La nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, a présenté mardi son conseil des ministres et a ainsi nommé un nouveau ministre de l’immigration, François Bonnardel, afin de remplacer Jean-François Roberge. Le Québec amorce ainsi un changement de ton en matière d’immigration. Le nouveau ministre de l’Immigration du Québec a reçu un mandat clair : adopter une approche « plus humaine » et agir rapidement pour corriger certaines décisions récentes qui ont fragilisé de nombreux candidats à l’immigration.
Un retour attendu du PEQ
Au cœur des priorités : la réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Fermé en novembre dernier, ce programme constituait l’une des voies les plus rapides et les plus populaires pour accéder à la résidence permanente, notamment pour les travailleurs étrangers temporaires et les diplômés du Québec.
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Sa suspension a laissé des milliers de personnes dans l’incertitude, parfois après plusieurs années d’études ou de travail dans la province. Le gouvernement souhaite désormais rouvrir ce programme pour une période limitée, afin de « ne pas oublier » ceux qui comptaient dessus.
Pour beaucoup, cette annonce représente un espoir concret de régulariser leur situation après des mois d’attente.
« Ne laisser personne de côté »
Le nouveau ministre Bonnardel insiste sur une volonté d’écoute et d’équité. L’objectif affiché : prendre en compte les situations des personnes qui ont été directement affectées par les changements récents, notamment celles qui étaient déjà engagées dans un parcours vers la résidence permanente.
Ce discours marque une tentative de rétablir la confiance avec les immigrants, dans un contexte où plusieurs décisions passées ont été perçues comme abruptes.
Un casse-tête… de quotas
Mais derrière cette volonté politique se cache une réalité plus complexe.
Le Québec maintient des seuils d’immigration relativement bas, avec un nombre limité de places pour les immigrants économiques — catégorie à laquelle appartiennent les candidats du PEQ. Résultat : même si le programme rouvre, il sera impossible d’accepter tout le monde.
« Si on veut respecter les limites de 29 000 et rouvrir le PEQ, puis continuer avec le PSTQ [principal programme d’immigration économique], ça ne fonctionnera pas. Il faudra couper quelque part ou bien augmenter les objectifs en matière d’immigration », a lancé Yves Martineau, président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, en entrevue avec Le Devoir.
Deux options se dessinent donc :
- réduire les admissions dans d’autres programmes,
- ou augmenter les seuils d’immigration, ce qui reste politiquement sensible.
Dans tous les cas, une sélection devra être faite, et certains candidats risquent malgré tout d’être exclus.
Une urgence pour les travailleurs temporaires
Autre enjeu majeur : plusieurs travailleurs étrangers voient leur permis de travail arriver à expiration dans les prochains mois.
Sans solution rapide, certains pourraient être contraints de quitter le Québec, malgré leur intégration et leur participation au marché du travail. Le gouvernement devra donc agir vite pour éviter une perte de main-d’œuvre… et des situations humaines difficiles.
Une période décisive
Les prochaines semaines seront cruciales. Entre promesses politiques, contraintes administratives et attentes élevées des immigrants, le gouvernement devra trouver un équilibre délicat.
Une chose est sûre : pour des milliers de personnes déjà installées au Québec, le retour du PEQ — même partiel — pourrait changer leur avenir.
Afin de suivre ces nouvelles annonces, nous vous invitons à ne pas manquer notre webinaire de la semaine prochaine, mercredi 29 avril à 13 h (Montréal), 19 h (Paris) avec notre invité, Alexandre Hénaut, avocat en immigration.
Source : Le Devoir
Crédit photo : François Bonnardel, Assemblée nationale du Québec

J’ai simplement besoin d’un visa visiteurs pour aller voir mes enfants mais je galère depuis 5 ans. J’ai déjà eu un visa visiteurs et j’ai effectué plusieurs aller retour entre 2017 et 2020