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Bilan 2 mois au Yukon…

Bilan 2 mois au Yukon

Ben oui, je sais, c’est assez inhabituel – c’est plus courant de voir des bilans par rapport au Québec, mais mon expérience m’a appris que de déménager du Québec vers une autre province, ou un territoire en l’occurrence, c’est en fait presque comme une immigration. Encore une !

Donc, arrivée le 14 septembre, maison louée le 15, aménagé dedans le 16. J’ai pris les services de l’Association Franco-Yukonnaise d’assaut comme vous savez, et ce TOUS LES JOURS et presque toute la journée. Ils connaissent Monika là-bas, héhé….

Comme il fallait que des sous rentrent, je me suis inscrite comme professeur suppléante auprès du gouvernement yukonnais, ministère de l’éducation. Sans aucun diplôme dans ce sens. Une semaine plus tard, j’ai été appelée, et entre le 4 octobre et le 17 novembre, j’ai fait une dizaine de remplacements soit d’une demi-journée, soit d’une journée (scolaire….) complète, tout en travaillant à temps partiel 100% flexible (en nombre d’heures et sans horaire) comme adjointe administrative à la garderie francophone.

Et là, il a fallu que je m’occupe de la voiture car ici on considère que l’on devient résident lorsqu’on a un boulot. Donc, permis de conduire yukonnais, plaques d’immatriculation yukonnaises et c’est intimement lié avec une assurance automobile par rapport à la nouvelle adresse ! Il faut d’abord souscrire à la nouvelle assurance, et ensuite, on peut procéder au changement des plaques. Puis, il faut envoyer les preuves de tout ça au Québec pour se faire rembourser au prorata auprès de la SAAQ et de l’assurance auto québécoise.

Côté assurance maladie, c’est plus compliqué parce que la famille doit être dans la même nouvelle province (ou nouveau territoire) …. Il fallait donc contacter la RAMQ pour leur signaler que moi et nos enfants étions ici mais pas le Papa qui est toujours en train de faire ce qu’il peut au Québec. Sur quoi ils nous ont envoyé un courrier ici à Whitehorse qu’il fallait signer, dater et retourner et qui indique la date de notre départ temporaire du Québec, la nouvelle adresse, et une date à convenir avec eux à la quelle prendra fin leur prise en charge, dans notre cas, moins de 6 mois en 2004 et moins de 6 mois en 2005. En clair, mes enfants et moi sommes toujours assurés par la RAMQ, et le fameux délai de carence de trois mois ne commencera qu’à l’arrivée du chaînon manquant quoi. S’il arrive fin janvier, nous pourrons enfin être assurés au Yukon à partir de fin avril/début mai. Apparemment ce serait la même chose partout au Canada. J’avoue n’avoir pas pris le temps de vérifier (avis aux amateurs, héhé).

Par mon travail, je vais avoir un belle assurance complémentaire bien sûr, pour toute la famille, mais là aussi, seulement au bout de trois mois, soit mi février l’année prochaine. Alors on s’accroche tous les trois, et on essaie de garder la santé !

Les gens ici sont tout aussi gentils que ceux que nous avons appris à aimer au Québec. Tant les francophones que les anglophones. Il y a beaucoup de couples mixtes, anglo et franco. Mais aussi beaucoup d’immigrants de langues maternelles différentes de ces deux-là, et puis beaucoup d’autochtones qui vivent soit carrément à part des envahisseurs blancs : soit en harmonie au milieu des immigrants. Les autochtones ont souvent priorité pour les emplois d’ailleurs, et sauf une fois ou deux, je n’ai pas été témoin d’attitude hostile envers les non-autochtones.
Pour ce qui est de l’éducation, je ne puis évidemment parler que de l’éducation en français puisque mes garçons vont à l’école 100% francophone de Whitehorse à deux pas de chez nous (bon, OK, 15 minutes de marche ….). Ce qui nous a frappé immédiatement, c’est la quantité de sport qui y est dispensé : dès la maternelle, ils ont au moins 50 minutes d’éducation physique TOUS LES JOURS ! Le midi, le gymnase est ouvert et supervisé pour ceux qui veulent s’adonner à une activité sportive organisée ou non (je crois que ça dépend des jours). L’automne, les 2/3e année courent dehors deux fois par semaine pour se préparer au ski de fond. À la tombée de la première neige, cette course se transforme en marche en raquettes, et comme on a eu une belle manne blanche la fin de semaine passée (25 cm en une nuit, puis encore au moins 5 cm aujourd’hui d’ailleurs), ils vont commencer le ski de fond dans quelques jours. Bien sûr que moi, je n’ai pas encore les moyens d’investir dans un équipement de ski, même de fond, mais l’école PRËTE tout le matériel à qui en fait la demande, et on peut même l’avoir pour la fin de semaine, gratuitement toujours, au cas où on voudrait aller skier en famille samedi-Dimanche !

Je ne peux pas encore juger d’une différence d’enseignement parce que deux mois à peine ne sont pas suffisants pour voir quoi que ce soit sauf ce qui est flagrant. Mais je vois bien que mes deux petits loups sont à l’aise, ils apprennent vite, et ils vont à l’école de bon cœur. Je pense que cette école se veut particulièrement efficace et bonne pour les enfants pour montrer l’exemple, pour prouver que l’éloignement n’a rien à voir avec la qualité de l’enseignement/éducation et de vie. Les professeurs sont dévoués à leurs classes et groupes de travail, et quasi tous s’impliquent ailleurs dans la communauté tant francophone que yukonnaise en général.

Dans la classe d’Antoine (2e/3e année mixte), il y a deux francophones : lui et un autre garçon. Les 14 autres sont issus de familles où la langue anglaise est celle parlée à la maison, même si un des parents est francophone. Alors, oui, l’anglais s’attrape …. mais seulement l’anglais parlé. Il y a interdiction de parler en autre chose que français à l’intérieur de l’école – chose que je n’aurais jamais pu accepter au Québec et qui me chagrine, je dois dire. Mais je comprends que nous sommes entourés d’anglophones dans le quotidien, et que si nous voulons que ces petits soient vraiment bilingues, il faut encourager très fortement l’utilisation de la langue française, c’est vrai.

La différence ici c’est l’acceptation du fait de deux langues. Il n’y a aucune guerre entre les deux camps des langues officielles du Canada. D’ailleurs, ici la 2e langue après l’anglais ce serait plutôt l’allemand de par le nombre de germanophones qui résident ici, mais ils sont d’une discrétion totale et ne revendiquent rien du tout en leur langue maternelle.

Ici il y a encore comme un vent de liberté, cette atmosphère des pionniers qui ont ouvert ces contrées, une entraide totalement gratuite, une solidarité devant l’adversité imposée tant par la présence très forte de la nature côté faune (coyote au centre ville la nuit tombée…., ours dans les poubelles de certains coins résidentiels, des traces de chevreuils partout, ….) que par sa facette météo et durée de lumière du jour.

Météo – ben, ça a l’air de déconner pas mal cette année, hein …. on en est à 30 cm de neige sur Whitehorse, et d’habitude, il ne neige presque pas ici ! M’ouais …. Puis, il ne fait pas froid non plus. Encore toute cette semaine, s’il fait environ moins 10 la nuit, on a des températures entre moins 6 et plus deux en journée ! Ce qui m’arrange bien parce que je n’ai pas de sous pour remplir mon réservoir de propane pour chauffer la maison avant une ou deux semaines….

La durée de lumière du jour commence à se réduire assez spectaculairement ces temps-ci. Cette semaine, il fait 100% jour en ville vers 9 h 45, et il fait 100% nuit vers 16 h 30/17 h par là. Je travaille dans un bureau sans fenêtre, mais je peux voir au travers du bureau de ma directrice – ce n’est pas si mal. Pour le moment, je ne suis pas affectée par le lever tardif du jour. On va bien voir en décembre et janvier, hein. Mais pour moi, il y a tellement de bonnes choses à venir en décembre et janvier, que je ne pense pas en souffrir cette première année !

Alors en décembre, c’est mon mari qui va nous rejoindre pour les congés de Noël – c’est la toute première fois que nous sommes séparés aussi longtemps …. ça fera trois mois la semaine prochaine, alors imaginez le Noël qui s’en vient :

Et en janvier, en principe, Pascal devrait venir nous rejoindre pour de bon, et moi, je vais passer une semaine à Vancouver pour le boulot. Je vais revoir ma copine Geli, youpi ! On est loin de ce B & B qu’elle et moi avons dans la tête pour notre retraite, mais au moins, on est moins loin l’une de l’autre géographiquement …. ben quoi, plus que 2,000 kilomètres, la porte d’à côté quoi !

Ma routine en semaine est simple : je pars de la maison avec les enfants à pied jusqu’à l’école (sur une piste cyclable le long de la forêt) où je les laisse au parascolaire (garderie scolaire), je prends un bus de la ville devant l’école, et le soir, je refais la même chose dans l’autre sens. Le seul jour où j’aimerais pouvoir me servir de la voiture, c’est le Dimanche = pas de bus …. Mais le moteur de ma fan est mort, et j’attends mon mécano préféré qui va réparer tout ça à Noël (au garage, on en aurait pour $ 500 et si lui le fait, c’est moins que la moitié de ça !). Seulement sans chauffage = pas de désembuage …. et il n’y a que sur l’heure du midi et début d’après-midi que je pourrais rouler les vitres ouvertes et que la vitre ne gèlerait pas à mesure = visibilité zéro ! Bref…. vivement Noël !!!

Je ne peux pas encore dire de quoi de ma job …. c’est seulement le 5e jour aujourd’hui ! Mais pour l’instant c’est très positif …. Lundi, on est allé voir le film de Richard Desjardins sur les forêts boréales du Québec (no comment !!!), et ce midi, on a une causerie avec ce même Richard Desjardins dans l’édifice des l’Association Franco-Yukonnaise. Je n’ai pas pu aller le voir au concert hier soir, mais une amie très chère me l’avait fait découvrir en Estrie l’année dernière (merci Sheila !).

Bon, je replonge dans mon quotidien tout neuf maintenant …. Passez une bonne semaine tous !
Amicalement

Forza Yukonika !

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