher et solidifier un couple ! Toutes les expériences et autres anecdotes que nous avons vécues ensemble, nous ne pouvons que les partager et les revivre ensemble. Les autres ne peuvent pas comprendre ce que c’est que d’immigrer, ni par quels états d’esprits on est passé depuis qu’on a foulé le sol de ce que je considère comme mon pays d’accueil, le Québec. Ça déjà, ça rapproche ! Et heureusement aussi, les expériences de l’un peuvent profiter à l’autre : je profite d’ailleurs en ce moment même et depuis peu d’une partie du réseau de contacts professionnels de ma blonde, je connais maintenant une bonne partie de ses amis que je retrouve avec grand plaisir lors de soirées improvisées ou organisées… mais il n’y a pas que ça. Nous vivons l’actualité québécoise et canadienne en même temps, nous prenons du recul sur le monde, la France et les français en même temps, nous voyons les mêmes films au cinéma, et tout ceci est source d’échanges passionnants et terriblement enrichissants, comme tout le reste de toute façon !

Tout ça pour en arriver à la conclusion que si vous décidez d’immigrer en couple, préparez-vous vraiment et parlez-en avant ! Mais surtout, ne vous isolez pas dans les chemins que vous suivrez respectivement, sur la route de votre intégration. Faites profiter votre autre de vos expériences et de vos impressions. Profitez autant que possible de votre immigration en restant soudés ensemble, que votre immigration soit irréversible ou temporaire. Vous avez immigré ensemble, c’est pour vivre votre immigration ensemble d’abord et avant tout, parce qu’on est plus fort ensemble !

Bon finalement, l’inspiration est venue. Et une nouvelle fois je dois remercier ma chère et tendre qui m’avait discrètement insufflé ce thème de chronique alors que je lui confiais ce soir mon angoisse de la page blanche. Merci ma chérie… et à bientôt tout le monde pour la prochaine chronique !

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