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Expérience personnelle au travail. Cette…

Expérience personnelle au travail.

Cette petite histoire est tout à fait personnelle et ne peut être généralisée. Cependant, elle est probablement impossible à vivre en Europe, mais tout à fait réelle ici au Québec et même dans toute l’Amérique du Nord.
Ici en Amérique du Nord, les employés sont évalués une fois par an pour leur performance. Dans la boîte de mon mari, c’est fait un peu au pif (même beaucoup), mais tout le monde a une augmentation une fois par an à un moment bien précis.
Dans ma boîte, chaque chef de département remplit un dossier avec plein de cases où le comportement d’abord et les compétences professionnelles ensuite sont disséquées selon le principe « complètement nul », « fait ce qu’on lui demande » et « excède les attente, excellent ». Chacune de ces trois cases a deux possibilités d’appréciation pour indiquer une tendance vers le groupe au-dessous ou au-dessus. Ce qui fait qu’on est « noté » entre 1 (pas bon du tout) et 6 (exceptionnellement exceptionnel ….) pour chacun des environ 20 points qui sont analysés.

Juste avant le congé de Pâques, c’était notre tour à la planif …. En France, on aurait tous tremblés une semaine avant, et le moment fatidique où le chef de département appelle, on blêmit, on a des sueurs froides et on y va l’angoisse aux trousses. Ma première collègue revient, sourire aux lèvres, tout va bien, elle ce qu’elle avait espéré ou presque. Puis, c’est mon tour à moi. Je ne suis pas chef de département, mais officiellement, je suis l’adjointe au PDG, donc c’est lui qui va me faire mon évaluation. L’année passée j’avais eu 7% d’augmentation, partiellement parce que j’étais au bas de ma fourchette salariale et que leur intention est d’amener tout le monde vers le milieu de sa fourchette. Et là, mon boss part à me lire mes « performances », et je deviens de plus en plus gênée, rouge tomate probablement. En gros, mes « notes se promènent entre 4 et 5 tout le long, avec un 5-6. Une moyenne de 4.2 – je n’en reviens pas ! En fait, idem l’année passée. Je ne sais quoi dire. Moi, je n’ai aucun budget à réaliser, aucun projet stratégique à rencontrer, je n’ai qu’à juste faire le boulot qui m’a été assigné temporairement (depuis deux ans ….). Et mon PDG de se lever pour me serrer la main et me dire merci pour faire partie de son équipe ! En fait, c’est là, le grand secret des Européens qui sont bons dans ce qu’ils font mais en Europe, on ne leur dit pas, JAMAIS, qu’ils sont bons parce qu’ils ne sont jamais assez bons pour leur supérieur. Alors on arrive ici, avec notre passé d’esclave et toutes les habitudes de comportement etc qui viennent avec, et on devient quelqu’un d’exceptionnel. Du jour au lendemain, on est l’employé modèle, et ironie du sort, grâce aux mauvais chefs qu’on avait en Europe !!! Il suffit d’être soi-même, souriant, poli, se débrouiller du mieux qu’on peut et donner un peu de soi pour s’identifier à l’entreprise, et on va aimer son travail parce qu’on nous laisse le faire dans de bonnes conditions.

Merci Québec, merci de nous montrer que les compétences acquises valent quelque chose. Jamais en France, je n’aurais pu avoir une telle augmentation (7%), et encore moins deux années de suite ! Jamais, je n’aurais pu avoir le salaire que je touche aujourd’hui pour la simple raison que je n’ai pas eu l’opportunité d’aller plus loin que l’équivalent du bac français ou du DEC québécois quand j’étais jeune.
Alors petit conseil aux arrivants : laissez les habitudes françaises derrière vous, souriez, faites votre 100% au travail et plus si le cœur vous en dit – la reconnaissance va suivre une fois que vous avez fait vos preuves.
Il y a eu un bémol dans notre bureau parce que notre quasi-chef Sheila n’a pas eu une bonne rencontre.

Quand le PDG l’a appelée, elle y est allée, armée d’un bloc-notes …. normal, elle est chef de département elle-même et doit donc voir carrément le PDG pour son évaluation, elle aussi. A son retour, pas de sourire. Tu sens la rage contenue. Elle ne parle pas, mais alors pas du tout. L’air se charge d’électricité le temps de le dire. Alors Nicole et moi, on se regarde, et on n’ose pas trop poser de question, on voit bien que Sheila n’a pas eu ce qu’elle attendait. Nicole et moi ne savons comment faire parce que nous sommes sur notre petit nuage rose, et visiblement Sheila, c’est un nuage noir de chez Ténèbres …. On apprend un peu plus tard que noter PDG l’a évaluée sur des projets stratégiques complètement différents que ce qu’on avait demandé à Sheila en début d’année lorsqu’un autre directeur était son supérieur. Mais elle se bat pour mettre les choses au clair, et elle aussi, elle aura son augmentation en rapport avec les choses accomplies dans l’année, les chèques de correction sont déjà imprimées pour être distribués demain avec les paies régulières …. Alors Jeudi on aura trois nuages roses au bureau de la planif ….
Puis lundi de Pâques, au cours du « Déjeuner du Président » (ça, c’est le petit déj très élaboré et complet fait et servi par le PDG et tous les chefs de département pour tous les employés qui n’ont qu’à se mettre les pieds sous la table), d’un coup tous les chefs débarquaient avec une pile d’enveloppe pour distribuer un chèque de participation au bénéfice que personne n’attendait ! Et que j’te serre la main, te dise merci pour ta collaboration et te remets ton chèque ! Ouaaah ! Quelle semaine !!! Je devrais peut-être jouer au Loto avant ce soir ? Bonne semaine !

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