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Et voilà… Le départ est…

Et voilà….

Le départ est maintenant imminent. Dans deux jours, je décolle…. Et rien n’est prêt… Je croyais pouvoir rentrer ma vie dans mes 3X32 kilos de bagages. Et bien non. Impossible. Trop de livres, trop de photos, trop de peluches, trop de fringues, trop de tout. Je désespère. Je refais mes bagages trois fois. Je monte sur le pèse-personne, je note mon poids, et je remonte dessus en succombant sous le poids des valises, presque plus grosses que moi. Je fais la soustraction des poids. Trop lourd. Encore trop lourd…. J’enlève toutes les fringues d’été. Je reviendrai les chercher plus tard. J’enlève les livres « indispensables », j’enlève les photos….
Mon copain s’inquiète de ce que j’emmène, mon frère s’inquiète du bordel que je suis en train de semer partout dans la maison, ma mère s’inquiète pour son pèse-personne…. Moi, étrangement, je reste confiante. Je m’y oblige en tout cas. Je ne veux pas que ma famille s’inquiète et surtout, je ne veux pas m’inquiéter moi-même. Alors je fais bonne figure…. Mais oui ! Ca va aller ! Mais oui, j’aurai tout fini à temps !

Je brade aussi ma vieille minoune dans une casse. Premier déchirement. Pensez donc ! Ma première voiture, celle qui m’est fidèle depuis 10 ans maintenant, celle qui ne m’a jamais laissé tomber, même quand elle était proche de la panne sèche, elle m’emmenait toujours en crachotant jusqu’à la pompe à essence la plus proche. Celle qui fait des bruits de partout, mais qui n’a jamais rendu l’âme au bord de l’autoroute. Vous devez me trouver bien sentimentale vis-à-vis d’un tas de ferraille, mais je suis comme ça. Je prête facilement une « âme » aux choses qui m’entourent…. Alors je lui ai fais un petit bisou sur le tableau de bord, et je lui ai dis merci….

Je rédige à la hâte mes derniers courriers administratifs, je camoufle comme je peux les cartons que je laisse dans la maison de ma mère, pour tenter de « faire croire » que rien n’a changé….

La dernière soirée se passe admirablement bien. Ma famille est courageuse et elle fait bonne figure. On sort le champagne, on mange une bonne raclette, on parle, on rit, on passe un bon moment.
Le lendemain matin, petit déjeuner familial avec café-croissant. Il fait beau, je me demande encore si je fais bien de vouloir quitter tout ça. Je traîne presque la patte pour faire durer le plaisir et c’est ma mère qui me rappelle qu’on doit y aller….

Je ne suis pas très sereine en pensant au poids de mes bagages. J’ai un sac supplémentaire de 32 kilos, et je sais que je dois payer une taxe de surcharge pour celui-là. Il est prévu que je la fasse déduire de mes points de fidélité d’Air France. Mais les 2 autres valises font 33 et 35 kilos, et j’ai peur de devoir aussi payer une taxe pour chacune d’entre elle. Enfin, mon bagage cabine, qui ne devrait pas dépasser 12 kilos, pèse allégrement 21 kilos…. Ma mère et mon frère ont prévu quelques sacs plastiques, au cas où je devrais encore faire du tri devant le comptoir de l’enregistrement. Coup de bol, mon bagage cabine n’est pas vérifié. Et la dame de l’enregistrement me dit bien gentiment que vu que je paye déjà une surtaxe, elle n’a pas l’intention de m’en faire payer d’autres. Ouf.

L’heure des adieux avec ma mère et mon frère ont sonné. Ma mère, qui avait dû se promettre de ne pas pleurer, lâche malgré tout une larme de dernière minute. C’est trop dur. J’ai envie de pleurer aussi, je me retiens comme je peux. La voiture s’enfuit.
Reste mon copain, qui veut rester jusqu’à l’embarquement. La aussi, je passe la porte de la sécurité avec les larmes aux yeux. Rien que d’y repenser pour l’écrire, j’ai encore envie de pleurer. Je le vois s’éloigner…. C’est vraiment trop dur….

Dans l’avion, je me force à ne penser à rien. Je dors. Je souhaite que ce passage entre les deux mondes se fasse le plus vite possible. Encore une fois, je suis entendue (par qui ? par quoi ?) et j’ai l’impression que le voyage se passe en un éclair.

A l’arrivée, les formalités s’enchaînent rapidement. Bonjour, bonjour…. Pouf, pouf, et re-pouf, coup de tampon par-ci, coup de tampon par là….
– Vous avez combien de sous sur vous ?
– Heu…. là tout de suite ? Ben…. 200 $…
– Parfait
– Heu…. Vous prenez pas de photo ?
– Non, pas de photo. Bienvenue au Québec.
– Heu…. merci !
Je me demande combien d’immigrants arrivent chaque jour dans cet aéroport et combien de fois la dame est obligée de dire « bienvenue au Québec ».
Je récupère mes valises qui s’enchaînent sur le tapis devant mon nez et je me dirige ensuite vers le bureau des douanes. Le charmant monsieur me tamponne ma liste sans la regarder dès qu’il voit qu’en première ligne figure un équipement complet de Hockey….
– Ah ! Vous jouez au Hockey ?
– Heu…. mmmoui, enfin j’essaye….
– Ah ben vous êtes sympa. Allez, j’vous tamponne vot’liste !
– ….
Un peu plus tard, me voici dehors, et je vois Gilles et Carine qui sont venus me chercher. Que c’est bon de les voir ! Que c’est bon d’être attendue ! Ils m’emmènent chez Peggy, qui m’a prêté son appartement pendant ses vacances. Je redécouvre alors les gratte-ciels de Montréal, j’entends ma première sirène d’ambulance si caractéristique de l’Amérique du nord, je réalise enfin que je suis là, je rayonne.

Le lendemain matin, perchée au 19ème étage de la « tour d’ivoire » de Peggy, je vois le soleil se lever sur Montréal et sur ma nouvelle vie. Rien de tel pour entretenir le moral. Je téléphone à la famille. A chaque fois que je suis au Canada ou aux Etats-Unis, ma mère s’étonne toujours de ne pas entendre de grésillement dans la ligne, vu que je suis à l’autre bout du monde, ça paraîtrait pourtant logique ! Du coup, elle a l’impression que je ne suis pas si loin, alors ça lui remonte un peu le moral à elle aussi.

Deux jours après mon arrivée, ma copine Karine, venue de son lointain village des Laurentides, débarque à Montréal. Ca tombe trop bien et je profite de sa présence pour la traîner avec moi à la RAMQ. Pour que je puisse obtenir ma carte soleil, je sais qu’elle doit être là en personne pour témoigner que je suis bien hébergée chez elle. Encore un coup de chance !

Mes premiers jours à Montréal se passent vraiment bien. J’ai revu quasiment toute mon « ancienne » gang de Paris, plus quelques personnes que je ne connaissais que par l’intermédiaire du forum. Tout le monde se plie en quatre pour me rendre service, pour me donner des conseils ou pour combler mes graves lacunes cinématographiques en m’invitant à regarder les Invasions Barbares ou la Grande Séduction….
Je redécouvre avec joie les promenades dans la ville, les écureuils, les parcs, les restaurants, le métro, les magasins, le pont Jacques Cartier qui me fascine, et le Saint Laurent…. J’écoute tous les bruits, j’écoute parler les gens dans la rue, j’ai envie de dire bonjour à tout le monde…. Et puis il y a des petites choses toutes bêtes qui vous mettent du baume au cœur comme la première fois que vous prenez le métro et que vous entendez : « hé ! Salut Katy ! ». Vous vous retournez, médusée, et vous tombez nez à nez avec Mik, dans le même métro que vous, dans la même rame, à la même heure. Et là, vous vous dites encore une fois que le monde est petit, que vous n’êtes ni vraiment seul ni vraiment perdu, et que maman peut vraiment arrêter de s’inquiéter.

Parallèlement, j’organise mon atterrissage final dans les Laurentides. En regardant les petites annonces immobilières sur Internet, je m’aperçois qu’un ami que je connaissais bien a déménagé et que son chalet (au bord d’un lac s’il vous plait) est disponible. Encore un coup de chance ! Je me rue sur le téléphone et j’obtiens un rendez-vous pour la visite. Je rencontre les propriétaires, ils sont adorables, et je signe le bail le matin même. En cadeau de bienvenue, ils m’offrent ma première pelle, en me disant que c’est la première chose dont j’aurais besoin pour devenir québécoise ! Je passe 3 jours dans les Laurentides, à revisiter les coins qui me sont chers et à rendre une visite éclair aux gens de ma connaissance….

Je rentre ensuite à Montréal afin d’assister à mon entretien personnalisé d’une heure avec un agent d’immigration…. pour m’entendre dire finalement que je suis venue pour rien, vu que j’ai déjà enclenché tout le processus de paperasse et de recherche de logement. Bon. C’est pas grave, on papote…. Et c’est là que j’apprends que l’échange des permis de conduire est centralisé à Montréal ! Moi qui croyais doubler tout le monde en réglant cette formalité à Mont Laurier ! Je riais d’entendre ceux qui prenaient rendez-vous 3 semaines à l’avance, en sachant que les préposés à l’accueil de la SAAQ de Mont Laurier s’ennuyaient à 100 sous de l’heure…. Me voilà obligée de prendre rendez-vous à Montréal…. Tel est pris qui croyait prendre comme on dit !

Et enfin, direction Encan H Grégoire pour choisir ma nouvelle voiture. Imaginez…. Un supermarché de la voiture. Un parc de 3000 véhicules, rien que des modèles relativement récents. Un alignement de 40 vendeurs, chacun occupé par un futur acheteur potentiel…. 70 à 100 véhicules sont vendus PAR JOUR !! On m’attribue donc un vendeur, je lui expose mes envies, et nous voilà partis pour une promenade à pieds dans le parc. Je trouve mon bonheur, et après un petit essai fructueux, je me retrouve au rayon financement. Je signe, et on me catapulte au stand assurances ! Imaginez…. Vous arrivez pour acheter une voiture, et vous pouvez repartir 1 heure après au volant du modèle de votre choix, assurance comprise. Incroyable ! Là, permettez-moi juste une petite parenthèse pour une dédicace personnelle…. Sébastien, si tu me lis, merci pour tes bons conseils, et pour ton expertise très appréciée !

Et bien voilà. Ca fait maintenant 2 semaines que je suis arrivée. Je n’ai pas vu le temps passer. J’ai trouvé le chalet de mes rêves, et une voiture. Seule ombre au tableau, un retard inattendu dans le traitement de mon virement bancaire, suite à une non réception de courrier…. Bref, j’ai pas de sous.
Alors je piétine encore un peu à Montréal, et dès que je récupère quelques dollars, je passe prendre ma voiture qui m’attend sagement chez H Grégoire, et je file en région ! Si vous saviez comme j’ai hâte !

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