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Cinq immigrants trouvent l’humour dans l’immigration

Le 14 juin dernier, il y avait une soirée de spectacle organisée à la Place Resurgo, en parallèle avec l’exposition itinérante Canada: Jour 1. Cette exposition porte sur l’immigration et a lieu à Moncton entre le 28 avril et 9 septembre 2018 avant de partir pour sa prochaine destination en Ontario. Plus spécifiquement, cette exposition explore les expériences touchantes  des nouveaux arrivants lors du premier jour de leur arrivée au Canada. Ce sont des objets, des valises, des enregistrements de divers pays qui donnent aux visiteurs un aperçu de la vie des gens qui sont venus au Canada dans l’espoir de se faire une nouvelle vie dans un nouveau pays.

Cette belle idée venait de la journaliste Anne Godin qui a récemment fait un voyage en Europe et a visité de multiples pays, villes et musées. Elle a remarqué qu’il y avait souvent un spectacle live (vivant) lié à l’exposition pour la rendre plus réelle et transmettre mieux le contenu aux visiteurs. Elle a initié ce projet en partenariat avec place Resurgo et CAFI (Le Centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick) pour donner un lieu d’échange entre les immigrants et les Canadiens pour un partage des anecdotes  et d’histoires comiques.

Alors, il y avait l’animatrice Anne Godin (qui avait d’ailleurs aussi des choses drôles à raconter), et 5 comédiens de diverses origines (de la Belgique, de la France, du Liban-Tunisie, du Cameroun et de la Hongrie)  pour partager nos vécus comiques.

Quand on m’a demandé si j’avais des histoires drôles à raconter, j’ai été partante sans hésitation. J’aime l’humour, la comédie et je réalise que les gens aiment et apprécie les histoires vraies et authentiques.

De plus, j’ai su assez vite qu’apprendre une nouvelle langue à l’âge adulte n’est pas un cadeau et, que tu le veuilles ou pas, tu vas faire des fautes pour longtemps. Sur le coup, ça peut être gênant, mais il faut être capable de rire de soi et de se permettre de se tromper.  C’est correct!

J’avoue que quand mes amis ont entendu que je participerais à ce spectacle d’humour, ils doutaient de mes capacités de comédienne. Ils se disaient : « Monika fait de la comédie?». Pour eux, puisque j’étudie en droit, je dois être sérieuse. Pourtant, je peux faire plein d’autres choses que le droit.

Encore une fois, j’étais la seule non-francophone parmi le groupe. Ce que je trouvais enrichissant pour l’audience qui pouvait entendre le point de vue d’une non francophone qui vient de juste d’apprendre la langue et essaie de se débrouiller en faisant semblant qu’elle parle cette langue. Je me retrouve souvent dans cette situation, j’ai commencé à m’y habituer.

Moi, j’ai personnellement beaucoup de choses à raconter et évidemment, la plupart de mes anecdotes drôles sont reliées à la langue française. Quand  j’interchange des mots, les articles ou même quand j’invente de nouveaux mots. Quand, dans tes examens et devoirs, tu parles de baiser au lieu de biaiser. Ou tu voulais écrire que tu as fais plusieurs tentatives, mais tu écris tentations. Hé bien le professeur va avoir un beau moment en corrigeant ton travail. Les exemples comme ça, je n’en ai plein. Donc, pour la soirée en question, j’ai décidé de préparer un stand-up comique en me moquant et en  mettant en lumière la langue française et sa complexité.

À la fin de la soirée, autour de la nourriture, on a eu la chance d’échanger avec l’audience qui a vraiment apprécié le spectacle et qui voulait en savoir plus. Même pas besoin de dire que la soirée a été une réussite et qu’on m’a déjà demandé de refaire mon numéro.

Vous autres, avez-vous aussi des histoires drôles à raconter?

 

Monika
Originaire de Hongrie, Monika est arrivée au Québec en 2005 en ne parlant pas encore le français. Elle a obtenu un diplôme de l’Université du Québec à Montréal et a travaillé en tant qu’intervenante psychosociale dans le quartier multiethnique de Parc Extension à Montréal. Depuis 2014, elle vit à Moncton au Nouveau-Brunswick dans l’est du Canada où elle a obtenu son diplôme de Juris Doctor à la faculté de droit de l'Université de Moncton en 2017. Présentement, elle est stagiaire dans un cabinet d'avocat à Dieppe.
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