Conclusion : 3 ans déjà - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
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Conclusion : 3 ans déjà

Mon premier message sur ce forum remonte à août 2009.
Le CSQ en poche en seulement quelques mois, j’avais ensuite dû faire face à plusieurs… contretemps et survivre à diverses entraves au bon sens en remplissant le dossier Fédéral…

Le FBI qui avait pris 2 mois à me renvoyer mon casier judiciaire…
Le laboratoire qui avait « oublié » d’envoyer mes résultats d’analyses au docteur de la visite médicale pendant 3 mois…
Ma 2eme visite médicale imposée par crainte de diabète avec un taux de glycémie tout à fait normal, avaient mis ma patience et mon équilibre mental à rude épreuve….

Puis… après plus d’un an de démarches, j’avais finalement reçu ma fameuse brune.
La confirmation électronique m’invitait à aller retirer mon visa à l’ambassade dans les 90 jours.
Ravi, bien évidemment, j’avais rangé le précieux sésame dans un tiroir bien à l’abri.

C’est donc une centaine de jours plus tard que je poussais un cri d’horreur sur le forum en réalisant avoir dépassé le délai pour aller faire apposer mon visa au passeport.
Impossible de joindre l’ambassade au téléphone, les formistes incrédules ne savaient comment réagir devant une telle négligence et une telle tête en l’air.

« Oublier » d’aller chercher son visa après tant d’années de démarches est en effet peu commun. C’est donc sans l’assurance de pouvoir obtenir mon visa d’entrée que je me présentais à l’ambassade le mardi suivant.
L’histoire serait bien platte si je ne l’avais pas eu car…elle n’aurait jamais commencée…

Le visa d’entrée étant valable pendant un an à partir de la première visite médicale, et…ayant pour le moins tardé pour aller chercher mon visa, il me restait moins de 2 mois avant son expiration.
J’organise donc un passage éclair à Montréal en septembre 2009 pour valider ma fameuse résidence. Mais c’est seulement en Juin 2010 que je débarque à Montreal pour de bon.
C’est à ce moment qu’on se demande toujours ce qui est le plus dur entre les maudits adieux à Roissy ou rentrer 25 ans de vie dans 2 valises de 25 kg…

2 jours après mon arrivée, j’achetais ma voiture et terminais les démarches tant bien que mal dans la semaine qui suivait.
Après un premier mois difficile à distribuer des CV à tout ce qui bougeait, je finis par trouver un emploi dans un hôtel 4 Etoiles en tant que réceptionniste.

Établi à Montreal la première année, j’achetais un condo dans les Laurentides en 2010, préférant la qualité de vie à la proximité du centre-ville que je fréquentais de moins en moins.

Alors oui, la neige est tombée, et les nids de poules se sont décuples depuis ces 2 valises de 25 kg.

Je travaille toujours pour la même compagnie depuis mon arrivée. Ayant beaucoup d’expérience en France et aux USA, je n’avais pas eu de mal à être embauché. Cependant, les opportunités d’évolution se faisaient rares.
Après avoir passé plusieurs entretiens sans succès pour un poste intermédiaire qui m’était refusé, je conservais la même passion et la même motivation et continuais à constamment prouver mon désir de grandir dans la compagnie.
A l’été 2012, je décroche finalement une place de Directeur de l’hébergement remplaçant ma propre responsable.

Je me plais toujours énormément dans les Laurentides ou je joui d’un cadre de vie privilégié, à moins de 30 minutes du centre-ville et prévois y acheter une maison prochainement.
L’évolution professionnelle et la qualité de vie étant 2 des raisons principales qui m’avaient fait venir au Québec, l’objectif est donc rempli de belle manière.

J’étais venu pour conquérir le Québec. Ce que je ne savais pas, c’est que c’est moi qui allais être conquis….par une Québécoise. Elle a d’abord d’abords fait fondre mon cœur puis a récemment dit « Oui » et je m’apprête à l’épouser l’année prochaine.

Alors après 2 ans, oui, la contagion québécoise se fait peu à peu…
Ça ne me serait jamais venu à l’idée à Paris mais je vais désormais acheter des chips et du gel douche à la pharmacie sans sourciller.
Désormais avisé, j’utilise le terme « coup de je t’aime » (pouvant être interprété par « coup de pénis » en Québécois) avec parcimonie.
Ma blonde souverainiste m’a appris que le PQ (Parti Québécois) n’était pas que du papier hygiénique.
Je suis devenu allergique aux « non, mais, y’a pas de souci », « on va sur Québec » ou aux « ah ben non en France ce n’est pas comme ça… » De mes chers compatriotes en visite.

Alors, plus sérieusement. Est-ce que je me considère comme « intégré »?
Non pas du tout. Pas plus, pas moins qu’un autre.
Quoique mon parcours soit positif et encourageant, il est tout sauf une référence.
Tout simplement car chaque parcours est unique, chaque expérience est différente.
Ce qui a marché pour moi d’une certaine manière ne marchera pas forcement pareil pour d’autres et inversement.

Je pense également que l’intégration n’est pas un concours. Ce n’est pas un concours de nombre d’années de résidence, pas un concours de statut (PVT, RP, Canadien etc.), pas un concours de combien d’expressions Québécoises tu peux placer en une phrase…

L’important est de se plaire là où on vit peu importe l’endroit. J’ai vécu dans 5 pays différents au cours de ces 5 dernières années. Je suis toujours resté moi même sans essayer de devenir quelqu’un d’autre.
Il faut bien évidemment respecter le pays et la culture qui nous accueille et je ne dis pas qu’il ne faut pas chercher à s’intégrer.
Mais ça se fait tout seul. Quand on est bien à un endroit, on s’y épanoui et automatiquement on s’y identifie et on s’y intègre progressivement.
Je ne vais pas me forcer à parler ou agir comme un Québécois. Avec mon accent parisien, je ne serai jamais vraiment considéré comme un vrai Québécois de toutes façons peu importe mon passeport ou ma date d’arrivée.

M’installer au Québec a été une des meilleures décisions que j’ai pu prendre dans ma vie.
Il n’y a pas de pays parfait et le Québec n’y fait pas exception. Mais Le Québec m’a été positif sur tous les points. Et j’y trouve la qualité de vie et les opportunités que je cherchais.

Ayant la chance que mes parents me visitent très régulièrement, je ne suis pas rentre en France depuis mon arrivée. Et quoique oui, certaines choses me manquent, je ne prévois pas y retourner prochainement. Avec 2 semaines de vacances par an, je préfère les passer sur une plage paradisiaque Cubaine plutôt qu’à Paris.

Ce long billet sera mon dernier. Après presque 3 ans de blog et de billet sur ce site, il me devient difficile de continuer à écrire sans virer au journal intime.
La période d’émerveillement et de découverte tire à sa fin. Je n’analyse plus le Québec. Je le vis.
Même les démarches ont tellement changées en 3 ans que je suis complètement dépassé.

Mon opinion et mes impressions n’engagent bien évidemment que moi et je ne prétends pas avoir plus raison ou en savoir plus qu’un autre. C’est simplement le ressenti personnel d’une expérience personnelle.
Je ne suis rien de plus qu’un immigré parmi les 150 000 qui arrivent au Canada chaque année.

Je souhaite le meilleur et bon courage à tous les « attendeux » et tiens à remercier Laurence et Laurent pour leur soutien et leur gentillesse depuis le début.

En mettant un terme à ce dernier billet, je réalise que le titre « Conclusion » est peut être mal choisi…car finalement pour moi, c’est ici que tout commence…

Yann
Né en Corée du Sud, Yann est adopté à l 'âge de 4 mois et grandit à Paris. De son Papa Français et de sa Maman Suisse, il se lance dans l 'aventure Canadienne et obtiendra sa résidence permanente en 2009. Ayant vécu à Paris et aux Etats Unis, il trouve au Québec un bon équilibre entre sa culture Française et son « American Way of Life ». Yann75006 habite d 'abord à Montréal avant de finalement s installer à Saint Eustache dans les Laurentides.
http://www.immigrer.com

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